#Mali : Diplomatie malienne : À l’avant-garde du combat pour la souveraineté nationale

La gestion de la crise multidimensionnelle, le retrait de la Minusma, la tension diplomatique avec l’Algérie, les relations avec la Fédération de Russie et la création de l’Alliance des États du Sahel (AES) sont des sujets abordés par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, dans son passage dans l’émission Mali kura taasira 2

Publié vendredi 02 février 2024 à 07:55
#Mali : Diplomatie malienne : À l’avant-garde du  combat pour la souveraineté nationale

Le ministre Diop avec les confrères Ibrahima Traoré de l’ORTM et Sékou Tangara de Africable télévision

 

Dans le cadre de l’émission Mali kura taasira 2, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, s’est prêté aux questions des confrères Ibrahima Traoré de l’ORTM et Sékou Tangara de Africable télévision. En 30 mn, le chef du département a abordé l’état de la diplomatie malienne, le retrait de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), la tension diplomatique avec l’Algérie, les relations avec la Fédération de Russie et la création de l’Alliance des États du Sahel (AES). Le Mali, avec ses 53 ambassades et consulats, entend se projeter dans une diplomatie économique.

Abdoulaye Diop a soutenu que la diplomatie malienne se porte très bien. «C’est une diplomatie  combative, proactive qui est à l’avant front de tous les combats», a-t-il affirmé, ajoutant que notre pays a opté pour une diplomatie courageuse et décomplexée qui est le reflet de l’engagement des autorités pour la défense des intérêts des Maliens. Comme cela a été décliné par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta à travers les trois principes clés guidant les actions de la Transition. Il s’agit, a-t-il rappelé, du respect de la souveraineté du Mali, du respect des choix stratégiques et des partenariats opérés et de la défense des intérêts vitaux du peuple malien dans les prises de décision. 

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a assuré que cette action diplomatique est collectivement portée par le gouvernement avec à sa tête le chef de l’État, le Premier ministre et les différents ministres. Abdoulaye Diop s’est dit convaincu que depuis la rectification de la Transition, la vision du Mali avec l’extérieur a fondamentalement changé. Se prononçant sur les événements phares de 2023, il a cité la participation du président Assimi Goïta au sommet Russie-Afrique, la demande de retrait de la Minusma, le 16 juin devant le Conseil de sécurité des Nations unies et la création de l’AES.

Réagissant à la question de l’isolement de notre pays en cette période de crise, le chef de la diplomatie malienne a expliqué que c’est l’objectif qui est recherché par certaines puissances et leurs partenaires. Mais, d’après lui, l’État malien a transformé cette situation en une opportunité. Mieux pour le ministre Diop, la voix du Mali est aujourd’hui recherchée. «Elle est attendue et entendue», a-t-il insisté, ajoutant que le Mali se bat, sur tous les fronts : aux Nations unies, au sommet Russie-Afrique, au sommet du Mouvement des non-alignés et dans d’autres fora internationaux. Toutefois, il a reconnu la suspension de notre pays de certaines organisations comme l’Union africaine. «Le Mali est plus que jamais connecté aux populations et aux diasporas  africaines», a souligné le chef de la diplomatie.   

 

DIPLOMATIE ÉCONOMIQUE- À propos de l’Algérie, Abdoulaye Diop a évoqué les liens séculaires entre le Mali et ce pays voisin. Même si des clarifications étaient nécessaires pour asseoir nos relations sur une base durable, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a déclaré que les deux pays sont condamnés de travailler ensemble pour promouvoir la paix et la prospérité. Il a fait savoir que le Mali est dans la disposition d’esprit de régler tous ses problèmes par le dialogue et les canaux diplomatiques. Pour lui, l’égalité souveraine n’est pas négociable. «Les relations doivent se faire dans le respect mutuel en comprenant que personne ne connaît mieux les difficultés du Mali plus que les Maliens», a martelé le chef du département en charge des Affaires étrangères, précisant que tout pays qui veut travailler avec notre État doit le faire en accord avec les Maliens.

