FACEJ II : De jeunes entreprises prennent leur envol

À Kalaban Coura et Kalaban Coro, la ministre Oumou Sall Seck a pu mesurer les effets positifs et concrets de l’accompagnement du FACEJ II auprès de jeunes entrepreneurs engagés dans la création d’emplois et le développement de solutions innovantes

Publié vendredi 31 juillet 2026 à 10:05
FACEJ II : De jeunes entreprises prennent leur envol

«Kalebasse», une entreprise spécialisée dans la communication visuelle

 
Du graphisme aux technologies de pointe, l’accompagnement des jeunes entrepreneurs commence à produire des résultats visibles. La ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Oumou Sall Seck, s’est rendue hier auprès de deux entreprises bénéficiaires du Fonds d’appui à la création d’entreprises par les jeunes (FACEJ II). Objectifs: apprécier les résultats obtenus, écouter les préoccupations des promoteurs et encourager leurs efforts.

À Kalaban Coura, la première étape de la visite a conduit la délégation à «Kalebasse», une entreprise spécialisée dans la communication visuelle. Son promoteur, Boubacar Kanouté, s’est réjoui de l’accompagnement reçu. «Nous remercions les autorités pour leur accompagnement constant, ainsi que le FACEJ et nos facilitateurs pour leur soutien», a-t-il déclaré.

L’entreprise ne se limite pas à la communication visuelle. Elle intervient également dans la formation des jeunes, notamment en graphisme, impression et fabrication de savon. Depuis sa création, une centaine de jeunes ont déjà bénéficié de ses formations. « Kalebasse » organise aussi des sessions gratuites destinées à renforcer les compétences des jeunes et à promouvoir la culture entrepreneuriale. Pour consolider son développement, Boubacar Kanouté souhaite désormais renforcer le réseautage de son entreprise. Il plaide notamment pour une mise en relation avec des partenaires de la sous-région et d’autres continents, afin d’élargir ses activités et de développer de nouveaux partenariats. À Kalaban Coro, la ministre a découvert « Prodevma, » une entreprise dirigée par Adja Fatouma Ba et spécialisée dans les solutions technologiques et la sécurité électronique. Contrôle d’accès par serrure électronique commandée par téléphone, badge, empreinte digitale ou reconnaissance faciale, géolocalisation des véhicules, vidéosurveillance et fourniture de matériels informatiques figurent parmi ses principales activités.

La promotrice a toutefois reconnu que les débuts ont été difficiles. « Durant les deux premières années, nous avons enregistré d’importantes pertes financières », a-t-elle témoigné. Elle a également évoqué les difficultés à gagner la confiance des clients dans un secteur encore perçu comme masculin.

Pour convaincre, Prodevma a misé sur des démonstrations gratuites de ses solutions. Une stratégie qui lui a permis de décrocher ses premiers marchés. L’entreprise a ensuite été confrontée aux difficultés liées à l’électricité et au manque de fonds de roulement. L’appui du FACEJ II lui a alors permis de résoudre une partie de ses problèmes. « Le projet nous a aidés à résoudre nos problèmes d’électricité et nous a également apporté un appui financier qui a renforcé notre fonds de roulement», a salué Adja Fatouma Ba, estimant que cet accompagnement a constitué un véritable levier de développement.

Pour Christine Kaboré Kayitesi, cheffe d’équipe du FACEJ II, la visite ministérielle constitue un encouragement pour les équipes qui accompagnent les jeunes entrepreneurs. Elle les a invités à rester persévérants et à avancer avec patience. «Il ne faut pas vouloir tout obtenir en même temps, car cela peut compromettre le développement d’une entreprise», a-t-elle conseillé. Au terme de la visite, Oumou Sall Seck s’est dite satisfaite des résultats enregistrés. Pour elle, les expériences de Kalebasse et de Prodevma illustrent les possibilités offertes aux jeunes lorsque ceux-ci bénéficient d’un accompagnement adapté.

La ministre a rappelé que le FACEJ II est un projet de son département destiné à soutenir la politique gouvernementale en matière d’entrepreneuriat, de formation et d’employabilité des jeunes. Le dispositif dispose d’un budget de 12 milliards de Fcfa sur cinq ans pour accompagner de nombreux porteurs de projets à travers le pays.

Elle a invité les bénéficiaires à exprimer clairement leurs besoins, afin de permettre au ministère et à ses partenaires d’apporter des appuis complémentaires.

La ministre a également rappelé que les lauréats du concours des meilleurs plans d’affaires organisé lors du premier Salon international de l’entrepreneuriat ont bénéficié d’une formation et d’un accompagnement du FACEJ. Cette dynamique s’appuie enfin sur la Stratégie nationale de l’entrepreneuriat et son plan d’action, adoptés récemment par le gouvernement. Leur mise en œuvre nécessitera un investissement estimé à 20 milliards de Fcfa.

À travers ces initiatives, l’ambition est claire : transformer les idées des jeunes en entreprises viables, créatrices d’emplois et capables de contribuer durablement à la croissance économique.

Abdoul Karim COULIBALY

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