Les grosses pastèques sont cédées à 1.000 Fcfa l’unité, les moyennes entre 750 et 500 Fcfa
Souleymane Diarra vend des pastèques depuis dix ans, au marché de Ouolofobougou en Commune IV du District de Bamako. Il explique que l’origine des fruits varie selon la période. En ce moment, les pastèques proviennent de Kati, Faladié, Kolokani et environs. Actuellement, les pastèques disponibles sont celles de la saison des pluies, cultivées dans la zone du Bélédougou. Durant la saison chaude, elles viennent plutôt des Régions de Ségou et de Bougouni. Le commerçant insiste sur le fait que toues ses pastèques sont produites au Mali. Il n’importe rien de l’extérieur.
Dans notre pays, grâce à de nombreux jardiniers qui cultivent dans leurs jardins et garages, il est possible d’avoir des pastèques même pendant la saison sèche. «Ce sont ces pastèques de garage que nous vendons pendant le mois de ramadan et jusqu’à l’arrivée de la vraie saison», informe Souleymane Diarra, ajoutant que les prix varient aussi selon les périodes et la taille des fruits. En détail, les grosses pastèques sont cédées à 1.000 Fcfa l’unité, les moyennes entre 750 et 500 Fcfa.
Si Souleymane fait des bénéfices, il reconnaît que les pertes sont inévitables. «Certaines pastèques pourrissent avant la vente. Souvent, des éleveurs viennent les récupérer pour nourrir leurs bétails», dit le commerçant qui estime que ces pertes sont surtout liées à la mauvaise qualité du fruit et à la durée du transport. «Lorsque les voitures mettent trop de temps ou que la pastèque n’est pas de bonne qualité, elle pourrit vite», déplore-t-il.
Au marché de Lafiabougou, en Commune IV du District de Bamako, Daouda Diabaté est vendeur de pastèques depuis vingt-cinq ans. Il rappelle que la saison actuelle est celle des pastèques de saison pluvieuse. Lui, il s’approvisionne à Djiman, Kolobani et Kita. «Nous partons nous-mêmes acheter chez les agriculteurs, puis nous louons des véhicules pour transporter la marchandise jusqu'au marché. Les dépenses de route, le prix d’achat et les risques liés au transport influencent directement le prix final. Si un fruit est acheté à 1.500 francs, ils le revendent à 2.000 Fcfa», explique Diabaté qui propose ses pastèques aussi bien en gros qu’en détail.
Le commerçant évoque également les pertes liées au transport : les secousses des véhicules et parfois les engrais utilisés font pourrir les fruits. Il explique : «On n’a aucun bénéfice sur une pastèque abîmée et, en plus, on doit payer des gens pour s’en débarrasser. Pour dégager les fruits pourris, on dépenser 15.000 Fcfa».
Au marché Wônida, dans le centre ville de Bamako, Sitan Diarra vend la pomme cannelle appelée «sounsoun». Ses marchandises viennent de Faladié, en Commune VI du District de Bamako, derrière la gendarmerie. Ce travail représente pour elle une contribution directe aux dépenses de la maison et à l’éducation de ses enfants. Ses prix sont accessibles : 100, 150, 200 ou 250 Fcfa le tas. Elle nous apprend que ces pommes proviennent de Ouélessébougou. Lorsqu’elle achète le «sounsoun» en gros, elle dépense environ 15.000 Fcfa. Après déduction des transports et autres dépenses, elle gagne entre 3.000 et 4.000 Fcfa. Certains fruits ne sont pas mûrs à l’arrivée : «Je les mets dans un grand panier que je couvre pendant deux jours pour les faire mûrir. Je n’utilise pas de charbon», explique la commerçante.
Korotoum Sidibé, également vendeuse de pommes cannelle et de goyaves à Wônida, confirme que les fruits arrivent en différentes qualités. Certains ont des trous, d’autres sont gros ou petits. Le «sounsoun» n’est jamais mûr quand il arrive. Le principal problème pour les commerçantes d’ici demeure l’espace. Elles ont du mal à trouver un endroit pour faire mûrir leurs fruits. «Les maris refusent parfois que ce travail soit fait sous leurs toits, alors nous nous contentons des coins entre les boutiques», déplore Korotoum.
Ramata Fané vient d’acheter cinq de ces fruits à 500 Fcfa, pour sa belle-mère qui adore ce fruit à cause de son goût et de ses vertus thérapeutiques. À des kilomètres du marché Wônida, précisément à Sirakoro Meguetana, nous rencontrons Salimata Diallo auprès d’une vendeuse de goyaves. Elle en achète pour 500 Fcfa. «Mes enfants aiment ce fruit. Ils le découpent pour en faire de la salade de goyave. Mon médecin m’a aussi dit que la goyage est riche en vitamine C», confie la ménagère.
Fatoumata Mory SIDIBE
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