Parlant du retrait de la Minusma, le ministre Diop est on ne peut plus clair : «Le retrait est effectif». Il dira qu’aujourd’hui, plus de 95% de l’effectif de la Mission onusienne ont quitté notre territoire. Il reste un effectif résiduel sur place pour s’occuper de la liquidation. De son point de vue, il faut saluer le gouvernement et le peuple pour avoir atteint ce résultat. À son avis, l’État est présent sur l’ensemble du territoire national grâce à sa vision, sa stratégie de défense et de sécurité. Toute chose qui n’était pas possible avec la présence des forces internationales. Le chef du département a dit que les objectifs de la Mission étaient inadaptés et inappropriés pour le Mali.

L’axe Moscou-Bamako a également retenu l’attention de l’invité  de l’émission Mali kura Taasira 2. D’après lui, la Fédération de Russie a répondu aux attentes et aux aspirations des Maliens pour un partenariat et une amitié sincère. En homme de gratitude, il était normal que le président de la Transition se rende à Saint-Pétersbourg pour rencontrer le président Poutine afin de renforcer cette dimension de diversification de notre partenariat, a fait savoir Abdoulaye Diop.

Selon lui, il y a beaucoup de discussions sur les secteurs comme les mines, l’agriculture et l’énergie. Il s’agit de tirer les leçons des partenariats qui ne répondaient plus aux souhaits des Maliens. «Le Mali était sous embargo. Nous ne pouvions ni acheter des vecteurs aériens ni des armes», a dénoncé le ministre Diop, affirmant que la Russie nous appuie dans ce sens. Il a aussi souligné que notre pays travaille avec la Chine, la Russie, la Türkiye, le Brésil et d’autres partenaires. Par ricochet, il a salué la naissance des Brics.

Concernant la création de l’Alliance des États du Sahel, le chef de la diplomatie a fait remarquer que les trois présidents du Burkina Faso, du Niger et du Mali ont pu transformer la menace géostratégique en opportunité pour travailler ensemble. «Nous avons décidé de mutualiser nos efforts pour la sécurité en mettant l’accent sur le plan politique et diplomatique», a soutenu Abdoulaye Diop. En perspectives, il dira que le Mali envisage de mener une diplomatie économique.

Namory KOUYATE

Lire aussi : Supposée libération de terroristes : La DIRPA dénonce une pure manipulation

Acculés par la pression militaire exercée par les Forces armées maliennes (FAMa), les groupes armés terroristes et leurs parrains se rabattent désormais sur le terrain médiatique pour tenter de déstabiliser notre pays. Cette dénonciation a été faite par le patron de la Direction de l’inf.

Lire aussi : Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme: Le rapport annuel d’activités 2025 remis au Garde des Sceaux

Les deux tomes du rapportLe rapport annuel d’activités 2025 constitue un document monumental de 1.087 pages, structuré en deux volumes distincts avec un premier tome de 381 pages consacré aux services centraux et un second tome de 706 pages dédié aux juridictions nationales..

Lire aussi : Un choc exogène lié aux tensions géopolitiques

La hausse des prix du carburant au Mali, observée il y a quelques jours, suscite de nombreuses interrogations et inquiétudes au sein de la population..

Lire aussi : À l’heure du Mali : La résilience malienne, face au choc pétrolier venu d’Ormuz

Dans une de nos tribunes, au tout début de la guerre au Moyen Orient, nous avions souligné la proximité temporelle de ce conflit, même s’il se déroule à des milliers de kilomètres de chez nous. Le monde d’aujourd’hui est devenu un petit village où l’on entend le moindre coup de pilon.

Lire aussi : Il y a 30 ans, la Flamme de la Paix à Tombouctou

Par décision N° 96-06 /PM du 26 Février 1996, il a été crée une Commission nationale d’organisation de la cérémonie «Flamme de la Paix» présidée par SEM Dioncounda Traoré, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration afri.

Lire aussi : 35 ans de démocratie au Mali : Entre héritage des martyrs de 1991 et refondation de l’Etat

Trente-cinq ans après les évènements historiques de mars 1991, le Mali ne se contente plus de commémorer. Il s'interroge. À l'heure où la Transition place la souveraineté au cœur de l'action publique, la question de l'héritage des martyrs de la démocratie revêt une dimension nouvelle.

Les articles de l'auteur

Commémoration des événements de mars 1991 : Le Premier ministre rend hommage aux martyrs

Pour le Général de division Abdoulaye Maïga, la célébration de cette journée symbolise la reconnaissance de la Nation pour les sacrifices des héros tombés pour l'avènement de la démocratie au Mali. Au nom du Chef de l’État, il a salué la résilience du peuple malien face aux assauts de l’ennemi et aux difficultés de la vie quotidienne.

Par Namory KOUYATE


Publié vendredi 27 mars 2026 à 08:57

Célébration du 26 mars: La nécessité de consolider les acquis de la démocratie

26 mars 1991-26 mars 2026, cela fait 35 ans jour pour jour que le Mali commémore la révolution de son peuple pour l'accession à la démocratie..

Par Namory KOUYATE


Publié jeudi 26 mars 2026 à 13:21

Guerre au Moyen-Orient : Quelles répercussions pour les pays de l’AES ?

L’enseignante à la Faculté des sciences administratives et politiques (Fsap), Mme Samaké Fatoumata H. Traoré, met en exergue les répercussions éventuelles de cette guerre sur la Confédération des états du Sahel. La directrice du Centre d’études pour l’équité et l’excellence (C2E-Nyetaa) recommande également la solidarité régionale, l’interconnexion électrique et l’industrialisation énergétique pour circonscrire la menace de flambée des prix à la pompe.

Par Namory KOUYATE


Publié mardi 24 mars 2026 à 08:59

Processus de paix et de réconciliation : La CAFO lance sa campagne d’information et de sensibilisation

Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, la Coordination des associations et ONG féminines du Mali (Cafo) a placé l’évènement sous le thème : «femmes et réconciliation : actrices de paix et de cohésion nationale»..

Par Namory KOUYATE


Publié mardi 17 mars 2026 à 08:27

Kouyaté Goundo Sissoko, présidente de la Cafo : « Les femmes sont des actrices et forces de proposition »

A l’instar des autres pays à travers le monde, le Mali célèbre la Journée internationale de la femme, le dimanche prochain. C’est dans cette mouvance de célébration du 8 mars que la présidente de la Coordination des associations et ONG féminines du Mali (Cafo), Mme Kouyaté Goundo Sissoko, nous a accordé une interview dans laquelle, la spécialiste des questions de genre, de changement climatique et de résilience.

Par Namory KOUYATE


Publié vendredi 06 mars 2026 à 08:44

Dr Fodié Tandjigora à propos de l’Année de l’éducation et de la culture : «Nos programmes d’enseignement peuvent être bien nourris par nos contenus culturels»

L’enseignant-chercheur, sociologue de son état à l’université Yambo Ouologuem de Bamako nous livre son analyse, dans cette interview qu’il nous a accordée, en se focalisant sur les valeurs endogènes pour bâtir le Mali Kura. Dr Fodié Tandjigora, en sa qualité de spécialiste des questions de changement social, opte également pour le non-rejet systématique de la culture d’autrui.

Par Namory KOUYATE


Publié jeudi 05 mars 2026 à 08:49

Remise de vivres : Le CDM au chevet des nécessiteux

Le Collectif pour la défense des militaires (Cdm) a procédé, hier à la mosquée de Fadjiguila en Commune I du District de Bamako, à la remise de kits alimentaires aux fidèles musulmans. La cérémonie présidée par le secrétaire général du Cdm, Younouss Soumaré, avait pour parrain Fassalouma Keïta dit Bemba national..

Par Namory KOUYATE


Publié lundi 02 mars 2026 à 09:10

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner