Ce programme régional est une opportunité à saisir pour catalyser le changement et améliorer la vie des populations au Sahel
Ces dernières années, le secteur agricole est confronté à des défis
majeurs parmi lesquels, il y a la dégradation et la baisse de la fertilité des
terres agricoles. Lancé hier par le ministre de l’Agriculture, Lassine Dembélé,
le Programme régional «Soil values» vient améliorer la fertilité des sols. Il
permettra d’améliorer la capacité productive de 2 millions d’hectares de terres
agricoles au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Nord du Nigeria. Il
améliorera la résilience et le bien-être de 1,5 million de petits producteurs
agricoles dont 800.000 femmes.
«Soil values» vise à gérer durablement les contraintes liées à la
fertilité des sols et à améliorer la production alimentaire écologique, tout en
augmentant la résilience des petits producteurs alimentaires et des éleveurs au
Sahel. Son intervention optimisera la gestion des paysages et des bassins
versants par le biais d’une planification participative, intégrant efficacement
le sol, l’eau et la biodiversité.
Financé par la direction générale de la
Coopération internationale des Pays-Bas à hauteur de 100 millions d’euros
(environ 65 milliards de Fcfa) sur une période de 10 ans, le programme «Soil
values» est conduit par un consortium composé du Centre international pour le
développement des engrais (IFDC), l’Organisation néerlandaise pour le
développement (SNV) et l’Université de Wageningen (WUR). Il fonctionnera en
collaboration avec cinq institutions techniques partenaires, à savoir Agra,
Icraf, Iita, Isric et IWMI qui sont tous des leaders dans leurs domaines
respectifs et soutiendront les domaines d’intervention du programme.
«Soil values» prévoit de travailler sur trois axes de changement qui
sont l’agro-écologie, le développement de marchés inclusifs (marchés et
finances) et la mise en place d’un environnement favorable (institutions et
stratégies). Pour le ministre de l’Agriculture, ce programme régional est une
opportunité à saisir pour catalyser le changement et améliorer la vie des
populations au Sahel. Il est, a-t-il dit, en parfaite cohérence avec les
documents de stratégies et politiques de développement agricole de notre pays. Lassine Dembélé a
salué les partenaires pour cette belle initiative qui vient s’ajouter à celle
du gouvernement pour le développement du secteur de l’agriculture.
Le directeur du programme «Soil values» a souligné que ce programme
signale la nécessité de valoriser les sols pour garantir des pratiques
agricoles durables. Dr Bidjokazo Fofana est convaincu qu’en 10 ans, ce
programme révèlera la valeur des sols du Sahel et de façon à y transformer
l’agriculture en une force dynamique de changements positifs, favorable aux
partenariats et à l’autonomisation des communautés de base. Il a présenté le
contexte des interventions «Soil values», soulignant les multiples défis
auxquels sont confrontés les pays sahéliens, tels que les sécheresses récurrentes,
les conflits, la désertification, le changement climatique et le faible taux
d’adoption de pratiques résilientes au climat. Des facteurs qui, selon lui,
contribuent au déclin de la fertilité et de la santé des sols, qui sont encore
compromis par des investissements insuffisants et des mécanismes inadéquats.
Le directeur pays Mali-Burkina Faso de l’IFDC, a expliqué que sa structure est une institution publique internationale œuvrant pour la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté dans les pays en développement à travers la création et la dissémination de technologies efficientes de gestion de la fertilité des sols. Moussa Dionou dira que son institution vise à apporter sa contribution aux efforts du gouvernement afin de relever le défi alimentaire. Ainsi, ce programme donne l’opportunité à l’IFDC de s’investir davantage pour relever les défis liés à la sécurité alimentaire.
Anne Marie KEITA
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