L’Égypte prépare une nouvelle étape dans la transformation
de son système ferroviaire, avec la mise en service commerciale de la première
ligne de son réseau électrique à grande vitesse, annoncée pour juillet 2027.
Au-delà de la liaison entre Ain Sokhna, sur la mer Rouge, et Marsa Matrouh, sur
la Méditerranée, le projet doit contribuer à réorganiser un réseau historique
aujourd’hui confronté à la saturation de certains axes principaux.
La ligne Ain Sokhna -
Marsa Matrouh s’étendra sur environ 660 km et reliera notamment les principaux
pôles urbains du pays, dont Le Caire et Alexandrie. Elle constitue le premier
maillon d’un nouveau réseau ferroviaire électrique dont la construction doit, à
terme, porter le linéaire à environ 2 250 km. Cette transformation veut
notamment répondre aux contraintes du réseau ferroviaire historique, largement
concentré dans la vallée du Nil. Selon le ministre des Transports, Kamel
Al-Wazir, la principale ligne existante fonctionne déjà à pleine capacité,
limitant les possibilités d’ajouter de nouvelles voies ou d’augmenter la
fréquence des trains sur cet axe.
Le développement de nouvelles infrastructures dans les zones
désertiques situées autour de la vallée du Nil doit ainsi permettre de créer de
nouvelles capacités sans dépendre exclusivement du réseau historique. Le projet
de mobilité à grande vitesse s’inscrit dans cette logique, en ouvrant de
nouveaux itinéraires et en reliant entre eux des pôles économiques et urbains
jusqu’ici desservis par des infrastructures distinctes.
Le futur réseau doit être organisé autour de trois
principaux axes actuellement en construction. Il s’intègre à un programme plus
vaste de modernisation engagé depuis plusieurs années par les autorités
égyptiennes, et qui comprend à la fois la rénovation des infrastructures existantes,
l’acquisition de nouveaux matériels roulants et le développement de nouvelles
lignes électriques.
Cette réorganisation intervient dans un pays où la
croissance démographique et l’urbanisation exercent une pression croissante sur
les infrastructures routières. Pour les autorités, le développement du
ferroviaire doit contribuer à réduire la congestion dans les grandes
agglomérations, tout en améliorant la sécurité des déplacements.
L’enjeu est également de moderniser une infrastructure qui
figure parmi les plus anciennes au monde. Le réseau ferroviaire égyptien
s’étend en effet sur environ 10 000 km, avec des infrastructures dont une
grande partie remonte au XIXe siècle. Avant les opérations de modernisation
engagées ces dernières années, il comptait notamment environ 778 locomotives,
près de 3 000 voitures voyageurs et quelque 9 000 wagons de marchandises. La
modernisation du réseau conventionnel doit permettre de porter sa capacité à
environ 2 millions de passagers par jour à l’horizon 2030. À cette capacité
s’ajouteraient quelque 2,5 millions de passagers quotidiens supplémentaires,
grâce au nouveau réseau électrique à grande vitesse.
Le programme ne se
limite toutefois pas au transport de voyageurs. Le nouveau réseau électrique
doit également accroître les capacités dédiées au fret, avec un objectif
annoncé d’environ 13 millions de tonnes de marchandises par an.
Cette dimension doit permettre au ferroviaire de jouer un
rôle plus important dans l’acheminement des marchandises entre les zones industrielles,
les centres urbains et les infrastructures portuaires. Elle pourrait également
renforcer l’articulation entre les différents corridors de transport égyptiens,
alors que le pays cherche à accroître l’efficacité de ses infrastructures
logistiques et à accélérer la diversification de son économie.
La transformation engagée repose ainsi sur deux leviers
complémentaires : moderniser le réseau historique pour en augmenter les
performances, et construire de nouvelles infrastructures pour élargir les capacités
globales. Mais l’efficacité du nouveau système dépendra de sa capacité à
s’intégrer au réseau existant, à assurer des correspondances efficaces avec les
autres modes de transport, et à atteindre les niveaux de fréquentation
nécessaires pour justifier les investissements engagés.
La construction simultanée de plusieurs axes représente également un défi de taille en matière de financement, d’exploitation et de maintenance.
Rédaction Lessor
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