Niafunké : Le blues des jeunes diplômés

Lassés de chercher un travail dans la capitale ou désireux de souffler un peu, nombre de jeunes diplômés formés dans les universités et écoles supérieures bamakoises, regagnent leurs localités d’origine avec le mince espoir d’y trouver un emploi. À Niafunké, dans la Région de Tombouctou, le phénomène est manifeste

Publié jeudi 31 août 2023 à 06:06
Niafunké : Le blues des jeunes diplômés

Certains  jeunes passent la journée au Grin au tour du thé

 

Une semaine avant la fête de l’Aïd El Adha, Alidji Maïga est revenu à Niafunké, sa ville natale. Le tout récent titulaire d’une licence en comptabilité est venu célébrer la Fête du mouton avec ses parents qu’il n’avait pas revus depuis plusieurs années à cause des études.

Ce mardi, le frais émoulu d’une faculté de Bamako affiche une élégance de prince. Boubou Bazin bien coupé, souliers cirés et étincelants, le jeune homme de taille imposante gagne le Grin où il passe la majeure partie de la journée autour d’un thé avec ses amis d’enfance et anciens camarades de classe.


Ces derniers sont aussi des diplômés en chômage qui ont cherché en vain un travail et qui sont visiblement démoralisés de ce désœuvrement qui semble sans fin. Le petit groupe de douze personnes a donc décidé de se retrouver quotidiennement à la fois pour tromper l’ennui et pour le plaisir d’être ensemble.

Au Grin, Alidji s’installe dans les pulsions d’un tube de rap qui enveloppe les lieux. Le vacarme n’empêche pas la conversation entre amis. Sonrhaï, anglais et français se croisent au gré des échanges. «Cher ami, bienvenu dans la ville de la galère. Comme tu peux le voir, c’est notre routine ici.

On passe toute la journée sous cet arbre, loin du stress», accueille ironiquement un ami du nouveau venu, soulignant la chance qu’il a de ne pas séjourner longtemps dans la zone. «Tu ne pourras pas supporter», estime un autre. Aliou, le chef de Grin, raconte avoir postulé sans succès à de multiples offres d’emploi.

Aujourd’hui, assure ce diplômé en droit public, il est prêt à accepter n’importe quel travail. Depuis la crise de 2012, note-t-il, des ONG interviennent souvent en ville pour aider les personnes vulnérables et embauchent alors des jeunes ne serait-ce que pour effectuer des enquêtes de terrain ou occuper des postes d’assistant. «Malheureusement, il faut avoir le bras long pour accéder à la plupart de ces emplois», s’énerve le trentenaire.

 

JOB OCCASIONNEL- Aliou se rappelle avec un brin de nostalgie de la dernière activité qui lui a permis de gagner un peu d’argent : c’était à l’occasion du scrutin référendaire du 18 juin 2023, lors duquel il avait été retenu pour un poste d’assesseur. La quasi-totalité des membres du Grin sont logés à la même enseigne : ils trouvent parfois un job occasionnel ou un travail journalier, mais aucun n’a jamais bénéficié d’un contrat de travail depuis la fin de ses études universitaires.

Les jeunes filles, elles, se reconvertissent en grande partie, dans les activités génératrices de revenus (fabrication de savon, teinture, maraîchage, etc.) généralement proposées à leurs sœurs qui n’ont pu faire des études.

Installé à côté d’Aliou, le jeune Garba constate avec regret que depuis son retour dans sa ville d’origine, il n’a même pas vu passer une opportunité de stage de renforcement de capacités dans son domaine a fortiori décrocher un emploi rémunéré. «Souvent, je me demande à quoi ont servi toutes ces années de souffrance et de galère à la faculté.

Quand j’y pense, je perds le contrôle et je pleure en blâmant ma vie», se lamente le jeune sans emploi avant de se ressaisir en rendant hommage à ses parents, grâce auxquels il sait lire et écrire. Et donc, prendre des initiatives.

Garba ne reste pas inactif en attendant un emploi conforme à ses qualifications. Il a appris la menuiserie. Le travail du bois lui procure des revenus occasionnels. Et comme il ne rechigne pas à la tâche, il se fait embaucher comme manœuvre lors de la moisson du riz quand le besoin de main-d’œuvre dans les champs est énorme.

Le benjamin du groupe, Diadjé, confectionne des briques en banco. Il les stocke pour les vendre plus tard, 50 Fcfa l’unité, aux propriétaires de chantiers. Cet argent lui permet de construire petit à petit la maison où il espère habiter avec sa femme.Ainsi s’écoule l’existence du petit groupe d’amis, entre grands espoirs en des lendemains meilleurs, petites galères et travaux ponctuels du quotidien.

Envoyée spéciale

Fadi CISSE

Lire aussi : Efficacité énergétique à Bamako : 20 bâtiments seront audités

Réduire la consommation d’électricité des bâtiments publics et privés tout en améliorant leur performance énergétique, tel est l’objectif du Projet de renforcement des capacités de dix Entreprises de services écoénergétiques (Esco)..

Lire aussi : Facilité du transport sur le corridor Bamako-San Pedro : Le projet réalisé à 82,58%

Le ministère des Transports et des Infrastructures a abrité, hier, la cérémonie d’ouverture des travaux de la 4è session du Comité de pilotage du Projet d’aménagement routier et de facilitation du transport sur le corridor Bamako - Zantièbougou - Boundiali - San Pedro (PR 8)..

Lire aussi : Œuvres sociales du Président de la Transition : 800 kits alimentaires offerts au camp de Kati et au Génie militaire

Chaque kit alimentaire est composé de 50 kg de mil, 50 kg de riz, 50 kg de sucre et d’un bidon d’huile de 20 litres. Ces dons qui arrivent à quelques jours du début du Ramadan et du Carême, sont un véritable soulagement pour les bénéficiaires.

Lire aussi : Santé : ChildFund International harmonise ses actions avec le ministère de la santé et du développement social

La ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel-major Assa Badiallo Touré, a accordé une audience, le mardi 10 février, au nouveau directeur pays de ChildFund International au Mali..

Lire aussi : Programme Tokten : Des résultats satisfaisants

Le ministre Mossa Ag Attaher (c) préside la rencontreLe ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine Mossa Ag Attaher a présidé, mardi 10 février dans les locaux de son département, la cérémonie d’ouverture de la session ordinaire du comité de pilotage .

Lire aussi : Journée des diplomates russes : L’axe Bamako-Moscou se consolide

Le Mali et la Russie sont résolument déterminés à approfondir leur dialogue politique et à coordonner leurs positions de principe sur les questions actuelles de l’agenda mondial et régional à l’ONU et dans d’autres formats multilatéraux. Ces assurances ont été données par l’ambass.

Les articles de l'auteur

Semaine du numérique : E-Gouvernement à l’ère de l’IA

La 3è édition, prévue du 29 au 31 janvier prochain, sera marquée par des compétitions entre les start-up et PME de l’espace AES, cyberdefenseurs juniors et services relevant de l’administration malienne.

Par Fadi CISSE


Publié mercredi 07 janvier 2026 à 08:08

Cyber espace : Le Mali renforce sa viabilité avec le point ML

L’Agence des technologies de l’information et de la communication (Agetic) prévoit un budget de plus de 2,96 milliards de Fcfa pour les Projets de programme d’activités au titre de l’exercice 2026..

Par Fadi CISSE


Publié mardi 30 décembre 2025 à 08:36

Orange digitale : MAX IT TV voit le jour

Orange Mali vient de franchir une nouvelle étape en lançant « Max it TV », une évolution majeure qui redéfinit l’accès au divertissement. La cérémonie organisée à cet effet, lundi dernier, dans un hôtel, a été présidée par la directrice marketing d’Orange Mali, Mme Kané Adrienne Habibatou Keïta, en présence de plusieurs invités..

Par Fadi CISSE


Publié lundi 29 décembre 2025 à 08:58

BNDA : Une performance renforcée à partir de 2026

La BNDA a injecté près de 433 milliards de Fcfa dans le financement de l’économie malienne en 2024.

Par Fadi CISSE


Publié lundi 29 décembre 2025 à 08:53

Amap : Le budget 2026 estimé à 2,510 milliards de Fcfa

Pour l’exercice 2026, l’Agence malienne de presse et de publicité (Amap) prévoit un budget de plus de 2,510 milliards de Fcfa contre plus de 2,462 milliards de Fcfa en 2025, soit une augmentation de 1,01% pour un montant de près de 50 millions de Fcfa..

Par Fadi CISSE


Publié vendredi 19 décembre 2025 à 09:11

Titre Apurement de la dette intérieure : l’État rétablit la confiance avec le secteur privé

Avec le paiement de 312 milliards de dette intérieure, les entreprises peuvent relancer leurs investissements, financier l’achat de nouveaux intrants et honorer leurs propres dettes.

Par Fadi CISSE


Publié mercredi 17 décembre 2025 à 12:25

Drissa Meminta : Un activiste noble

Moyenne de taille, teint d’ébène, sourire aux lèvres, il nous accueille avec courtoisie et beaucoup d’enthousiasme ce lundi matin (8 décembre) dans son bureau sis à l’ACI 2000 en Commune IV du District de Bamako. Lui, c’est Drissa Meminta, activiste sur les réseaux sociaux..

Par Fadi CISSE


Publié vendredi 12 décembre 2025 à 08:23

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner