Atteintes aux droits de l’Homme : Les allégations tendancieuses de la Minusma

La Division des droits de l’Homme et de la protection (DDHP) de la Minusma reconnaît, dans sa dernière note trimestrielle (1er avril-30 juin), une « baisse des violations des droits de l’Homme et du Droit international humanitaire attribuables aux Forces de défense et de sécurité du Mali ».

Publié lundi 05 septembre 2022 à 05:20
Atteintes aux droits de l’Homme : Les allégations tendancieuses de la Minusma

Une interprétation objective de cette évolution convaincrait plus d’un de la bonne foi de la Mission onusienne, puisqu’elle aurait alors mis en exergue les efforts ayant conduit justement à cette baisse des violations. Étant attendu que la dégression du niveau de l’insécurité entraîne généralement avec elle, celui des atteintes aux droits humains.

À juste raison, le gouvernement déplore le fait que la note de la Minusma «ignore les progrès remarquables réalisés ces derniers mois dans le cadre de l’amélioration de la situation sécuritaire ainsi que de la protection et de la promotion des droits humains». Des progrès attestés, notamment par la « baisse des violations des droits de l’Homme attribuables aux groupes  terroristes» qui perdent du terrain face aux Forces de défense et de sécurité du Mali.

La Mission en rajoute à la confusion quand elle évoque des faits antérieurs à la période concernée par sa note trimestrielle et accuse indistinctement les groupes signataires de l’Accord pour la paix, les groupes non signataires, les groupes extrémistes et les Forces de défense et de sécurité du Mali. Elle leur impute de nombreuses violations des droits de l’Homme. La manœuvre consiste à mettre les Forces de défense et de sécurité du Mali dans le même sac que des groupes armés souvent incontrôlés. La finalité est de ternir leur image et de les discréditer auprès des populations et de la communauté internationale.

Les Maliens en voudraient à leur armée si les faits allégués à son encontre l’avaient été à l’aune d’un autre standard que celui dit « Motifs raisonnables de croire », dont les limites sont connues. Cette « base d’appréciation n’est guère infaillible, elle pourrait changer d’un sujet à l’autre, indépendamment de toute objectivité », révèle le gouvernement dans son mémorandum consacré à la note trimestrielle de l’ONU. Les autorités maliennes estiment que la Mission onusienne s’est encore fourvoyée dans des allégations « tendancieuses, non recoupées, rapportées selon des témoignages non contradictoires et ne s’appuyant sur aucune preuve tangible».

INCOHÉRENCE- L’on comprend dès lors que la Minusma ait passé sous silence l’implication probable de la force Barkhane dans la responsabilité du charnier découvert au lendemain de son départ de sa base de Gossi. La « note trimestrielle n’en fait nullement cas comme pour dire que les incriminations n’étaient que l’apanage des seules Forces de défense et de sécurité du Mali », estime le gouvernement qui en déduit un « manque d’objectivité, de crédibilité et d’équidistance » de la Mission onusienne. Jugement d’autant plus fondé que les Forces de défense et de sécurité du Mali sont accusées de « sérieuses violations », notamment des exécutions, des actes de torture et des arrestations arbitraires. Sans preuves tangibles.

Aussi, la Minusma s’est-elle beaucoup plus appuyée sur les témoignages des acteurs, au détriment des communiqués officiels du gouvernement et de l’armée. Alors qu’elle fait échos des communiqués de la force Barkhane sur le massacre orchestré à Gossi, en les restituant textuellement dans la note. Foulant ainsi aux pieds le principe du contradictoire qui lui imposait de prendre en compte la version du Mali sur la même question. Mieux, révèle le gouvernement, il « apparait sur la base des documents collectés et des témoignages recueillis par la Minusma et corroborés par plusieurs sources concordantes, que les dépouilles ensevelies dans le camp de Gossi provenaient de Hombori et avaient été transportées sur les lieux les 20 avril 2022 ».

Par ailleurs, la Minusma dépeint une situation sécuritaire marquée par une « grave détérioration des conditions sécuritaires dans la région du Liptako-Gourma dans un contexte de retrait des Forces internationales ». Cette assertion dénote une incohérence dans la mesure où elle affirme avoir documenté «467 violations et atteintes aux droits de l’Homme et au droit international humanitaire, soit une baisse de 42% par rapport au premier trimestre».

 

Issa DEMBELE

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