Petits cadeaux pour les enfants : Entre joie et friction dans les familles

Les pères de famille ont intégré ce réflexe d’apporter des casse-croûte, des fruits voire d’autres présents à leurs épouses et enfants. Certains s’endettent pour accomplir ce geste par peur de se voir passer à la savonnette

Publié lundi 24 juillet 2023 à 05:02
Petits cadeaux pour les enfants : Entre joie et friction dans les familles

Apporter des petits cadeaux ou des fruits à la famille est en train de s’imposer comme une règle non écrite

 

 

L’arrivée de Madou ne surprend jamais les enfants de la famille. La pétarade et la fumée de sa moto de marque «Yamaha Mate», le trahissent toujours. Mais ce père de famille s’identifie plus par deux sachets noirs qui restent invariablement scotchés au guidon de son engin à deux roues.

Sa progéniture exprime invariablement la même joie à l’accueillir et se précipite sur les deux sachets noirs pour y découvrir le contenu. Souvent des casse-croûte, des fruits et parfois d’autres présents. C’est le même rituel à chaque retour de Madou à la maison souvent sous le regard médusé de l’épouse de son jeune frère (sa belle-sœur). Cette dernière frustrée, ne rate pas d’occasion de passer ses nerfs sur ses enfants qu’elle houspille. «Votre incapable de père nous met toujours la honte. Il ne peut même pas nous apporter un kilo de bananes dans un sachet», fulmine-t-elle, avant de s’en prendre à sa petite fille âgée de 3 ans.

Ali, le plus aisé de la fratrie, rapporte ce jeudi deux gros sachets bleus. Sa femme Binta et tous les enfants sont ravis de l’accueillir, car les mômes savent qu’ils vont savourer des yaourts, des chips, des gâteaux et beaucoup d’autres friandises. Place à la distribution générale. Apporter des petits cadeaux ou des fruits à la famille est en train de s’imposer comme une règle non écrite. Est-ce désormais un «sport national» ? La vie en famille ou dans une cour commune est souvent à l’origine de frictions entre frères et colocataires. Au point de devenir parfois compliquer pour les pères de famille de retourner à la maison les mains vides, sous peine de se voir passer la savonnette par des épouses égoïstes et difficiles à vivre.

 

Obligation de s’endetter- Ces conjointes créent une malsaine rivalité entre frères, mais aussi entre voisins. Binta apprécie naturellement de voir son époux revenir du travail avec des casse-croûte ou des présents pour la famille. «Mais, quand il n’en ramène pas, je ne me plains pas du tout», explique la mère de trois enfants. Malheureusement, toutes les épouses ne sont pas compréhensives comme Binta. Certaines exigent de leurs conjoints l’impossible. Ce qui peut être à l’origine d’un déséquilibre dans le foyer, au sein de la famille ou dans la vie en commun.

Barouni Sidibé vit cette situation. Surnommé Barouni Gamby, ce mécanicien a des revenus irréguliers, car il est fortement dépendant des sollicitations des automobilistes. Il lui arrive de connaître des périodes où les automobilistes ne se bousculent aux portillons de son garage. Désargenté, il est pourtant contraint d’acheter à crédit deux ou trois kilos de fruits chez une vendeuse pour la maison en vue de faire plaisir à sa femme. «Le jour où je rentre les mains vides, elle me blâme», confie le mécanicien.

Mohamed Diawara subit la même pression. Informaticien dans une structure privée de la place, il est aussi obligé souvent de s’endetter. Il se dit prêt à faire le maximum pour rendre ses enfants heureux et les voir s’épanouir.

Ces emplettes de fin de journée de travail ne profitent pas qu’aux familles. Les vendeuses aussi se frottent les mains. Installée devant une structure publique, depuis des années, Tata vend de la pomme de terre, de l’oignon, de la tomate, du quinquéliba  et bien d’autres choses. À la demande de sa clientèle, la vieille dame fournit les clients dans leurs bureaux même lorsqu’ils n’ont pas d’argent pour payer sur le champ. «Ce service est comme ma deuxième famille. Mes clients me remboursent toujours et c’est grâce à eux que mon commerce prospère. J’arrive ainsi à subvenir à mes petites dépenses. D’ailleurs, certains d’entre eux m’accordent des pourboires», déclare la vendeuse.

Pour Boubacar Traoré, professeur d’enseignement secondaire, un homme qui sort pour aller travailler doit forcément apporter un cadeau à la famille. Il s’empresse de préciser que c’est à condition d’avoir de l’argent. Comme cela, soutient-il, la femme ainsi que les enfants seront fiers de l’homme. De son point de vue, le geste est un signe de respect, mais aussi de responsabilité. Pour le pédagogue, il est clair que si l’homme n’a pas les moyens, il ne devrait pas y avoir de problème parce qu’il faut s’assumer en tant que chef de famille et remettre à sa place une femme qui veut tenir son conjoint à l’impossible. Il nous renvoie aux coutumes et traditions  qui stipulent clairement  que la femme ne doit rien exiger d’extraordinaire à son conjoint.

