Le Burn-ut : Pensez-y

Le bernout ou burn-ut, syndrome d’épuisement professionnel, est un état d’épuisement physique, émotionnel et mental résultant d’un stress chronique lié au travail, non géré avec succès. Le psychologue, Emmanuel Kamaté, déclare que le burnout est le résultat d’une interaction complexe entre des facteurs individuels et organisationnels.

Publié lundi 25 août 2025 à 08:30
Le Burn-ut : Pensez-y

Dr Emmanuel Kamaté


(Le burn-ut n’est pas officiellement reconnu comme une maladie au sens strict par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), mais il est classé comme un «phénomène lié au travail» et décrit comme un syndrome résultant d’un stress chronique au travail non géré avec succès. Cependant, il peut être reconnu comme maladie professionnelle dans certains cas, notamment lorsqu’il est clairement établi que le syndrome résulte directement du travail.


La prévalence du burnout au Mali n’est pas clairement établie avec des chiffres précis et homogènes. Cependant, plusieurs études et articles indiquent une situation préoccupante, notamment dans le secteur de la santé et chez les enseignants.


Les causes et facteurs sont généralement liés à l’organisation du travail. À en croire le praticien de l’hôpital du Point G, un individu ayant un volume de travail très important avec délais irréalistes peut faire facilement un burn-ut. Un sujet ayant peu ou pas d’autonomie dans ses tâches, un sentiment de ne pas maîtriser son travail. Un effort non valorisé, absence de feedback positif dans son travail peuvent également conduire au burnout.


 Il peut entraîner un déséquilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle. C’est surtout la difficulté à concilier les exigences du travail et les besoins personnels. Le sentiment d’être traité injustement, l’inégalité des salaires ou des opportunités sont des facteurs de risque. À cela, s’ajoutent l’environnement de travail toxique lié à des conflits interpersonnels, le harcèlement et le manque de soutien des supérieurs ou des collègues. Le psychologue Kamaté évoquera notamment le manque de stratégies d’adaptation quand il s’agit de la gestion du stress et à poser des limites et le faible estime de soi. 


Alors, comment il se manifeste ? D’après notre praticien du jour, les signes du burn-ut sont nombreux et peuvent varier d’une personne à l’autre. Ils se manifestent par l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation ou le cynisme et le détachement vis-à-vis du travail ou des collègues, sentiment et la diminution de l’accomplissement personnel. Quand aux symptômes physiques, il s’agit des troubles du sommeil (insomnie, hypersomnie, etc.), maux de tête, troubles digestifs, douleurs musculaires, affaiblissement du système immunitaire, etc. À côté des ces signes, le sujet peut également présenter des symptômes comportementaux comme l’irritabilité, l’isolement social, l’absentéisme, la procrastination, la difficulté à se concentrer ou l’ augmentation de la consommation de substances (café, tabac, alcool).


Il est important de savoir que le burnout touche de plus en plus de personnes, quel que soit leur secteur d’activité ou leur niveau hiérarchique. D’après le psychologue, certains profils et professions sont plus à risque. Les personnes particulièrement investies dans leur travail, perfectionnistes, ou ayant un fort sens des responsabilités semblent plus vulnérables. Les métiers de la santé, de l’enseignement et des services sociaux, qui exigent un engagement émotionnel important, sont également souvent cités parmi les plus touchés.


Cependant que faire pour éviter le burn-ut ? Le spécialiste dira que  la prévention du burnout doit être envisagée à la fois au niveau individuel et organisationnel. Au niveau individuel, il s’agira d’apprendre à gérer le stress avec des techniques de relaxation (méditation, yoga), activités physiques, à se fixer des limites, à gérer efficacement son temps, ne pas tout prendre en charge. Mais aussi à consacrer du temps aux loisirs, à la famille et aux amis, à identifier ses sources de stress et apprendre à y faire face et à ne surtout pas hésiter de demander de l’aide. 


 Au niveau organisationnel, il faudra aménager la charge de travail, favoriser l’autonomie et le contrôle, mettre en place une culture de reconnaissance, offrir des formations à la gestion du stress et promouvoir un environnement de travail sain.


 «La prise en charge du burnout est un processus qui nécessite du temps et un accompagnement professionnel», soutient-il. La première étape, indiquera t-il, est de reconnaître que l’on souffre de burnout et d’accepter de demander de l’aide. Ensuite, il faudra un arrêt de travail pour permettre à la personne de se reposer et de prendre du recul. Il faut aussi un accompagnement psychologique : une thérapie individuelle (thérapie cognitivo-comportementale, thérapie brève) peut aider à identifier les causes du burnout, à développer de nouvelles stratégies d’adaptation et à reconstruire l’estime de soi.


Dans certains cas, un traitement médicamenteux (antidépresseurs, anxiolytiques) peut être prescrit pour soulager les symptômes, toujours sous surveillance médicale. Le psychologue ne manquera pas de citer les changements de mode de vie  par la reprise d’une activité physique régulière, amélioration de l’alimentation, gestion du sommeil et la réinsertion professionnelle progressive.

Fatoumata NAPHO

Lire aussi : Efficacité énergétique à Bamako : 20 bâtiments seront audités

Réduire la consommation d’électricité des bâtiments publics et privés tout en améliorant leur performance énergétique, tel est l’objectif du Projet de renforcement des capacités de dix Entreprises de services écoénergétiques (Esco)..

Lire aussi : Facilité du transport sur le corridor Bamako-San Pedro : Le projet réalisé à 82,58%

Le ministère des Transports et des Infrastructures a abrité, hier, la cérémonie d’ouverture des travaux de la 4è session du Comité de pilotage du Projet d’aménagement routier et de facilitation du transport sur le corridor Bamako - Zantièbougou - Boundiali - San Pedro (PR 8)..

Lire aussi : Œuvres sociales du Président de la Transition : 800 kits alimentaires offerts au camp de Kati et au Génie militaire

Chaque kit alimentaire est composé de 50 kg de mil, 50 kg de riz, 50 kg de sucre et d’un bidon d’huile de 20 litres. Ces dons qui arrivent à quelques jours du début du Ramadan et du Carême, sont un véritable soulagement pour les bénéficiaires.

Lire aussi : Santé : ChildFund International harmonise ses actions avec le ministère de la santé et du développement social

La ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel-major Assa Badiallo Touré, a accordé une audience, le mardi 10 février, au nouveau directeur pays de ChildFund International au Mali..

Lire aussi : Programme Tokten : Des résultats satisfaisants

Le ministre Mossa Ag Attaher (c) préside la rencontreLe ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine Mossa Ag Attaher a présidé, mardi 10 février dans les locaux de son département, la cérémonie d’ouverture de la session ordinaire du comité de pilotage .

Lire aussi : Journée des diplomates russes : L’axe Bamako-Moscou se consolide

Le Mali et la Russie sont résolument déterminés à approfondir leur dialogue politique et à coordonner leurs positions de principe sur les questions actuelles de l’agenda mondial et régional à l’ONU et dans d’autres formats multilatéraux. Ces assurances ont été données par l’ambass.

Les articles de l'auteur

Variole simienne (Mpox) : Une maladie à déclaration obligatoire

La variole simienne (Mpox) dont notre pays vient d’enregistrer un cas est une maladie infectieuse contagieuse due à un virus de la même famille que la variole humaine..

Par Fatoumata NAPHO


Publié lundi 08 décembre 2025 à 08:10

Saison froide : Attention au «seprin et boloprin»

Communément appelée keratodermie palmo-plantaire, «seprin et boloprin» en langue «bamanankan», la pathologie est assez répandue pendant la saison froide avec le vent frais qui souffle. C’est surtout l’exposition des extrémités, c’est-à-dire la paume des mains ou la plante des pieds qui peuvent favoriser cette maladie..

Par Fatoumata NAPHO


Publié lundi 01 décembre 2025 à 09:00

Journée mondiale du souvenir des victimes de la circulation routière : Les ministres Madina Sissoko et Assa Badiallo Touré au chevet des victimes d’accidents

La ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, accompagnée de sa collègue de la Santé et du développement social, le Colonel-major Assa Badiallo Touré, était hier à l’hôpital Gabriel Touré pour remettre un important lot de kits de premier secours et de médicaments pour la prise en charge des victimes des accidents de la route..

Par Fatoumata NAPHO


Publié vendredi 28 novembre 2025 à 08:45

Notre santé, Santé générale et bucco-dentaire : Tout commence par la bouche

«Tout commence par la cavité buccale», selon le Pr Ousseyni Diawara odontostomatoligiste au Centre hospitalo-universitaire centre national d’odontostomalogie (CHU-CNOS)..

Par Fatoumata NAPHO


Publié lundi 17 novembre 2025 à 08:40

BNDA : Un geste pour faire battre le cœur des enfants souffrant de malformations cardiaques

La Banque nationale de développement agricole (BNDA) vient de remettre un chèque de 15 millions de Fcfa à l’hôpital mère-enfant, «Le Luxembourg», pour la prise en charge des enfants souffrant de malformations cardiaques. Cette somme est destinée à la prise en charge chirurgicale de 5 enfants..

Par Fatoumata NAPHO


Publié vendredi 14 novembre 2025 à 14:49

Stress : Personne n’est hors d’atteinte

Le stress est une réponse physiologique de l’organisme face à une situation de menace ou de pression. Donc on ne peut l’éviter comme le souligne si bien le psychologue, Emmanuel Kamaté qui le définit comme une réaction naturelle de l’organisme..

Par Fatoumata NAPHO


Publié lundi 10 novembre 2025 à 08:28

Post-partum ou suites de couches : La consultation post-natale est vitale

Le post partum ou suites de couche désignent la même période qui suit l’accouchement. Le gynécologue obstétricien, Dr Daouda Camara, explique que c’est la 3è partie de l’obstétrique. Il s’agit d’une période qui va de l’accouchement jusqu’au retour des couches (première menstruation normale). Il explique que c’est une période qui s’étend de 6 à 8 semaines. C’est ce qu’on appelle selon l’expression consacrée (la quarantaine)..

Par Fatoumata NAPHO


Publié lundi 27 octobre 2025 à 09:23

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner