Dr Samba Konaré
C’est une atteinte des capillaires glomérulaires qui voient augmenter leur perméabilité à l’égard des protéines. «On parle de syndrome néphrotique, lorsqu’il y a un problème de filtration au niveau des reins», explique t-il. Et de souligner que les fuites massives de protéines doivent atteindre un seuil qui est communément appelé protéinurie qui doit dépasser 3g. Quand on constate que dans l’urine, il y a des fuites de protéine mais que ces nombres doivent atteindre 3g en 24h, on parle de protéinurie sur 24h.
D’après notre spécialiste, le syndrome néphrotique est fréquent dans notre milieu : on peut le retrouver en pédiatrie et en âge adulte.
Dr Konaré explique que le syndrome néphrotique survient, lorsque le filtre est trop perméable et que les reins laissent passer dans les urines de grandes quantités de protéines; surtout de l’albumine présente dans la circulation sanguine.
Il y a d’autres causes qui peuvent induire à un syndrome néphrotique. Les causes infectieuses sont généralement les causes parasitaires, c’est une maladie immuno-alergique. Le syndrome néphrotique immuno-allergique a un seuil chez les enfants différent de ce que l’on voit chez les adultes.
Les signes cliniques d’un syndrome néphrotique sont des œdèmes des membres inférieurs, des bouffissures de visage et chez certains l’augmentation du volume de l’abdomen communément appelé acide. Il se manifeste aussi par les pieds qui s’enflent, une urine mousseuse. Chez certains, on peut remarquer les yeux gonflés à chaque réveil.
Il précise que ce sont des signes précurseurs qui peuvent s’installer brusquement. Il indique que ce sont des signes qui sont visibles à l’œil nu chez les personnes âgées et chez les diabétiques ou hypertendues.
Pour y voir net, il faut un bilan biologique qui est le prélèvement des urines. Ce prélèvement va faire ressortir soit la présence de protéine ou de protéinurie qui dépasse les 3g, la présence d’hématurie soit de sang dans l’urine. Le bilan sanguin est là aussi pour accompagner. Sans ce bilan, il n’est pas possible d’affirmer ou de confirmer un syndrome néphrotique. Selon le toubib, la fréquence de la maladie est sous estimée dans notre contexte par ce que les données ne sont pas trop actualisées.
Le traitement du syndrome néphrotique est basé essentiellement sur le régime diététique ou alimentaire. «On applique le régime strict sans sel » précise t-il. Si c’est des causes infectieuses, il faut procéder d’abord par un déparasitage. Mais selon le néphrologue, la base du traitement repose sur la corticothérapie. C’est cette corticothérapie qui va permettre de régulariser les fuites au niveau de la membrane glomérulaire. Selon le docteur, pour faire une corticothérapie, il faut une évaluation du malade. Elle est fait en fonction du poids de chaque patient. En principe, dit-il, si le traitement est bien suivi on doit avoir une amélioration clinique et une amélioration biologique. L’amélioration clinique, c’est que le malade va avoir moins d’œdèmes.
Dr Konaré dit que certains malades peuvent avoir 10, 15g de protéine en 24h. C’est pourquoi, quand le malade commence le traitement en moins de 3 semaines, il faut contrôler si la protéine n’est pas en baisse. Par ailleurs, s’il y a une dépendance de la corticothérapie ou une cortico résistance il faut faire la biopsie rénale. C’est cette biopsie rénale qui va révéler les lésions réelles.
La bonne nouvelle est que dès que le malade suit le traitement à 3 semaines, il peut recouvrer la santé (en 1 ou 2 mois). Cependant, il invite à plus de vigilance, à venir se faire dépister et à prendre les consignes qu’il faut faire pour traiter un syndrome néphrotique. Il a surtout invité la population à plus de vigilance, à se rendre au centre de dialyse pour se faire diagnostiquer et pour mettre un protocole en place qui prévient la maladie rénale et qui va permettre de freiner l’avancer d’un syndrome néphrotique ou une insuffisance rénale.
Il invite également le personnel de santé à veiller à tout cas de proteinéinurie.
Fatoumata NAPHO
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