Région de Dioïla : l’Imam creuse seul la tombe de son épouse en guise de cadeau d’Adieu

Un imam qui décide de creuser seul la tombe de son épouse en guise de cadeau d’adieu : ce n’est pas une science-fiction, mais une histoire vraie qui s’est produite, il y a quelques semaines dans la Région de Dioïla.

Publié jeudi 12 mai 2022 à 06:19
Région de Dioïla : l’Imam creuse seul la tombe de son épouse en guise de cadeau d’Adieu

Issu d’une famille de marabouts, celui que nous désignons  sous les initiales de I. F réside à Bamako, depuis plusieurs décennies, et est imam dans une mosquée située sur la Rive droite du Niger.

Dans son quartier, I. F est respecté de tous. Les fidèles de sa mosquée, comme le reste de la population lui vouent une admiration profonde pour ses convictions religieuses et sa sagesse.

Contrairement à beaucoup d’autres imams, I. F connaît presque tous les fidèles de sa mosquée et participe à toutes les cérémonies sociales des siens (baptêmes, mariages, séances de lecture de Coran, décès…).

Dans sa mosquée, les fidèles consacrent le premier dimanche du mois au nettoyage du lieu de culte et I. F participe lui-même à cette opération.

«A Chaque fois que nous lui demandons de laisser les fidèles s’occuper de ce travail, il répète que nettoyer la mosquée fait partie des obligations de tout bon musulman», témoigne un habitant du quartier qui fréquente la mosquée de I. F depuis plus d’une décennie.

Pour revenir à notre histoire proprement dite, l’érudit a perdu sa deuxième épouse, il y a quelques semaines, après seize années de mariage.

Après la prière de «fadjiri», l’imam informe les fidèles de la triste nouvelle et annonce que les funérailles se dérouleront dans son village natal, situé à une centaine de kilomètres de Bamako.

Comme il fallait s’y attendre, beaucoup de fidèles décident d’effectuer le voyage pour accompagner la défunte à sa dernière demeure.

Arrivé au village, le corps sera déposé à la morgue, en attendant l’enterrement qui était prévu 24h plus tard. Mais, le lendemain matin, quand la famille et les voisins de l’imam sont venus au cimetière pour creuser la tombe, le gardien les informa que c’était déjà fait.

Aux nombreuses questions posées par ses interlocuteurs, le gardien du cimetière se contenta de répondre que la tombe de l’épouse du religieux a bien été creusée, avant de les conduire sur le lieu. Surpris et perplexes, les fossoyeurs retournèrent à la maison, avant de revenir, une heure plus tard, avec le corps.

Au moment même où les gens s’apprêtaient à mettre la défunte sous terre, le gardien du cimetière vint souffler à l’oreille de l’imam qui dirigeait la cérémonie qu’il souhaitait faire un témoignage.

 

TEMOIGNAGE EMOUVANT- A la demande de l’imam, l’inhumation fut interrompue, le temps pour le gardien du cimetière de faire son témoignage. «Je m’appelle Oumar (c’est le prénom que nous donnons à l’homme), je suis gardien de ce cimetière depuis plus d’une décennie, introduit l’homme.

Il s’est passé quelque chose ici, hier soir, que je n’avais jamais vu, ni entendu dans ma vie. Après la prière de «Safo», l’imam I. F que je connais bien, s’est présenté ici et m’a demandé de lui rendre un service.

Quel genre de service ai-je demandé ? Il répondit : je voudrais que vous ouvriez le cimetière pour me permettre de creuser la tombe de mon épouse. Je lui ai expliqué qu’il est interdit d’ouvrir le cimetière la nuit, mais il a insisté et m’a convaincu en révélant qu’il voulait creuser la tombe de sa défunte épouse, en guise de cadeau d’adieu.

Ma surprise a encore été plus grande quand I. F m’a dit que c’est parce qu’il voulait faire seul le travail qu’il a attendu la nuit pour se présenter au cimetière. Je lui ai donné le matériel, il a enlevé son grand boubou et s’est mis au travail.

J’ai tenté à plusieurs reprises de l’aider, mais il n’a jamais accepté. A Chaque fois il me répétait la même chose : j’ai décidé de faire ça seul pour dire adieu à mon épouse».

Le témoignage du gardien du cimetière a provoqué une vive émotion dans la foule et certains parents et proches de l’homme de foi n’ont pu retenir leurs larmes. Pourquoi l’imam a-t-il décidé de rendre cet hommage si particulier à sa défunte épouse avec laquelle il a eu 7 enfants ?

«Pour la remercier de son comportement exemplaire pendant seize ans de mariage», a discrètement confié l’imam à un de ses proches, ajoutant qu’il avait fait la même chose, un an plutôt lors du décès de sa première épouse.

Selon I. F, sa défunte épouse avait été admise au concours des enseignants des collectivités territoriales et avait même fini de constituer ses dossiers de prise de fonction.

Malheureusement, elle est décédée dans un hôpital de la capitale, suite à un malaise, donc avant sa prise de fonction. Comme le dit l’adage : «l’homme propose, Dieu dispose».

Soulemane Bobo TOUNKARA

Lire aussi : Gestion des déchets : Le rapport 2025 de l’Instat relève les faiblesses du système communal

Avec plus de 2,56 millions de mètres cubes de déchets solides municipaux générés chaque année, le Mali est confronté à une crise structurelle de gestion des ordures, marquée par la prédominance des dépôts sauvages et une évacuation insuffisante vers les décharges..

Lire aussi : «De l’aube au crépuscule d’un siècle» : À la redécouverte d’Amadou Hampâté Bâ

Dans cet ouvrage, Hamadoun Touré nourrit notre curiosité sur l’illustre écrivain, Amadou Hampâté Bâ, qui a su traverser le temps. Les œuvres de ce grand défenseur de l’oralité sont intemporelles et l’ancien ministre chargé de la Communication nous le prouve dans ce livre palpitant.

Lire aussi : Livre «sur les traces du destin» : Fatoumata Keita plaide pour le droit à l’éducation des enfants

«Sur les traces du destin», le nouveau roman de l’écrivaine Fatoumata Keita, vient enrichir la documentation du droit à la scolarisation des enfants..

Lire aussi : Littérature : L’écrivaine Claire Paul Coulibaly publie trois recueils de poèmes

«Ainsi va le monde», «Dualité» et «Vertus et abus» sont trois recueils de poèmes écrits par l’écrivaine Claire Paul Coulibaly. Ces ouvrages ont été officiellement présentés, la semaine dernière au Centre Djoliba de Bamako..

Lire aussi : Sécurité nationale : 57 nouveaux véhicules de transport de troupes pour renforcer le maillage territorial

Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général de division Daoud Aly Mohammedine, a procédé ce lundi 9 février à l’École nationale de Police à la remise officielle d’un lot important de 57 camions de transport de troupes, acquis intégralement sur le budget national..

Lire aussi : Inner Wheel international : Un engagement solide en faveur des démunis

Inner wheel international est une organisation féminine engagée dans les actions de bienfaisance à l’endroit des plus démunis, particulièrement les femmes et les enfants. Son gouvernorat du District 909 a organisé, jeudi dernier au CICB, sa 24è assemblée générale annuelle sous le thème .

Les articles de l'auteur

Familles fondatrices de Bamako : Titi Niaré intronisé 11è «JAMANATIGI»

Il a 83 ans et fait partie des nombreux homonymes de feu Titi Niaré, l’un des patriarches les plus connus des chefs Niaré-Niakaté, fondateurs de la ville de Bamako..

Par Soulemane Bobo TOUNKARA


Publié lundi 09 février 2026 à 08:53

Boxe : Le gala dédié aux femmes fait un tabac

Tous les amateurs vous le diront : la beauté d’un gala de boxe, ce sont les K. O. une expression qui signifie «knock out» en anglais (mise hors combat d’un adversaire en français). Ainsi, quel que soit l’enjeu, un gala sans K. O. laisse toujours un arrière-goût d’inachevé chez les spectateurs. Les spectateurs venus samedi dernier sur le terrain Entente de Magnambougou Faso Kanu pour assister au premier gala dédié aux femmes, n’ont pas connu cette déception..

Par Soulemane Bobo TOUNKARA


Publié mardi 13 janvier 2026 à 11:06

Aigles : Le message fort de la rue

Un match nul aux allures de victoire. Vendredi soir, ce sont plusieurs centaines de supporters qui ont envahi les rues et les espaces publics de Bamako pour exprimer leur joie, après le match nul 1-1 obtenu par les Aigles face au Maroc, au compte de la 2è journée de la phase finale de la CAN 2025..

Par Soulemane Bobo TOUNKARA


Publié lundi 29 décembre 2025 à 08:29

Championnat national de jeu de dames : Kalifa Coulibaly nouveau champion du Mali

On attendait Mamoutou Mariko, champion sortant ou Mody Savané, vainqueur du dernier championnat du District de Bamako, mais c’est Kalifa Coulibaly qui a été sacré champion du Mali 2025, à l’issue du championnat national de jeu de dames qui s’est achevé, dimanche 20 décembre au Musée de Bamako..

Par Soulemane Bobo TOUNKARA


Publié mardi 23 décembre 2025 à 09:06

Open d’escrime Moov Africa Malitel : Un beau cadeau de fin d’année pour la ligue de Koutiala

C’est rare pour être souligné. Cette année, c’est un joueur de l’intérieur qui s’est adjugé le trophée Messieurs de l’Open Moov Africa Malitel. Békaye Coulibaly, c’est son nom, a créé la sensation en remportant, samedi dernier au Centre Olympafrica de Banankabougou, l’édition 2025 du prestigieux tournoi, face à Souleymane Djiré, battu 12-6..

Par Soulemane Bobo TOUNKARA


Publié lundi 22 décembre 2025 à 08:35

Editorial : Une CAN qui promet du spectacle

Le Maroc sera, à partir de ce dimanche 21 décembre, la pôle d’attraction de la planète foot du continent africain, voire du monde, avec la 35è édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) qui mettra aux prises 24 nations..

Par Soulemane Bobo TOUNKARA


Publié vendredi 19 décembre 2025 à 08:40

Championnat national de jeu de dames : Un favori et des outsiders aux dents longues

Cette année, 18 joueurs sont en lice pour le titre de champion du Mali. Les participants au championnat national viennent de 7 Ligues, à savoir Bamako, Kayes, Koulikoro, Ségou, Sikasso, Koutiala et Mopti. Les Ligues de Bamako et Koulikoro sont représentées, respectivement par 5 et 3 joueurs, contre 2 pour les autres instances sportives..

Par Soulemane Bobo TOUNKARA


Publié lundi 15 décembre 2025 à 10:50

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner