La mauvaise gestion de l’hygiène des menstrues impacte la vie et la scolarité des filles
C’est pourquoi, l’Office entend engager une campagne de sensibilisation autour de la question pour commémorer la journée dédiée à la cause (chaque 28 mai). L’annonce a été faite au cours d’une conférence de presse animée par le directeur général de l’Officine, Dr Ben Moulaye Idriss, lundi dernier au siège de son service.
Au cours de cette campagne, l’ONASR va engager des activités de sensibilisation, d’éducation sur la bonne gestion de l’hygiène menstruelle et procéder à des distributions de serviettes hygiéniques. Selon le directeur de l’ONASR, cette question constitue un tabou dans notre société, alors que l’hygiène des menstrues est «le début, le milieu et la fin de l’humanité». Avant d’ajouter que sans ces menstrues, il n’y a pas de conception. Pour lui, la venue des menstrues doit être perçue comme un heureux événement.
Selon les statistiques du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unesco), en 2021, environ 500.000 filles et femmes n’avaient pas accès à des infrastructures adéquates pour changer leur produit de santé menstruelle dans le monde. En Afrique subsaharienne, 1 fille sur 10 ne va pas à l’école pendant la période des menstrues. Ce qui représente environ 20% du temps scolaire annuel perdu. S’agissant des statistiques du Mali, le conférencier a expliqué que les chiffres sont alarmants et ne rassurent guère. En effet, seulement 2,13% des écoles ont une option pour assurer l’intimité des filles aux toilettes et seulement 0,71 des écoles disposent d’options pour l’élimination des matériels utilisés. Les mêmes données indiquent que ces écoles observent une augmentation des jours d’absence des filles en âge de puberté. Ce qui revient à dire que la mauvaise gestion de l’hygiène des menstrues impacte véritablement la vie et plus précisément la scolarité des filles.
C’est pourquoi, l’ONASR à travers la journée dédiée à la cause, cherche à éveiller les consciences, à briser les barrières culturelles, à œuvrer collectivement vers un monde ou la menstruation n’est plus un sujet honteux ni un frein à l’autonomisation des femmes et des filles. Cet engagement est une invitation à agir, à informer et à éduquer. Mais surtout à créer un changement positif pour toutes les femmes et les filles en transformant la perception de la menstruation quelque soit le contexte géographique, culturel, économique et social.
Pour Dr Ben Moulaye Idriss, l’objectif spécifique de la journée, c’est aussi d’encourager les décideurs à adopter des politiques facilitant l’accès aux produits menstruels, renforcer la connaissance des adolescentes et des jeunes sur la bonne pratique de l’hygiène des menstrues, impliquer les hommes et les garçons dans la lutte contre la stigmatisation des menstruations. Et également plaider pour l’amélioration des infrastructures sanitaires dans les écoles. C’est dans ce cadre que plus de 60.000 élèves et 300.000 écoles sont sensibilisés à la gestion de l’hygiène des menstrues.
Une mauvaise gestion des menstrues constitue un problème majeur de santé publique. D’après le spécialiste, elle peut entrainer le développement d’infections. C’est pourquoi, son service va organiser une grande campagne de sensibilisation sur la gestion des menstrues, l’utilisation des serviettes hygiéniques, comment éviter d’être surpris par les menstrues et éviter les infections. Des serviettes hygiéniques seront aussi distribuées dans les écoles. LONASR et ses partenaires ont également développé une stratégie dans les écoles pour avoir un paquet de services pour les filles et les garçons.
Pour poursuivre cette stratégie, le directeur de l’Office et son équipe sont en train d’intégrer ces services dans toutes les structures de santé publiques. «Nous ferons en sorte que les autres structures de santé communautaires (environ1.700) puissent avoir le minimum de services pour gérer l’hygiène des menstrues et la santé de la reproduction des jeunes», a promis le conférencier.
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