Edito: Inquiétude et désarroi

La situation dans nombre d’universités maliennes frôle la côte d’alerte. L’inquiétude et même le désarroi habitent aussi bien les étudiants que leurs parents.

Publié jeudi 05 janvier 2023 à 06:28
Edito: Inquiétude et désarroi

Nos compatriotes qui ont le sens de la formule imagée et qui excellent dans l’art de l’autodérision n’hésitent pas à comparer la réalité dans nos universités à l’effet de la VAR (le sigle anglais de l’Assistance vidéo à l’arbitrage) qui contraint par exemple l’arbitre à annuler un but qu’il avait préalablement validé pour un hors-jeu ou une faute commise sur un adversaire.

Ainsi, les supporters de l’équipe qui pensait avoir scoré passent en quelques secondes d’une sensation de jubilation, d’extase, d’exubérance à la désespérance. L’espoir de voir un enseignement supérieur de qualité en terre malienne est en train de céder la place au désenchantement.


Nos universités sont prises dans le tourbillon des grèves interminables des enseignants et des étudiants. Sans parler des violences au cours des renouvellements des bureaux de l’AEEM dans les facultés et autres instituts. Même si ces derniers temps, les remous ont baissé d’un cran, nos universités sont loin de sortir de cet engrenage.

Or il est plus qu’urgent de dégager les universités des turbulences qui empêchent l’exécution correcte des enseignements.  Dans certaines universités, des étudiants mettent 5 voire 6 ans, pour obtenir une licence, au lieu de trois ans normalement dans le cadre du Système Licence-Master-Doctorat (LMD).

Il est vrai que les agitations ne sont pas les causes de la situation. La pléthore y est pour beaucoup. Des milliers d’étudiants qui se pressent dans des universités manquant d’infrastructures et de personnel enseignant. Forcément, la qualité de l’enseignement en pâtit. Et la progression normale des étudiants n’est pas non plus évidente.

Personne n’apprécie de voir les universités maliennes former des «étudiants de carrière». Surtout que l’idée est répandue – elle n’est pas loin de la réalité -  que les enfants des pauvres sont majoritaires sur les bancs des universités publiques. Les plus nantis envoient leurs progénitures à l’étranger ou les inscrivent dans des établissements privés.

Il appartient à l’Etat de créer les conditions d’un enseignement supérieur de qualité. Les étudiants ont droit à des enseignants qualifiés, des salles de cours décents, des laboratoires équipés, des ressources pédagogiques leur permettant de mener des recherches. Aujourd’hui, ces conditions sont loin d’être réunies dans nombre de nos institutions d’enseignement supérieur. Une formation de qualité, c’est le minimum que la jeunesse puisse réclamer.

Tout le monde s’accorderait pour dire que nos universités doivent devenir des temples du savoir qui donnent une égalité de chance à tous les enfants du pays, pour peu qu’ils aient la capacité de suivre les études supérieures. Une université est essentielle dans la vie et le développement d’une nation comme l’huile dans le fonctionnement d’un moteur. Un pays a besoin d’une élite bien formée et capable de concevoir et de mettre en œuvre des programmes de développement. Un pays a besoin d’une main d’œuvre qualifiée pour produire de la richesse et favoriser l’émergence.

Un pays dépourvu de l’enseignement de qualité s’expose à l’obscurantisme et il ratera indéniablement le train du progrès. Il n’a aucune chance de figurer sur la liste des pays émergents. C’est ce logiciel que tous (enseignants, décideurs, étudiants et parents) doivent intégrer dans les réflexions sur l’école malienne en général et les universités en particulier.

 

Brehima DOUMBIA

Lire aussi : Gestion des déchets : Le rapport 2025 de l’Instat relève les faiblesses du système communal

Avec plus de 2,56 millions de mètres cubes de déchets solides municipaux générés chaque année, le Mali est confronté à une crise structurelle de gestion des ordures, marquée par la prédominance des dépôts sauvages et une évacuation insuffisante vers les décharges..

Lire aussi : «De l’aube au crépuscule d’un siècle» : À la redécouverte d’Amadou Hampâté Bâ

Dans cet ouvrage, Hamadoun Touré nourrit notre curiosité sur l’illustre écrivain, Amadou Hampâté Bâ, qui a su traverser le temps. Les œuvres de ce grand défenseur de l’oralité sont intemporelles et l’ancien ministre chargé de la Communication nous le prouve dans ce livre palpitant.

Lire aussi : Livre «sur les traces du destin» : Fatoumata Keita plaide pour le droit à l’éducation des enfants

«Sur les traces du destin», le nouveau roman de l’écrivaine Fatoumata Keita, vient enrichir la documentation du droit à la scolarisation des enfants..

Lire aussi : Littérature : L’écrivaine Claire Paul Coulibaly publie trois recueils de poèmes

«Ainsi va le monde», «Dualité» et «Vertus et abus» sont trois recueils de poèmes écrits par l’écrivaine Claire Paul Coulibaly. Ces ouvrages ont été officiellement présentés, la semaine dernière au Centre Djoliba de Bamako..

Lire aussi : Sécurité nationale : 57 nouveaux véhicules de transport de troupes pour renforcer le maillage territorial

Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général de division Daoud Aly Mohammedine, a procédé ce lundi 9 février à l’École nationale de Police à la remise officielle d’un lot important de 57 camions de transport de troupes, acquis intégralement sur le budget national..

Lire aussi : Inner Wheel international : Un engagement solide en faveur des démunis

Inner wheel international est une organisation féminine engagée dans les actions de bienfaisance à l’endroit des plus démunis, particulièrement les femmes et les enfants. Son gouvernorat du District 909 a organisé, jeudi dernier au CICB, sa 24è assemblée générale annuelle sous le thème .

Les articles de l'auteur

«De l’aube au crépuscule d’un siècle» : À la redécouverte d’Amadou Hampâté Bâ

Dans cet ouvrage, Hamadoun Touré nourrit notre curiosité sur l’illustre écrivain, Amadou Hampâté Bâ, qui a su traverser le temps. Les œuvres de ce grand défenseur de l’oralité sont intemporelles et l’ancien ministre chargé de la Communication nous le prouve dans ce livre palpitant.

Par Brehima DOUMBIA


Publié mercredi 11 février 2026 à 08:35

L’insaisissable «Messi»

«Messi». Ne vous méprenez pas. Ce n’est pas le célébrissime footballeur argentin, octuple ballon d’or de France football, qui donne du plaisir aux passionnés du beau football, notamment le jeu léché..

Par Brehima DOUMBIA


Publié mercredi 04 juin 2025 à 07:31

Rencontre des anciens du Groupe scolaire de Badalabougou : La fête fut belle

Rencontre annuelle des anciens élèves des promotions 1972 à 1985 du Groupe scolaire Mamadou Goundo Simaga de Badalabougou, samedi 23 mai..

Par Brehima DOUMBIA


Publié mardi 27 mai 2025 à 07:52

Rencontre des acteurs de la communication : Utile à bien des égards

L’atelier a permis de dissiper des incompréhensions qui pourraient exister entre les acteurs de la communication. Mais aussi de s’inscrire globalement dans une dynamique de régulation rigoureuse du secteur.

Par Brehima DOUMBIA


Publié vendredi 16 mai 2025 à 07:45

Acteurs de la communication : Le ministre Alhamdou Ag Ilyène appelle à la cohésion

Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, a officiellement ouvert, hier dans un hôtel de Banankoro, l’atelier d’échanges et de partage entre les acteurs de la communication. Une rencontre organisée à son initiative personnelle. C’était en présence de ses collaborateurs, notamment le secrétaire général, Alkaïdi Amar Touré..

Par Brehima DOUMBIA


Publié jeudi 15 mai 2025 à 08:15

Acteurs de la communication : Des échanges utiles

L’atelier d’échanges et de partage initié par le ministère de la Communication, de l’économie numérique et de la Modernisation de l’Administration vise à renforcer la cohésion entre les acteurs des médias classiques, les youtoubeurs, les créateurs de contenus et les communicateurs traditionnels.

Par Brehima DOUMBIA


Publié mercredi 14 mai 2025 à 07:46

Caisse malienne de sécurité sociale : Le satisfecit de la ministre chargée de la Santé

L’entreprise de sécurité sociale répond promptement aux exigences de paiement des pensions. La Caisse déploie aussi des efforts de modernisation qui ont été appréciés par les administrateurs.

Par Brehima DOUMBIA


Publié vendredi 28 février 2025 à 08:21

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner