Photo de famille du ministre Mossa Ag Attaher avec les diplomates
Les
transferts de fonds de la diaspora ne doivent plus uniquement soutenir la
consommation des ménages, mais contribuer davantage à l’investissement
productif et au développement national. C’est le principal message délivré par
les panélistes lors d’un panel de haut niveau, organisé vendredi dernier au
Centre international de conférences de Bamako (CICB), en marge du Forum
international de la diaspora.
Animée par
le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine,
Mossa Ag Attaher, la rencontre portait sur le thème : « Diplomatie économique,
influence et rayonnement international du Mali : comment faire de la diaspora
un levier de rayonnement diplomatique, d’attractivité économique et d’influence
internationale du Mali ? ». Elle a réuni plusieurs représentants du corps
diplomatique, notamment les ambassadeurs du Royaume du Maroc, de l’Union
européenne, de la Türkiye, de la République populaire de Chine, ainsi que les
ambassadeurs du Mali auprès des Nations unies et de l’Union africaine (UA).
Au cours
des échanges, les intervenants ont unanimement reconnu que la diaspora
constitue une ressource stratégique dont le potentiel reste encore
insuffisamment exploité. Pour eux, le principal défi consiste désormais à
transformer une partie des transferts financiers des ressortissants maliens en
investissements créateurs de richesses, d’emplois et de croissance.
Illustrant
cette vision, l’ambassadeur du Royaume du Maroc au Mali, Driss Isbayène, a
présenté l’expérience de son pays. Selon lui, les transferts de fonds de cette
diaspora ont dépassé l’équivalent de 12 milliards de dollars en 2025,
représentant près de 10 % du Produit intérieur brut (PIB) du Maroc. Driss
Isbayène a attribué les performances du Maroc aux dispositifs d’accompagnement
mis en place par les autorités marocaines, notamment la Fondation Mohammed V
pour la Solidarité, qui facilite le retour et l’installation des Marocains
résidant à l’étranger.
Le même
constat a été partagé par l’ambassadeur de l’Union européenne au Mali, Alberto
Cerezo. Il a rappelé que les transferts des Maliens de l’extérieur représentent
un peu plus de 4 % du PIB national. Selon lui, les partenaires techniques et
financiers peuvent jouer un rôle de catalyseur en mettant en place des
instruments destinés à encourager les investissements de la diaspora, sans pour
autant se substituer aux initiatives de celle-ci.
Pour le
diplomate européen, les membres de la diaspora souhaitent investir dans leur
pays d’origine, mais demeurent confrontés à un déficit d’informations fiables
sur les projets, les procédures administratives, les risques et les
possibilités de partenariat. L’ambassadeur Cerezo a plaidé pour la création de
mécanismes permanents de confiance, capables de rapprocher les ambassades, le
secteur privé et les communautés maliennes établies à l’extérieur.
Quant aux
représentants de la Türkiye et de la République populaire de Chine, ils ont
insisté sur l’importance d’un accompagnement institutionnel solide.
L’ambassadeur turc, Efe Ceylan, a estimé que les politiques publiques doivent
répondre simultanément aux difficultés rencontrées par les migrants dans leurs
pays d’accueil et aux mesures d’accompagnement offertes par leurs États
d’origine.
Son
homologue chinois, Li Xiang, a salué la vision des autorités maliennes tendant
à fédérer les compétences de la diaspora pour accélérer la renaissance
économique et sociale du pays. Selon lui, avec près de six millions de
ressortissants vivant à l’étranger, le Mali dispose d’un atout stratégique
majeur pour renforcer son ouverture sur le monde. Le diplomate chinois a
souligné que le véritable défi consiste à faire évoluer la diaspora du statut
de simple pourvoyeur de fonds à celui d’acteur à part entière du développement
national. Li Xiang a recommandé l’adoption d’une stratégie nationale de haut
niveau, l’instauration d’un cadre juridique rassurant pour les investisseurs,
la création de zones économiques attractives ainsi que la valorisation des réseaux
de la diaspora. Le diplomate chinois a rappelé que la diaspora représente
environ 60 % des investissements étrangers effectivement utilisés par son pays.
Faisant
chorus à ses prédécesseurs, l’ambassadeur du Mali auprès des Nations unies,
Issa Konfourou, a appelé à investir davantage dans le capital humain et à
mettre en place des mécanismes permettant de transformer une partie de
l’épargne de la diaspora en investissements productifs. Il a aussi proposé le
recours aux « Diaspora bonds », des obligations destinées à mobiliser l’épargne
des Maliens établis à l’étranger au profit du développement national. Selon
lui, la réussite d’un tel mécanisme passe nécessairement par la confiance, la
transparence, la bonne gouvernance et une communication permanente avec les
communautés maliennes vivant hors du pays. Enfin, Issa Konfourou a souhaité que
le fonds d’investissement destiné à la diaspora soit opérationnel avant la
prochaine édition du Forum.
Dans la
même dynamique, l’ambassadeur du Mali auprès de l’UA, Madou Diallo, a rappelé
que la diplomatie économique constitue un instrument essentiel pour défendre
les intérêts économiques d’un État, attirer les investissements et renforcer
les partenariats internationaux. Il a souligné que la diaspora représente un
véritable pont entre le Mali et les pays d’accueil. Il a salué les efforts
entrepris par les autorités pour améliorer le climat des affaires à travers les
guichets uniques, les facilités bancaires et certaines mesures d’incitation en
faveur des investisseurs. Pour lui, les transferts de la diaspora atteignent
près de 793 milliards de Fcfa, soit environ 5 % du PIB.
À l’issue
des communications, les échanges avec les participants ont porté notamment sur
les difficultés liées aux transferts d’argent, aux investissements de la
diaspora ainsi qu’au programme Tokten.
En réponse
aux préoccupations exprimées, le ministre Mossa Ag Attaher a annoncé que ce
programme est désormais inscrit dans le Programme d’action du gouvernement.
L’État aura ainsi la responsabilité d’assurer sa mise en œuvre et son
développement.
Au terme
de ce panel, une conviction s’est dégagée : la diaspora malienne ne constitue
plus seulement une source de transferts financiers, elle apparaît désormais
comme un acteur stratégique capable de renforcer l’influence diplomatique du
pays, d’accroître son attractivité économique et de contribuer durablement à
son développement.
Ibrahim
THIAM
Rédaction Lessor
Suspendu ce lundi 20 juillet 2026 pour cause sanitaire, le procès reprend, demain avec le réquisitoire du ministère public et la plaidoirie des avocats de la défense.
Le marathon judiciaire des affaires impliquant Clément Mamadou Dembélé, Youssouf Bathily et coaccusés se poursuit devant la chambre criminelle de la Cour suprême..
Les Forces armées maliennes (FAMa), avec l'appui de leurs partenaires, ont mené, le 19 juillet 2026, une série d'opérations aéroterrestres dans les secteurs de Didiéni, de Saman (cercle de Sikasso) et de Kouakourou..
Permettre à la diaspora d’investir au pays afin de créer des emplois et contribuer au développement des communautés. C’est le but de la « Commission pour la promotion des investissements des Maliens établis à l’Extérieur », créée par la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (.
La 2è édition du Forum international de la diaspora (FID) s’est achevée, samedi au Centre international de conférences de Bamako (CICB), sur une série de recommandations destinées à renforcer la contribution des Maliens établis à l’extérieur au développement économique du pays..
Le jeudi, jour de foire hebdomadaire, a vu une grande mobilisation des acteurs de la société civile de Niafunké et de Saraféré pour écouter leurs préfets, maires et chefs d’unités des Forces de défense et de sécurité. La rencontre s’es déroulée dans la salle de réunion du Cercle de.