Fadi CISSE

Lire aussi : Efficacité énergétique à Bamako : 20 bâtiments seront audités

Réduire la consommation d’électricité des bâtiments publics et privés tout en améliorant leur performance énergétique, tel est l’objectif du Projet de renforcement des capacités de dix Entreprises de services écoénergétiques (Esco)..

Lire aussi : Facilité du transport sur le corridor Bamako-San Pedro : Le projet réalisé à 82,58%

Le ministère des Transports et des Infrastructures a abrité, hier, la cérémonie d’ouverture des travaux de la 4è session du Comité de pilotage du Projet d’aménagement routier et de facilitation du transport sur le corridor Bamako - Zantièbougou - Boundiali - San Pedro (PR 8)..

Lire aussi : Œuvres sociales du Président de la Transition : 800 kits alimentaires offerts au camp de Kati et au Génie militaire

Chaque kit alimentaire est composé de 50 kg de mil, 50 kg de riz, 50 kg de sucre et d’un bidon d’huile de 20 litres. Ces dons qui arrivent à quelques jours du début du Ramadan et du Carême, sont un véritable soulagement pour les bénéficiaires.

Lire aussi : Santé : ChildFund International harmonise ses actions avec le ministère de la santé et du développement social

La ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel-major Assa Badiallo Touré, a accordé une audience, le mardi 10 février, au nouveau directeur pays de ChildFund International au Mali..

Lire aussi : Programme Tokten : Des résultats satisfaisants

Le ministre Mossa Ag Attaher (c) préside la rencontreLe ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine Mossa Ag Attaher a présidé, mardi 10 février dans les locaux de son département, la cérémonie d’ouverture de la session ordinaire du comité de pilotage .

Lire aussi : Journée des diplomates russes : L’axe Bamako-Moscou se consolide

Le Mali et la Russie sont résolument déterminés à approfondir leur dialogue politique et à coordonner leurs positions de principe sur les questions actuelles de l’agenda mondial et régional à l’ONU et dans d’autres formats multilatéraux. Ces assurances ont été données par l’ambass.

Les articles de l'auteur

Semaine du numérique : E-Gouvernement à l’ère de l’IA

La 3è édition, prévue du 29 au 31 janvier prochain, sera marquée par des compétitions entre les start-up et PME de l’espace AES, cyberdefenseurs juniors et services relevant de l’administration malienne.

Par Fadi CISSE


Publié mercredi 07 janvier 2026 à 08:08

Cyber espace : Le Mali renforce sa viabilité avec le point ML

L’Agence des technologies de l’information et de la communication (Agetic) prévoit un budget de plus de 2,96 milliards de Fcfa pour les Projets de programme d’activités au titre de l’exercice 2026..

Par Fadi CISSE


Publié mardi 30 décembre 2025 à 08:36

Orange digitale : MAX IT TV voit le jour

Orange Mali vient de franchir une nouvelle étape en lançant « Max it TV », une évolution majeure qui redéfinit l’accès au divertissement. La cérémonie organisée à cet effet, lundi dernier, dans un hôtel, a été présidée par la directrice marketing d’Orange Mali, Mme Kané Adrienne Habibatou Keïta, en présence de plusieurs invités..

Par Fadi CISSE


Publié lundi 29 décembre 2025 à 08:58

BNDA : Une performance renforcée à partir de 2026

La BNDA a injecté près de 433 milliards de Fcfa dans le financement de l’économie malienne en 2024.

Par Fadi CISSE


Publié lundi 29 décembre 2025 à 08:53

Amap : Le budget 2026 estimé à 2,510 milliards de Fcfa

Pour l’exercice 2026, l’Agence malienne de presse et de publicité (Amap) prévoit un budget de plus de 2,510 milliards de Fcfa contre plus de 2,462 milliards de Fcfa en 2025, soit une augmentation de 1,01% pour un montant de près de 50 millions de Fcfa..

Par Fadi CISSE


Publié vendredi 19 décembre 2025 à 09:11

Titre Apurement de la dette intérieure : l’État rétablit la confiance avec le secteur privé

Avec le paiement de 312 milliards de dette intérieure, les entreprises peuvent relancer leurs investissements, financier l’achat de nouveaux intrants et honorer leurs propres dettes.

Par Fadi CISSE


Publié mercredi 17 décembre 2025 à 12:25

Drissa Meminta : Un activiste noble

Moyenne de taille, teint d’ébène, sourire aux lèvres, il nous accueille avec courtoisie et beaucoup d’enthousiasme ce lundi matin (8 décembre) dans son bureau sis à l’ACI 2000 en Commune IV du District de Bamako. Lui, c’est Drissa Meminta, activiste sur les réseaux sociaux..

Par Fadi CISSE


Publié vendredi 12 décembre 2025 à 08:23

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner