A travers ces conventions, l’Agefau a fait de l’éducation et de la formation professionnelle un axe prioritaire afin de combattre l’analphabétisme numérique
La
signature de deux conventions de partenariat entre l’Agence de gestion du fonds
d’accès universel (Agefau), le ministère de l’Éducation nationale et celui de
l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle
marque une nouvelle étape dans la stratégie de transformation numérique du
système éducatif malien. À travers ces accords, l’État entend renforcer l’accès
aux technologies de l’information, développer les compétences numériques des
jeunes et améliorer leur employabilité.
La
cérémonie organisée à la Primature était présidée par le Premier ministre, le
Général de division Abdoulaye Maïga. C’était en présence du ministre de
l’Éducation nationale, Dr Amadou Sy Savané, de la ministre de l’Entrepreneuriat
national, de l’Emploi et la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck et du
directeur général de l’Agefau, Balobo Cissé.
Pour le
directeur de l’Agefau, ces conventions ne constituent donc pas le point de
départ d’une coopération, mais elles viennent plutôt donner un cadre
institutionnel et juridique à une collaboration dont les résultats sont
aujourd’hui visibles sur le terrain. Il a signalé que l’Agefau a fait de
l’éducation et de la formation professionnelle un axe prioritaire de son
intervention, afin de combattre l’analphabétisme numérique dès le plus jeune
âge et doter le pays d’un capital humain qualifié. Balobo Cissé a rappelé que
les réformes engagées ont permis de remplacer les centres d’accès universel et
les cases Wi-Fi conteneurisés par des bâtiments modernes, tout en impliquant
davantage les différents acteurs dans la mise en œuvre des projets.
Le
directeur général a présenté le bilan des investissements réalisés par son
Agence. Entre 2018 et 2024, près de 3,7 milliards de Fcfa ont été consacrés aux
infrastructures numériques dans les établissements scolaires et centres de
formation, avec la réalisation de 43 centres d’accès universel, 100 cases
Wi-Fi, l’installation de plus de 556 ordinateurs, 1.500 tablettes et des kits
solaires. Il a précisé que, depuis 2025, les projets en cours représentent plus
de 13,5 milliards de Fcfa. Ils concernent notamment la construction de plus de
80 nouveaux centres d’accès universel, 100 nouvelles cases Wi-Fi, la rénovation
de salles informatiques dans neuf lycées publics, la construction de douze
salles informatiques dans des établissements d’enseignement technique et
professionnel, ainsi que la fourniture de 2.760 ordinateurs, 3.500 tablettes et
des kits solaires. Au total, les investissements de l’Agefau dans le secteur de
l’éducation dépassent désormais 17 milliards de Fcfa.
Au-delà
des infrastructures, Balobo Cissé a mis en avant les actions de renforcement
des capacités, notamment la formation de 751 gestionnaires de centres et
enseignants, ainsi que celle de plus de 71.000 élèves et apprenants. Il a
également rappelé l’initiative de l’Agefau consistant à récompenser les
meilleurs lauréats des examens nationaux par des ordinateurs portables. Après
la remise de 78 ordinateurs aux meilleurs élèves du DEF en 2025, 156
ordinateurs portables et accessoires seront attribués en 2026 aux meilleurs
lauréats du DEF et du Baccalauréat. De son côté, la ministre de
l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle dira
que le numérique est devenu un puissant levier de compétitivité, de création de
richesses, d’innovation et d’inclusion. Il transforme les métiers, les
entreprises, les administrations et les économies. «Notre mission est de développer
les compétences dont le Mali a besoin aujourd’hui et demain, de favoriser
l’insertion professionnelle, de promouvoir l’entrepreneuriat et de rapprocher
les opportunités des populations sur l’ensemble du territoire national», a
expliqué Oumou Sall Seck. Et d’ajouter que son département ne se limite pas à
concevoir des politiques publiques. Il les met en œuvre au plus près des
populations, grâce aux services déconcentrés, aux directions régionales et les
centres de formation ainsi que les structures spécialisées.
«La
convention que nous signons maintenant traduit une vision commune, une volonté
d’agir et une responsabilité partagée», a souligné Oumou Sall Seck, avant de
rappeler que grâce à cette coopération, les compétences numériques de la
jeunesse se verront renforcées, les infrastructures de formation aussi
modernisées. Au bénéfice des jeunes, elle dira que cette convention permettra
notamment de développer des formations répondant aux besoins du marché de
l’emploi, d’équiper les centres en matériels modernes, de créer des espaces
numériques performants et d’offrir à des milliers de jeunes les compétences
indispensables aux métiers de demain.
Pour le
ministre de l’Éducation nationale, la signature de cette convention s’inscrit
pleinement dans la vision du Président de la Transition, le Général d’armée
Assimi Goïta : la souveraineté numérique, la valorisation du capital humain et
la promotion d’une identité culturelle.
Selon
Amadou Sy Savané, le partenariat avec l’Agefau favorisera le renforcement de la
connectivité des établissements scolaires. Il facilitera l’accès des élèves et
des enseignants à des ressources pédagogiques numériques de qualité. Il
accompagnera aussi la digitalisation des services éducatifs et le développement
d’outils modernes de gouvernance, de pilotage
et d’aide à la décision. «Des données plus fiables permettront
d’améliorer la planification, le suivi des
politiques publiques et la prise de décision», a-t-il assuré. Et
d’ajouter que l’administration éducative gagnera ainsi en efficacité, en
transparence et en réactivité. Pour le ministre de l’Éducation nationale, son
département ambitionne de former des citoyens compétents, innovants,
entreprenants et profondément attachés aux valeurs de notre Nation.
L’objectif, selon le ministre Savané, est de préparer les jeunes Maliens aux exigences de l’économie numérique, de renforcer les capacités des personnels de l’éducation, de garantir un accès équitable au savoir sur l’ensemble du territoire et de faire de l’école un véritable creuset de créativité, d’innovation, de responsabilité et de culture».
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