#Mali : Production de sucre : Le diagnostic des experts brésiliens

Les solutions qu’ils préconiseront permettront, pour les prochaines années, la production de 300.000 à 500.000 tonnes de sucre. Cela rendra le pays autosuffisant et exportateur net

Publié mardi 20 février 2024 à 07:40
#Mali : Production de sucre : Le diagnostic des experts brésiliens

                               Le ministre Moussa Alassane Diallo échange avec la délégation brésilienne

La volonté des autorités de la Transition est d’oublier définitivement le problème de pénurie récurrente de sucre sur le marché national. Pour apporter une réponse structurelle au déficit en matière de production de sucre dans notre pays, les autorités de la Transition ont fait appel à des experts brésiliens.


Ces spécialistes procéderont à l’évaluation des performances industrielles des unités sucrières Sukala et N-Sukala, des terres agricoles (potentielle de production) et proposeront des variétés de canne à sucre à haut niveau de production et de rendement. Le but poursuivi est d’assurer, significativement, la production agricole mais aussi la productivité et la compétitivité de ces unités industrielles. Les résultats de cette évaluation seront disponibles dans deux mois.


Hier, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a reçu ces experts venus du Brésil, premier pays producteur du sucre au monde. «De l’indépendance à nos jours, le Mali n’a jamais été autosuffisant en production de sucre», a déploré le ministre Diallo, ajoutant qu’à ce problème structurel, c’est toujours une réponse conjoncturelle qui est apportée à travers les importations et les exonérations. Or, les «importations et les exonérations n’ont jamais développé un pays». D’où la décision du ministère en charge de l’Industrie de trouver une solution structurelle nécessitant cette évaluation du secteur.

Le résultat de cette évaluation permettra de bâtir un schéma global (court, moyen et long terme) de production de sucre à la fois sur les performances industrielles et sur les aménagements agricoles. «Nous attendons des experts brésiliens qu’ils nous accompagnent à bâtir ce schéma qui sera présenté au gouvernement dans les mois à venir», a déclaré Moussa Alassane Diallo. Selon lui, les solutions envisagées par les autorités permettront au Mali d’oublier définitivement le problème de pénurie de sucre sur le marché. L’ambition affichée, a révélé le ministre Diallo, est d’assurer pour les «prochaines années la production de 300.000 à 500.000 tonnes de sucre dans notre pays.


Cela de façon à rendre le pays autosuffisant en sucre et faire du Mali, un exportateur net de sucre dans la sous région». Le ministre de l’Industrie et du Commerce a rappelé qu’au nom du respect de la souveraineté, le chef de l’État a posé un principe de base en termes de développement économique de notre pays. Il s’agit d’assurer le développement endogène du Mali qui se repose sur notre capacité à produire nos biens de consommation, d’équipements et de services. «C’est pourquoi, pour apporter une réponse structurelle au déficit en matière production de sucre, nous avons fait appel à des experts brésiliens», a-t-il expliqué.

Le Brésil est le premier producteur de sucre au monde et dispose de l’expertise, la technologie et les techniques les plus avancées au plan mondial en matière de production. Le porte-parole de la délégation brésilienne s’est réjoui d’avoir été sollicité pour réaliser ce diagnostic sucrier et agricole. «Le Brésil est un gros exportateur de sucre, notamment au Mali. Aujourd’hui, nous sommes convaincus que nous avons la solution et nous allons coopérer avec le département en charge de l’Industrie et du Commerce pour réduire le coût de production de sucre. Nous avons tous les éléments et l’expertise au Brésil pour aider le Mali à avoir une meilleure productivité des champs de canne et améliorer les outils industriels», a déclaré Gerard Scerb. Aussi, l’expert a-t-il assuré que son pays dispose des solutions pour le problème de l’énergie auquel le Mali fait face.

Il convient de rappeler qu’une première mission des experts brésiliens avait procédé au diagnostic des performances industrielles de Sukala et de N-Sukala et des terres aménagées pour la production du sucre. La mission avait également vérifié les variétés de canne à sucre et les intrants agricoles utilisés.

Babba COULIBALY

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