Le président du Conseil européen, Charles Michel, copréside les travaux en compagnie du président de la République du Sénégal, Macky Sall, président actuel de l’UA. Ces deux jours d’échanges sont l’occasion de jeter les bases d’un partenariat renouvelé et approfondi entre l’Europe et l’Afrique. L’objectif est de lancer un paquet d'investissements «Global Gateway» Afrique-Europe ambitieux, afin d’intensifier les investissements dans le numérique et les transports, la connectivité et les infrastructures, la paix, la sécurité et la gouvernance. Et dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la production locale de vaccins, de la formation professionnelle, de l’agriculture et du développement durable... Lors de la cérémonie d’ouverture, la présidente de la Commission, Von der Leyen, a pris la parole pour rappeler que l'Afrique est un « partenaire clé dans la construction du monde dans lequel nous voulons vivre ». Celle qui a réservé à l'UA son tout premier déplacement à l'étranger, a estimé que les deux Organisations partagent la même vision: Stabilité, prospérité et dynamisme économique et social. « Et ce sommet constitue l'occasion idéale de discuter des modalités de notre collaboration, des moyens de concrétiser nos ambitions communes », a-t-elle déclaré. Parlant de la stratégie «Global Gateway», elle a soutenu que l’objectif est d’investir dans des infrastructures de qualité, créatrices de liens entre les biens, les personnes et les services. Cette stratégie « renforcera la capacité de l’Europe à débloquer des investissements, non seulement publics mais aussi privés, à des niveaux sans précédent ». L’UE veut mobiliser au moins 150 milliards d'euros en faveur de l'Afrique sur les sept prochaines années. Sur le plan sanitaire, l’Europe entend soutenir des centres de production de vaccins au Sénégal, au Rwanda, au Ghana et en Afrique du Sud. À court terme, « nous continuerons à nous concentrer sur la fourniture et le déploiement de vaccins contre la COVID-19 », a précisé la présidente de la Commission. Mais, elle a souhaité que les investissements dans la santé ne se limitent pas à l'urgence immédiate : Il faudra amener « l'Afrique à produire ses propres vaccins et à développer une capacité de production de vaccins à ARN messager dans toute l'Afrique ». Avant l’ouverture du sommet, dans une tribune conjointe, les présidents du Conseil européen et de l’UA ont souligné qu’un " partenariat postule l'échange et le partage". De son côté, le président Emmanuel Macron a souhaité un « sommet qui change la donne ». « Mais l'Europe ne pourra pas aider une Afrique où l'instabilité et l'insécurité règnent », a mis en garde le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell qui a dénoncé les « coups d'Etats, conflits, terrorisme, trafics d'êtres humains, piraterie qui gangrènent le continent et qui ont un impact sur l'Europe ». Les sommets UE-UA se tiennent généralement tous les trois ans et alternent entre l’Afrique et l’Europe. Initialement prévu pour 2020, le sommet actuel avait été reporté en raison de la pandémie de COVID-19. Suspendus des instances de l'UA, notre pays, le Burkina Faso, la Guinée et le Soudan du Sud n’ont pas été invités à cette rencontre qui se terminera aujourd’hui avec une déclaration commune sur la nouvelle relation UE-UA.
Issa DEMBELE
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