L’Essor : Le mercredi 11 mars 2026, le Conseil des ministres a adopté un projet d’ordonnance portant création de la Brigade spéciale des mines. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ?
Amadou Keita : Le secteur minier est l’un des piliers essentiels de notre économie. Il contribue significativement aux recettes de l’État, à la création d’emplois, aux exportations et au développement local. Cependant, ce secteur fait face à des défis importants liés à la multiplication des exploitations illégales, au trafic illicite des substances minérales, à l’orpaillage clandestin, mais aussi à d’autres situations qui présentent des risques énormes pour la sécurité du pays, notamment dans certaines zones.
L’État du Mali a pris ce problème à bras-le-corps en mettant en place un cadre juridique renforcé ces dernières années, notamment avec l’adoption du nouveau Code minier, ainsi que certaines dispositions dans le Code pénal et le Code de procédure pénale. Cependant, les dispositions contenues dans ces instruments juridiques se sont révélées insuffisantes face à l’ampleur de ce fléau qui devient de plus en plus structuré et mieux organisé.
C’est face à ce constat, et dans le souci d’apporter une réponse spécialisée et mieux coordonnée entre les services administratifs, judiciaires et les forces de l’ordre, que le gouvernement a décidé de créer la Brigade spéciale des mines. Cette structure permettra d’améliorer la surveillance des activités minières et de renforcer la lutte contre toutes les formes d’exploitation illégale.
L’Essor: Quand est-ce que cette brigade va commencer à fonctionner ? Comment elle sera déployée sur le terrain?
Amadou Keita : Dans le cadre des réformes initiées sous l’impulsion du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, l’État du Mali a instauré une vision claire de ce que doit être le secteur minier en tant que moteur du développement économique. C’est dans cette dynamique qu’il a été décidé de créer un commissariat chargé des activités minières, sous la tutelle duquel sera placée la Brigade spéciale des mines. Cela permettra d’assurer un ancrage institutionnel plus fort, une meilleure durabilité et des moyens adaptés pour agir efficacement sur le terrain. La brigade sera commandée par un commandant nommé par décret présidentiel.
Elle aura une compétence nationale et une composition mixte, avec des officiers et des agents de police judiciaire. Ces derniers seront habilités à constater les infractions, engager les poursuites et procéder à des arrestations conformément aux lois en vigueur. Il est important de préciser que la mission principale de la Brigade spéciale des mines est d’assurer la police judiciaire des mines, de participer à la sécurisation et à la protection des sites miniers, des sites d’orpaillage et des carrières.
La brigade fonctionnera en parfaite adéquation avec le système judiciaire, car elle sera toujours en rapport avec le procureur de la République. Cette collaboration permettra de garantir l’efficacité des interventions et le respect des procédures judiciaires.
L’Essor: Quelles sont les attentes du gouvernement avec la création de la Brigade spéciale des mines ?
Amadou Keita : À travers la création de cette brigade spéciale, le gouvernement entend mener une lutte implacable contre les exploitations illégales des mines et renforcer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national. Il s’agit également de contribuer à la protection de l’environnement et de participer aux actions de réhabilitation de certains sites miniers dégradés par les activités clandestines. Au-delà de sa mission de répression, la Brigade spéciale accompagnera également les inspections lorsque cela sera nécessaire. Elle mènera des actions de sensibilisation, réalisera des enquêtes et recueillera des informations sur les activités minières. Elle aura aussi pour rôle de traiter les informations liées au secteur afin de permettre une meilleure organisation et une meilleure gouvernance des ressources minières.
L’objectif final est d’assainir le secteur minier afin qu’il profite pleinement à l’économie nationale et aux populations.
L’Essor: Quelle assurance donnez-vous aux acteurs qui évoluent dans le secteur minier ?
Amadou Keita : Toutes les actions entreprises ont pour objectif d’assainir le secteur. Nous voulons rassurer les acteurs que toutes les mesures en cours visent à permettre aux opérateurs miniers de travailler en toute sérénité, dans un cadre légal et sécurisé. Les acteurs clandestins seront progressivement extirpés du système afin de créer des richesses durables, de générer des emplois et de faire en sorte que les ressources minières profitent réellement à tous les Maliens. Le gouvernement reste engagé à accompagner les opérateurs respectueux des lois et à garantir un environnement favorable au développement du secteur minier.
Mohamed Lamine H. DICKO
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