L’ouverture des travaux a été présidée par le conseiller technique du ministère
des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Drissa Samaké, représentant le ministre de
tutelle. C’était en présence du directeur national de l’hydraulique, Djouoro
Bocoum, président de ladite Commission et du maire de la Commune de Baya,
Ogobara Kodio.Il ressort d’une note d'information fournie à la presse que la
situation hydrologique au cours de la semaine écoulée a été marquée par la
baisse du niveau de tous les cours d’eau à l’exception du fleuve Niger à
Kirango (Markala). Cela est dû aux lâchers du barrage de Sélingué et du Niger
moyen à Diré et Ansongo où la montée se poursuit.
À la station de Koulikoro,
sur le Niger, le niveau d’eau est resté stationnaire. Au niveau des barrages de
Sélingué et de Manantali, les cotes cibles sont atteintes et les lâchers se
poursuivent.
À la date du 28 novembre 2022, les hauteurs d’eau sont
supérieures à celles de l’année dernière à la même date sur tous les cours
d’eau. Les hauteurs d’eau sont supérieures à celles d’une année moyenne à la
même date sur tous les cours d’eau à l’exception du Niger et à la station de
Koulikoro. En perspective, la montée de niveau observée sur le Niger moyen se
poursuivra.
L’année 2022 a été caractérisée par un étiage plus ou moins
sévère entraînant l’arrêt des écoulements sur la Falémé à Gourbassy et le
Bakoye à Oualia, bassin du Sénégal. Au niveau des bassins de Bani et du
Sénégal, la crue est jugée excédentaire, de normale à excédentaire dans le
delta intérieur du Niger et le moyen Niger. Dans le moyen Bani, la crue est
exceptionnelle comparable à celle de 1967 entraînant des inondations dans les
Cercles de San et de Djenné.
«La Commission de gestion des eaux de la retenue
de Sélingué et du barrage de Markala a enregistré un bilan très satisfaisant. En
ce sens que la cote 349 visée a été atteinte depuis le 29 octobre et maintenue
jusqu’au 30 novembre à la cote 349,09. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui, nous
avons un volume d’eau de 2.200.000.000 mètres cubes ont été enregistrés», a
analysé le directeur national de l’hydraulique.
Djouoro Bocoum a souligné que
cette année 9.037.000.000 m3 d’eau sur le Sankarani, sur lesquels 7 milliards
ont été lâchés et déversés pour produire de l’électricité. Selon le président
de la Commission, le volume d’eau (2.200.000.000 m3) stocké jusqu’à ce jour
sera géré pendant toute la période d’étiage pour produire de l’électricité,
développer la production agricole et faire face à toutes les demandes
croissantes des offices (Niger, Ségou et Mopti).
Abondant dans le même sens, Drissa Samaké a indiqué que
depuis sa création en 2002, la Commission a été l’unique cadre de concertation
fonctionnel autour de la gestion des eaux de la retenue de Sélingué et du
barrage de Markala. Pour lui, son bilan est satisfaisant. Le conseiller technique
a, entre autres, énuméré l’élaboration d’une courbe de gestion optimale
annuelle, de consignes de gestion et la veille au respect desdites consignes,
la conciliation des usages pour les besoins de l’agriculture, l’électricité,
l’alimentation en eau potable, la protection de l’environnement, le transport
fluvial à travers le soutien à l’étiage. S’y s'ajoute la gestion des
inondations et pénurie (déficit hydrique de 2017 et crues exceptionnelles de
2018 et 2022).
Le représentant du
ministre en charge de l’Énergie et de l’Eau, a souligné que la Commission est
confrontée à des défis malgré la pertinence de ses missions. Il s’agit, selon
Drissa Samaké, de la difficulté de respecter les consignes de gestion édictées
par elle, l'augmentation de la demande en eau notamment pour les besoins
agricoles, la forte variabilité de la ressource dans le contexte de changement
climatique, l’absence d’ouvrages de contrôle des crues sur le haut-bassin du
Bani.
Les défis ont trait également à l’insuffisance de ressources financières
pour assurer la collecte régulière des données en temps réel et les pertes
d’eau notamment dans la zone de l’Office du Niger. Le maire de la Commune de Baya a saisi l’occasion pour
exprimer, au nom des bénéficiaires des périmètres irrigués du barrage de
Sélingué, le besoin d’eau pour favoriser la culture de contre saison.
Envoyé spécial
Babba B. COULIBALY
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