Les Directeurs généraux de SMTL-SA (g) et du groupe KAMAZ (d) paraphent les documents
Le Mali franchit une nouvelle étape dans le renforcement de ses capacités de transport. La Société malienne de transport et de logistique (SMTL-SA) et le Groupe russe KAMAZ ont signé, hier au ministère des Transports et des Infrastructures, un premier contrat d’acquisition de véhicules d’un montant de plus de 30 milliards de Fcfa. La cérémonie s’est déroulée sous la présidence du ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousseni Sanou, en présence de la ministre des Transports et des Infrastructures, Dembélé Madina Sissoko.
Paraphé par le directeur général de la
SMTL-SA, le Colonel Djibrila Harouna, et le directeur du groupe KAMAZ, Vassili
Tsyganov, le contrat découle de l’accord intergouvernemental conclu entre le
Mali et la Fédération de Russie. Il doit permettre de renforcer les moyens
nationaux de transport et faciliter
l’acheminement des marchandises, dans un contexte où l’approvisionnement du
pays constitue un enjeu majeur.
Pour le patron de la SMTL-SA, la signature n’est toutefois
que le début d’un processus qui devra être suivi avec rigueur. Il a insisté sur
le respect des engagements prévus dans le partenariat, notamment le suivi
technique des véhicules, la disponibilité des pièces de rechange et la
formation des équipes maliennes. Un atelier de maintenance doit être réalisé à
Bamako-Sénou, tandis que des techniciens de la SMTL bénéficieront de formations
sur les sites de KAMAZ à Kazan.
À terme, le partenariat prévoit également l’installation à
Bamako d’une usine de montage de véhicules KAMAZ. « La phase d’exécution devra
garantir le respect des obligations contractuelles, le suivi technique des
véhicules, la disponibilité des pièces de rechange et le transfert de
compétences au profit de nos équipes », a indiqué le Colonel Djibrila Harouna.
Il a salué une opération qui marque, selon lui, une étape importante dans le
raffermissement de la coopération entre le Mali et la Russie.
Du côté russe, Vassili Tsyganov a présenté le contrat comme
la première opération de cette envergure dans le secteur des transports entre
les deux pays. « Ce n’est que le début d’un long chemin commun », a-t-il
déclaré. Le responsable de KAMAZ a assuré que les véhicules proposés sont
conçus pour fonctionner dans des environnements routiers et climatiques
difficiles.
L’offre ne se limite pas à la livraison des véhicules. Elle
comprend également les pièces de rechange, l’outillage et les équipements
nécessaires à leur entretien. Le groupe russe entend surtout accompagner le
Mali dans la création de ses propres capacités techniques. « Nous sommes prêts
à aider le Mali à construire son propre centre de service KAMAZ et, dans un
avenir proche, à créer un atelier d’assemblage, une usine de montage de
véhicules », a annoncé Vassili Tsyganov.
Cette coopération prévoit également des actions de formation
et de perfectionnement en Russie au profit du personnel de la SMTL. Pour les
autorités maliennes, l’enjeu dépasse ainsi l’acquisition d’un parc automobile :
il s’agit de bâtir progressivement une expertise nationale autour des
équipements.
Le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances,
Alousseni Sanou, s’est réjoui de l’aboutissement d’un processus engagé depuis
deux ans. « J’ai suivi depuis deux ans toutes les énergies qui ont été
dépensées pour arriver à cela aujourd’hui », a-t-il déclaré, en saluant les
efforts déployés au cours des négociations avec la partie russe.
La ministre des Transports et des Infrastructures, Dembélé Madina Sissoko, a, pour sa part, rappelé que cette coopération s’inscrit dans la dynamique engagée depuis la participation du président de la Transition au deuxième Sommet Russie-Afrique, tenu en juillet 2023 à Saint-Pétersbourg. Une feuille de route avait alors été établie entre les deux pays dans plusieurs domaines. Pour un pays enclavé comme le Mali, le renforcement du transport routier revêt une dimension stratégique. « Le Mali est un pays enclavé qui a plus de sept pays frontaliers.
La distance la plus proche de la mer est
d’environ 1. 000 kilomètres », a rappelé la ministre. Elle a souligné que
l’acheminement des produits de première nécessité, l’exécution des grands
projets et l’écoulement des productions nationales exigent des moyens de transport
à la hauteur des besoins. La SMTL devrait ainsi jouer un rôle accru dans
l’approvisionnement du pays, mais aussi dans l’accompagnement des opérateurs
économiques. Le secteur privé, confronté lui aussi aux limites de ses capacités
de transport face à l’augmentation des flux de marchandises, pourrait
bénéficier de ces nouveaux moyens.
Au-delà des 30 milliards de Fcfa engagés, le partenariat
avec KAMAZ porte donc une ambition plus large : donner au Mali les moyens de
mieux transporter, mais surtout de maîtriser progressivement l’entretien, la
formation et, demain, le montage de ses propres véhicules.
Fatoumata KAMISSOKO
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