Chacune des Miss a gagné un ordinateur portable, une tablette, des kits scolaires et d’hygiène
Le ministre de l’Éducation nationale, Amadou Sy Savané, parrain de l’événement, a présidé la cérémonie de remise des prix aux championnes. Les Miss et leurs dauphines, élèves en 3è, 6è, 8è et 10è années sont venues de 26 Académies du pays. Chacune des cracks a gagné un ordinateur portable, une tablette, des kits scolaires, d’hygiène et une couronne offerts par le ministre Sy Savané, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) et l’opérateur de téléphonie mobile Organe-Mali.
L’élève de 6è année à l’école privée «Espoir», Kadidia A.
Cissé est 2è dauphine exaquo du concours. «Je dois ma place à mon école et ma
famille qui m’ont soutenue. Je redoublerai d’efforts pour être Miss sciences»,
confiera la jeune élève.
Pour la marraine du concours, Mme Doumbo Safiatou Niaré, une scientifique, le mariage ne peut pas freiner les études des filles. Ce sont les conditions matrimoniales et familiales qui constituent des obstacles pour de nombreuses filles. Et de soutenir que la vie est une course de fond et non de vitesse.
La coordonnatrice nationale de «Miss sciences 2023», Pr Diallo
Kadia Maïga a déclaré que le concours permet aux filles de s’inscrire davantage
dans les filières scientifiques. Cela en vue de contribuer au renforcement des
femmes scientifiques bien formées et prêtes à booster la science. Elle ajoutera
aussi que l’initiative de la compétition est partie du constat du fort taux
d’abandon des filles dans les séries scientifiques et techniques, du
déséquilibre notoire entre les matières scientifiques, technologiques,
littéraires et du déficit criard de professeures dans les matières
scientifiques.
La responsable des programmes sciences exactes et naturelles
au bureau de l’Unesco à Bamako, Mme Dicko Oumou Dicko, a révélé que c’est à
cause de la persistance des stéréotypes et des préjugés sexistes que les filles
pensent parfois que les sciences ne sont pas faites pour elles. Ces filles
ratent ainsi une opportunité formidable d’exceller dans les sciences, la
technologie, l’ingénierie et les mathématiques (Stem). La lutte contre les
stéréotypes est une priorité à l’Unesco, a-t-elle précisé, avant de dire
que cette conviction inscrite dans les recommandations de l’Unesco sur une
science ouverte a été adoptée en 2021 par tous les États membres. Elle a
réitéré l’accompagnement de notre pays par l’Unesco afin de lui permettre d’atteindre
les Objectifs du développement durable (ODD4) d’ici 2030. «Chères lauréates,
vous êtes les ambassadrices pour une meilleure fréquentation et le maintien des
filles dans les filières scientifiques», conseillera Mme Dicko Oumou Dicko.
Selon le rapport de suivi des indicateurs du système
éducatif produit par le ministère de l’Éducation nationale en juin 2023, on
constate une évolution positive des effectifs dans l’enseignement secondaire et
technique, s’est réjoui le représentant de l’Unicef, Pierre Ngom, ajoutant que
les effectifs d’élèves sont passés de 5.900 en 2019 à 6.317 apprenants en 2023.
Au cours de la même période, la proportion des filles est passée de 39,7% à
44,3%. Et de proposer de redoubler d’effort pour une parité entre filles et
garçons. «Chères cracks. Vos brillantes prestations assurent une génération
montante de femmes scientifiques. Votre génération servira d’inspiration», fera
remarquer Pierre Ngom.
Mme Hady Sangaré, coordonnatrice unité renforcement économique à ONU-Femmes, qui a souhaité que les cadeaux contribuent au développement de l’enseignement des sciences et techniques, exhortera les lauréates à être des exemples. L’appui de la communauté internationale, a constaté le ministre de l’Éducation nationale, a beaucoup contribué à la participation des femmes et des filles à la science. La dernière étude de l’Unesco a montré que les filles ne représentent que 4,52% des effectifs. Et que plus la durée des études s’allonge, plus les filles sont rares. C’est dans cette perspective que le département, l’Unesco et l’Organisation islamique pour la science et la culture (Icesco) organisent «Miss sciences» pour maintenir les filles à l’école.
Sidi WAGUE
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