L’Espagne obtient un coup franc bien placé. Le mur argentin est dressé selon les consignes du gardien Emiliano Martínez. Devant le ballon, Lamine Yamal, 19 ans, se présente pour tenter le coup fatal. Trois mètres devant lui, Lionel Messi observe ce jeune qu’il a connu bébé s’essayer à un exercice dont lui-même est maître. Yamal frappe comme Messi sait le faire et oblige le gardien argentin à concéder un corner.
Dans ce match, jusqu’au coup de sifflet final, les spectateurs ont assisté à un duel dans le duel : Messi contre Yamal, au cœur de cette inédite Espagne–Argentine en finale du Mondial 2026. Le roi Messi, en demi-teinte, a vu son filleul se montrer dangereux au service d’un collectif espagnol impressionnant. L’opposition entre le jeu de possession de la Roja et la grinta argentine a tourné à l’avantage du rouleau compresseur espagnol. Sur le sol américain, cette finale aura été une bataille tactique où les hommes de Luis de la Fuente ont imposé leur discipline face à la bande de Lionel Scaloni, habituée à souffrir.
Ne voyant pas d’issue favorable, même avec les prolongations, les champions du monde en titre ont choisi de verrouiller leur défense plutôt que de se découvrir face aux Européens. Les actions les plus dangereuses ont été espagnoles. Le public a vécu une soirée de suspense où le premier but, longtemps attendu, est finalement arrivé dans la deuxième période des prolongations : Ferran Torres, servi par Nico Williams, tous deux entrés en jeu, a offert la victoire. Un coaching gagnant qui permet à l’Espagne de de remporter une 2e étoile et réussir le doublé Euro–Mondial. L’Argentine échoue à réaliser le « back to back » après son sacre au Qatar en 2022.
Le poids tactique a parfois étouffé le spectacle, mais cette opposition restera dans l’histoire, l’héritage et les symboles d’une vraie finale de Coupe du monde. La première édition co organisée par trois géants du continent américain : États Unis, Canada et Mexique.
Cette édition aura été grandiose par les chiffres : première Coupe du monde à 48 équipes, 104 matches disputés dans 16 stades, 1 248 joueurs dont 573 déjà présents lors d’un précédent Mondial, plus de 500 millions de demandes de billets. La finale a réuni 81 000 spectateurs.
La planète football a assisté en mondovision au passage de témoin entre gloires en fin de carrière et jeunes forces montantes. Cristiano Ronaldo, Lionel Messi, Luka Modric, Neymar, N’Golo Kanté et d’autres cèdent la place à Pau Cubarsi, Ibrahim M’Baye, Hamza Abdelkarim, Pedri, Barcola, Brahim Diaz et bien d’autres. Mais le passage de témoin le plus symbolique reste celui entre l’Espagnol Lamine Yamal et l’Argentin Lionel Messi. Et plus fort encore : cela s’est produit en finale. Le plus jeune, sur les traces du « vieux » au FC Barcelone, l’a emporté et devient champion du monde.
Il y a vingt ans, Messi lavait Lamine bébé dans une baignoire pour une campagne caritative de l’UNICEF. Désormais, le duel Messi–Ronaldo laisse place au duel Yamal–Mbappé.
Lionel Messi, plus vieux joueur à avoir disputé une finale à 39 ans, avec ses 8 buts lors de cette édition, s’en va avec toute la gloire et les moments prodigieux qu’il aura offerts aux amoureux du football. Une carrière d’or et de platine, de trophées et de talent.
Merci Messi et Yamal, merci Argentine et Espagne. Pour la beauté du football.
Alassane Souleymane
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