Corridor maritime : offensive de charme du port de Lomé

Le choix d’un corridor maritime ne se joue pas uniquement à la sortie d’un port. Pour les opérateurs économiques maliens, il se mesure surtout au coût du transport, aux délais d’acheminement, à la fluidité des formalités et à la sécurité des marchandises jusqu’à leur destination finale. C’est autour de ces enjeux que le Port autonome de Lomé a organisé, jeudi 5 novembre à Bamako, une journée portes ouvertes destinée aux chargeurs et aux acteurs de la chaîne logistique.

Publié le 6 novembre 2026 à 11:05

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Corridor maritime : offensive de charme du port de Lomé

Les visiteurs ont mis en avant les performances de leur structure pour séduire les opérateurs maliens

 

La rencontre a réuni des représentants des administrations publiques, des organisations consulaires et professionnelles, des opérateurs économiques et de la communauté portuaire togolaise notamment le représentant du port de Lomé dans notre pays Boubacar Coulibaly. L’événement avait pour objectif de mieux faire connaître les capacités de la plateforme de Lomé, de renforcer les relations avec les chargeurs maliens et d’examiner les pistes d’amélioration du corridor entre les deux pays.


Ouvrant la cérémonie, le secrétaire général du ministère de l’Industrie et du Commerce, Adama Yoro Sidibé, a inscrit cette initiative dans le cadre du renforcement de la coopération économique entre le Mali et le Togo. Pour un pays enclavé comme le Mali, l’accès aux corridors maritimes et la fluidité des chaînes d’approvisionnement constituent des enjeux majeurs de souveraineté économique, d’industrialisation et de compétitivité commerciale.

La diversification des voies d’accès à la mer apparaît ainsi comme une nécessité pour les opérateurs maliens. Elle leur permet de disposer de plusieurs possibilités d’acheminement des marchandises et de rechercher les meilleures conditions d’approvisionnement et d’exportation. La rencontre de Bamako se voulait donc un cadre de dialogue direct entre les acteurs économiques maliens et les responsables de la plateforme portuaire togolaise.

Cette préoccupation a également été au centre de l’intervention du secrétaire général par intérim du ministère des Transports et des Infrastructures, Cheick Hamed Tidiane Tall. Représentant la ministre, il a salué la démarche de proximité des autorités portuaires togolaises et les dispositions prises ou envisagées pour construire un partenariat durable avec les chargeurs maliens.

Il a rappelé que les relations entre le Mali et le Togo doivent continuer à se consolider, particulièrement dans les domaines du transport, du transit et de la logistique. À ses yeux, le Port autonome de Lomé constitue un partenaire important dans la stratégie de diversification des corridors du Mali. Mais cette coopération doit produire des résultats concrets : facilitation du transit, maîtrise des coûts, célérité des opérations et amélioration de la qualité des services.

Le responsable a surtout insisté sur la complémentarité entre les plateformes portuaires de la sous-région. « Sans ignorer la saine émulation entre les plateformes portuaires, notre priorité reste de garantir à nos chargeurs des alternatives de qualité, à travers une dynamique de complémentarité et de partenariat mutuellement profitable », a-t-il déclaré. Un message qui rappelle que la concurrence entre les ports doit avant tout profiter aux opérateurs économiques et renforcer la compétitivité des échanges.

 

DES PERFORMANCES À FAIRE VALOIR- Du côté togolais, l’ambition est de consolider davantage la place de Lomé dans le dispositif d’approvisionnement du Mali. Secrétaire général de l’Alliance pour la promotion du Port de Lomé (A2PL), Haladoko Awemewetou Ahmed conduisait la délégation. Il représentait le ministre de l’Économie maritime, également directeur général du Port autonome de Lomé et président de l’Alliance.

Le responsable a réaffirmé l’engagement de la communauté portuaire à accompagner les chargeurs maliens. Il a notamment salué leur fidélité et souligné le potentiel de croissance du trafic malien transitant par les installations de Lomé. « Nous ne venons pas pour réciter un catalogue de promesses. Nous venons établir un dialogue avec les acteurs de terrain », a-t-il affirmé.

Pour convaincre les opérateurs, Haladoko Awemewetou Ahmed a mis en avant les performances de la plateforme. Selon les chiffres présentés, le port a traité près de 36 millions de tonnes de marchandises et environ 2,5 millions d’EVP (équivalents vingt pieds). Le temps moyen d’attente en rade des navires porte-conteneurs serait ramené à 21 heures. La productivité annoncée atteint 57,8 mouvements par heure et par navire, avec une cadence de 35 à 38 mouvements par heure et par portique, selon les terminaux.

Les investissements réalisés dans les infrastructures et les équipements de manutention permettent également, selon la délégation, de renforcer les capacités de traitement des marchandises stratégiques. Le blé, le riz, les hydrocarbures et les matériaux de construction figurent parmi les produits pour lesquels le port entend garantir une prise en charge adaptée et une évacuation rapide.

Autre chantier évoqué : la digitalisation des procédures portuaires. Sur ce point, le secrétaire général de l’A2PL a reconnu que la dématérialisation complète des formalités reste un processus en cours et nécessite encore des efforts. Pour éviter que les difficultés liées à cette transition ne ralentissent les approvisionnements, un dispositif de veille et de suivi aurait été mis en place afin de lever les blocages administratifs et techniques, d’accélérer le traitement des marchandises et de maintenir un dialogue permanent avec les opérateurs.

La délégation togolaise a également insisté sur sa volonté de réduire les coûts liés au transit et les obstacles logistiques entre Lomé et Bamako. Elle a assuré que les responsables portuaires resteraient disponibles pour recueillir les préoccupations des chargeurs et améliorer les prestations.

Au-delà de la promotion d’une plateforme portuaire, cette journée portes ouvertes remet ainsi au centre du débat une question essentielle pour l’économie malienne : celle des conditions d’acheminement des marchandises. Car disposer de plusieurs corridors ne suffit pas. Encore faut-il que les opérateurs puissent bénéficier de services fiables, de coûts maîtrisés et de délais prévisibles. C’est à l’épreuve de ces exigences que se mesurera la portée du partenariat entre Bamako et Lomé.

Mariam A. TRAORÉ
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