Notre santé, Santé générale et bucco-dentaire : Tout commence par la bouche

«Tout commence par la cavité buccale», selon le Pr Ousseyni Diawara odontostomatoligiste au Centre hospitalo-universitaire centre national d’odontostomalogie (CHU-CNOS).

Publié lundi 17 novembre 2025 à 08:40
Notre santé, Santé générale et bucco-dentaire : Tout commence par la bouche

Pr Ousseyni Diawara


Ce spécialiste de la dent dit qu’il y a un lien entre la santé buccale et la santé générale. «Quelqu’un qui n’a pas une bonne santé buccale peut avoir des percussions sur sa santé générale», révèle-t-il. Également une mauvaise santé générale peut avoir des répercussions sur la santé buccale.

D’après le Pr Ousseyni Diawara, tout commence par la cavité buccale du point de vue de sa fonction. Il indique que cette cavité a plusieurs fonctions dont la finalité est assurée par le reste des organes.

Elle est, à vrai dire, le miroir de l’organisme. Tous les premiers signes d’une maladie sont visibles au niveau de cette cavité. Ce qui lui pousse à dire que la dentisterie est le cœur même de la santé, car il peut participer au dépistage précoce de toutes les maladies. Elle a plusieurs fonctions : la mastication, la déglutition, la phonation, la respiration et la communication.

Pr Diawara explique qu’il faut comprendre que la santé orale n’est pas une entité à part, elle est partie intégrante de la santé générale. Aucune personne ne peut avoir une bonne santé générale sans une santé buccale. «Une bonne santé orale est une meilleure qualité de vie et un facteur déterminant de la santé générale», précise le spécialiste, avant d’ajouter que la cavité buccale est le reflet ou le miroir de l’organisme.

Les signes de plusieurs pathologies apparaissent d’abord au niveau de la cavité buccale. Elle est le milieu le plus sceptique et le milieu avec plus de microbes après le gros intestin. Si la cavité buccale est malade c’est le même sang qui passe dans presque tous les organes. Ce qui veut dire qu’une infection au niveau de cette cavité peut avoir des répercussions sur la santé générale en même temps sur la qualité de vie de la personne. L’infection peut se propager au niveau de la sphère ORL ou du cou. Il peut même avoir des infections à distance comme le foie, les articulations, les reins, le cœur, etc.

Les maladies intimement liées à la santé bucco-dentaire comme l’endocardite qui dans 30% des cas sont d’origine bucco-dentaire et les problèmes cardiaques. Les maladies bucco-dentaires peuvent avoir des répercussions sur les articulations, sur l’estomac (l’helicobacter pylori présent dans la cavité buccale) sur des voies respiratoires (bronchites, broncopneupathie).

Elles affectent aussi le système endocrinien comme le diabète. C’est pourquoi, elles  sont considérées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme la sixième complication du diabète. Dans ce cas, souligne le spécialiste, le traitement sera fait avec deux spécialistes un endocrinologue et un dentiste.

 C’est le cas également dans le traitement de certains problèmes des articulations. Il faut nécessairement une consultation bucco-dentaire avant toute intervention. Le dentiste explique que les infections dans la cavité buccale peuvent se retrouver dans les articulations et être à l’origine des échecs de l’implication des prothèses.

À cause des maladies bucco-dentaires, la femme peut faire des accouchements prématurés, faire des pré-clampsies ou avoir des enfants avec un poids faible à la naissance. Elles peuvent causer des problèmes de dysfonctionnement sexuel. Pour les traitements du cancer avec la chimiothérapie, il faut avoir une bonne santé buccale.

Pour corriger tout ceci, le Pr Diawara dit qu’il faut une connaissance de ce lien non seulement par le personnel mais aussi par la population. À la population générale, il conseille de faire une consultation bucco-dentaire  deux fois par an et avoir une alimentation saine et équilibrée. Il souligne que cela permet de dépister et de déceler les pathologies précoces. Il recommande à ses pairs de consulter la cavité buccale dans les consultations de routine. À ce niveau, il fait particulièrement référence aux pédiatres et aux sages femmes.

Enfin, il préconise qu’il ait un travail pluridisciplinaire et interprofessionnel. «Il ne faut pas seulement soigner, mais il faut faire une bonne prévention», prévient le praticien hospitalier. Et le toubib de conclure qu’un dépistage précoce des pathologies contribue fortement à améliorer la qualité de vie de la population.

Fatoumata NAPHO

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