Les dix jours de festivités artistiques et culturelles dans la cité mythique des 333 Saints se sont achevés en beauté. Le message global délivré par les différentes régions était, on ne peut plus, clair. Toutes les troupes ont, dans leurs numéros présentés dans les disciplines de la compétition, parlé de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble.
C'est un constat partagé par la majorité des spectateurs, acteurs culturels et légitimités traditionnelles qui ont assisté à ce rendez-vous culturel qui se tenait pour la première fois dans le Septentrion malien et précisement à Tombouctou.
Il ressort de commentaires d’observateurs avertis et d’acteurs culturels culturels que la Tombouctou 2025 était bien plus qu'un simple rassemblement artistique et culturel. C'est un acte que certains n’ont pas hésité à qualifier de «guerre culturelle», de renaissance culturelle et de défi sécuritaire assumé en toute esponsabilité. Cette Biennale a permis de délivrer des messages officiels, mais aussi d’exprimer des ressentis populaires et d’évoquer des enjeux complexes liés à la stabilité du pays.
Bien que l'organisation se soit déroulée dans un contexte sécuritaire difficile marqué par la menace terroriste, les organisateurs ont tenu bon jusqu'au 28 décembre dernier. Le choix de Tombouctou aurait pu sembler audacieux, voire compliqué pour certains analystes, mais les autorités de Transition y voyaient une opportunité de rassembler les Maliens autour de la culture pour aborder des thèmes essentiels telles que la cohésion, la paix, le vivre-ensemble, l'insécurité et l'éducation.
Les troupes ont étalé des pans entiers de la riche culture de notre pays
Et la particularité de l’édition 2025 de cet événement majeur de notre pays réside dans la réduction du nombre de disciplines de la compétition à 5 au lieu de 7 habituellement, c’est-à-dire que le ballet et le chœur ont été retirés de la compétition cette année. Ce qui justifie un format spécifique par rapport à la Biennale artistique et culturelle organisée à Mopti. Ces ajustements mûrement réfléchis répondent au caractère spécifique de l'événement, qui se tient dans le cadre de l'Année de la culture, décrétée par le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta.
Bien que cette diminution aux yeux de certains reduisent l'ampleur de la Biennale artistique et culturelle, elle a au moins permis d'alléger la programmation. Ce qui est un facteur non négligeable au regard du grand froid qui sévit dans la contrée avec des vents secs.
Ainsi, ceux qui trouvent que les fractures sociales sont visibles dans cette partie du pays peuvent revoir leur copie, parce que les chefs de quartier en symbiose avec le chef exécutif de la région et les populations ont, à l’unisson, administré une belle preuve de l’hospitalité malienne.
Les cdélégations des différentes régions du pays ont été accueillies dans la pure tradition du "diatiguiya" malien, (une hospitalité légendaire) qui a permis de renforcer les liens forts entre le Septentrion et les autres parties du pays.
Ce qui a aussi marqué les esprits, c’est l’acceptation des résultats sans la moindre contestation du classement. Ce qui crédibilise davantage l’énorme travail accompli par le jury pour départager les troupes. En tout cas, c’est un signe avant-coureur du Mali Kura espéré par le peuple malien et qui reposera en partie sur nos valeurs culturelles. La page de la Biennale organisée à Tombouctou se referme pour ouvrir une autre à venir dans le Sud du pays, principalement dans la Région de Bougouni.
Envoyés spéciaux
Amadou SOW,
Oumar DIOP
Amadou SOW
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