L’industrie textile génère des quantités astronomiques de tissus en tout genre. Ces étoffes sont utilisées pour confectionner des habits pour la population. Mais comme toute activité industrielle ou artisanale, elle génère aussi des résidus qui posent de gros soucis de recyclage. De plus en plus, ces résidus ou chutes de tissus (donc des morceaux d’étoffes) qui traînent sous les pieds des tailleurs dans les ateliers de couture, retrouvent une utilité à travers le recyclage.
Le recyclage du textile s’impose aujourd’hui comme un enjeu crucial pour la protection de l’environnement. Après la confection de vêtements, les chutes de tissus, souvent considérées comme de simples déchets, possèdent pourtant un fort potentiel de revalorisation. Le recyclage consiste ainsi à récupérer, traiter et valoriser ces textiles usagés pour leur redonner une utilité concrète. Jeter ces coupons contribue à l’encombrement des décharges et peut aggraver les effets du changement climatique, à l’instar des plastiques qui polluent la nature.
Malgré cette réalité, de nombreux tailleurs ignorent encore que ces coupons peuvent être transformés plutôt que de finir dans les poubelles. Ba Sanogo, tailleur dans le quartier de Dravela Bolibana depuis une vingtaine d’années, souligne qu’une grande partie de ses coupons n’est pas recyclée. Si certains morceaux sont transformables, d’autres finissent au rebut, générant une pollution visuelle et physique qui pèse sur les artisans.
Avec cinq machines et plusieurs apprentis, son atelier produit une telle quantité de chutes que, lors des fêtes, il doit payer 1.000 Fcfa par sac de 50 kg pour s’en débarrasser. Bien que certains clients récupèrent leurs propres coupons, d’autres, qui venaient autrefois les acheter pour les transformer, se font rares. Pour éviter l’encombrement de son espace de travail, le couturier se voit souvent obligé de les jeter.
À Sirakoro Méguétana, Bourama Sanogo partage ce quotidien difficile. Devant sa table de coupe, un tissu Wax en main, il contemple les nombreux coupons éparpillés à ses pieds, issus de sa production journalière. Pour lui, l’unique issue reste la décharge, ce qui lui coûte environ 5.000 Fcfa par mois en frais d’enlèvement. Parfois, des enfants les récupèrent pour confectionner des habits de poupées.
Une nouvelle génération d’artisans mise sur l’économie circulaire. Mariam Coulibaly, récemment diplômée, a appris à transformer les coupons en coussins, chouchous pour cheveux ou vêtements de poupées. Sa technique consiste à utiliser un tissu en popeline comme matériau de base, qu’elle rembourre de chutes, puis de le recouvrir d’un tissu esthétique pour créer des oreillers très prisés par sa clientèle. Cette approche lui permet de réduire considérablement sa production de déchets.
DES TENUES «BAYE FALL»- Kadiatou Famanta, doyenne de 81 ans installée à Banankabougou, a fait de la collecte des coupons sa spécialité depuis 1973. Elle achète des sacs de tissus entre 3.000 et 5.000 Fcfa pour les trier par matière, comme le Wax ou le Basin. Grâce à son savoir-faire, elle confectionne des robes, des pagnes, des tenues «Baye Fall» (le nom d’une communauté religieuse du Sénégal), des culottes ou des chemises qu’elle revend entre 500 et 7.500 Fcfa. Pour elle, jeter ces coupons revient à saturer inutilement les dépôts de transit alors qu’ils représentent une ressource économique réelle.
Cette vision est partagée par Mme Koné Oumou Diop, directrice de la Maison de la femme, de l’enfant et de la famille de la rive gauche (Mafef-RG). Face à l’importante production de chutes de ses quatre salles de couture, elle a initié la transformation des déchets en oreillers. De plus, 15 jeunes filles y ont été formées pour fabriquer des sacs destinés au transport de condiments. Ces sacs lavables et durables permettent de se débarrasser des sachets plastiques et d’éviter des achats répétitifs. Ces coupons servent également à la confection de petites culottes pour bébés.
À l’échelle industrielle, la gestion des déchets devient un levier financier. Ibrahim Samaké de la Compagnie malienne des textiles (Comatex), explique que l’entreprise valorise presque tous ses rebuts: emballages, ferrailles, résidus de coton ou pièces usées. Cette gestion permet à la compagnie de réaliser un chiffre d’affaires annuel de plus de 50 millions de Fcfa. Les résidus de coton sont notamment transformés en engrais. Quant aux produits chimiques, ils subissent un traitement avec des agents destructifs avant d’être évacués vers le fleuve Niger. Selon Ibrahim Samaké, l’impact environnemental de ces déchets reste limité à 5% par rapport aux avantages qu’ils procurent.
Enfin, des initiatives innovantes comme celle de Issa Diakité, de l’entreprise Iso Sahel, utilisent les déchets textiles pour l’isolation thermique des bâtiments. Ce procédé favorise l’économie d’énergie et le confort thermique tout en créant des emplois locaux, puisque ce sont des femmes couturières qui collectent et vendent les tissus pour cette transformation. Ce matériau isolant, souvent ignifugé pour répondre aux normes de sécurité, démontre que le recyclage textile peut s’intégrer dans des secteurs techniques de pointe tout en protégeant l’environnement.
Fatoumata Mory SIDIBE
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