Avec cette performance, l’Union confirme son statut parmi les espaces économiques les plus dynamiques du continent
Alors que
l’économie mondiale est restée confrontée aux répercussions des conflits
géopolitiques, à la fragmentation des échanges et au durcissement des
politiques commerciales, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest
(BCEAO) dresse un constat relativement optimiste de la situation économique de
l’Union. Dans le rapport annuel 2025 présenté par le gouverneur Jean-Claude
Kassi Brou, la croissance mondiale est restée stable à 3,4%, soit le même
niveau qu’en 2024. En revanche, l’inflation mondiale a poursuivi son reflux, passant
de 5,8% Ã 4,1%, traduisant un apaisement progressif des tensions sur les prix.
Mais c’est surtout au niveau de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de
l’ouest (UEMOA) que les indicateurs témoignent d’une performance supérieure Ã
la moyenne mondiale.
Avec un
taux de croissance de 6,7%, contre 6,2% un an auparavant, l’Union confirme son
statut parmi les espaces économiques les plus dynamiques du continent. Cette
progression repose sur trois principaux moteurs : la bonne tenue du secteur des
services, l’expansion continue des industries extractives et une campagne
agricole plus favorable que celle de l’année précédente. Autre indicateur
particulièrement marquant : l’inflation est revenue à 0% en moyenne annuelle,
contre 3,5 % en 2024. Selon le gouverneur de la BCEAO, cette évolution résulte
principalement de « la détente des cours mondiaux des produits alimentaires et
énergétiques importés ainsi que de l’amélioration de l’offre alimentaire
locale, grâce à une bonne campagne vivrière 2025-2026». Pour les ménages, cette
stabilité des prix constitue un facteur important de préservation du pouvoir
d’achat. Pour les entreprises, elle offre davantage de visibilité sur les coûts
de production et les investissements.
UNE
POLITIQUE MONÉTAIRE PLUS ACCOMMODANTE- Cette amélioration du contexte
macroéconomique a conduit la BCEAO à modifier son orientation monétaire. Après
dix-huit mois de statu quo, le Comité de politique monétaire a décidé, le 4
juin 2025, de réduire ses principaux taux directeurs. Le taux principal est
ainsi passé de 3,50% à 3,25%, tandis que le taux du guichet de prêt marginal
est revenu de 5,50% à 5,25%. Cette décision traduit un changement de cap. Après
avoir longtemps privilégié la lutte contre l’inflation, la Banque centrale
cherche désormais à soutenir davantage le financement de l’économie réelle. Les
crédits accordés au secteur privé ont progressé de 5,6 %, contre 3,6% en 2024.
Les financements destinés aux États ont augmenté de 7,8 %.
Le secteur
de la microfinance poursuit également sa montée en puissance avec une hausse de
13,6 % des dépôts et de 9 % des crédits distribués, signe que les services
financiers touchent progressivement une part plus importante de la population.
Au-delÃ
des chiffres conjoncturels, le rapport met également en lumière plusieurs
réformes structurelles. L’année 2025 restera notamment marquée par le lancement
officiel de la Plateforme interopérable du système de paiement instantané
(PI-SPI). Cette infrastructure permet désormais l’interconnexion des différents
prestataires de paiement de l’UEMOA et devrait accélérer la digitalisation des
transactions financières tout en réduisant leur coût. Dans le même temps, le
Conseil des ministres de l’Union a adopté une révision du taux d’usure, afin de
mieux adapter les plafonds de taux d’intérêt aux réalités économiques, tout en
renforçant la protection des consommateurs et l’inclusion financière. Autre
avancée institutionnelle majeure : la désignation de la BCEAO comme Autorité
macroprudentielle de l’UEMOA. Cette nouvelle responsabilité conforte son rôle
dans la surveillance des risques susceptibles d’affecter la stabilité
financière régionale. Le gouverneur, Jean-Claude Kassi Brou, souligne
d’ailleurs que « le secteur bancaire demeure globalement résilient, avec des
ratios de solvabilité supérieurs aux exigences réglementaires », un signal
rassurant dans un contexte international encore instable.
UNE BANQUE
CENTRALE TOURNÉE VERS L’INNOVATION- Le rapport met également en avant la
volonté de la BCEAO d’accompagner les mutations technologiques. L’organisation
en 2025 d’une conférence internationale consacrée à l’intelligence artificielle
traduit cette ambition d’intégrer progressivement les nouveaux outils
numériques dans les missions des banques centrales. Parallèlement, l’institution
poursuit son expansion territoriale avec l’ouverture de nouvelles agences Ã
Kayes, au Mali, et à Odienné, en Côte d’Ivoire, ainsi que la mise en service
d’un nouveau bâtiment à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso. Enfin, l’adoption
d’une nouvelle politique qualité vient renforcer l’engagement de la Banque
centrale en faveur de services plus performants et d’une gouvernance
modernisée.
En 2026 les performances pourront-elles se maintenir ? Le rapport annuel 2025 révèle une Union plus solide qu’attendu, portée par une croissance élevée, une inflation maîtrisée et un système financier renforcé. Les décisions prises par la BCEAO montrent également un équilibre entre soutien à l’activité économique et préservation de la stabilité financière. Mais les interrogations demeurent. Les tensions géopolitiques persistent, les politiques commerciales internationales restent imprévisibles et les cours des matières premières pourraient redevenir plus volatiles. Dans ce contexte, la croissance de 6,7 % pourra-t-elle être maintenue ? L’inflation restera-t-elle sous contrôle ? Les baisses de taux suffiront-elles à accélérer durablement l’investissement privé et la création d’emplois ? Autant de questions auxquelles les résultats économiques de 2026 apporteront les premiers éléments de réponse.
Mariam A. TRAORÉ
Au lendemain du lancement officiel de la 4ᵉ édition de la Semaine du Numérique, les travaux techniques se poursuivent au Centre international de conférences de Bamako (CICB)..
Ce mercredi 29 juillet 2026, le Centre International de Conférences de Bamako (CICB) est animé par une effervescence inhabituelle. Pour la 4e édition de la Semaine du Numérique, les couloirs sont noirs de monde : des grappes de jeunes se pressent devant les stands, casques de réalité virtuelle.
Imaginez un marchand akan, il y a plusieurs siècles. Au cœur d’un marché animé, quelque part entre les royaumes de l’Afrique de l’Ouest, il sort une petite balance. Dans sa main, quelques grains de poudre d’or. Pour les peser, il choisit un petit objet en bronze représentant un poisson-.
Dix mois après son lancement, la plateforme régionale de paiement instantané (PI-SPI) affiche des chiffres qui impressionnent : 30 millions de personnes connectées, un million de transactions et 110 milliards de Fcfa échangés. Mais derrière cette progression se cache un paradoxe : le réseau .
Maîtriser ses données, contrôler ses infrastructures, choisir ses technologies : pour les États de l’Alliance des États du Sahel (AES), la souveraineté numérique apparaît désormais comme un enjeu de puissance, d’indépendance et de sécurité. C’est autour de cette problématique que .
Le chantier de l’usine Atlas Ciment avance à grands pas. Implantée à Dio, dans le Cercle de Kati, cette nouvelle unité industrielle devrait entrer en production dans un mois. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, s’est rendu, hier, sur le site pour constater lâ.