Poste : Le secteur souffre de la concurrence et de l’informel

À l’instar des autres pays, le Mali célèbre aujourd’hui, la Journée mondiale de la Poste. À cette occasion, nous nous sommes entretenus avec Idrissa Ly, directeur du département des postes de l’Autorité malienne de régulation des télécommunications, des technologies de l’information et de la communication et des postes (AMRTP), sur les difficultés, défis et innovations de l’environnement postal malien

Publié mardi 11 octobre 2022 à 05:36
Poste : Le secteur souffre de la concurrence et de l’informel

Idrissa Ly, directeur du département  des postes de l’AMRTP

 

Sans langue de bois, le directeur du département des postes de l’AMRTP fait savoir que le secteur postal malien ne se porte pas très bien. Selon lui, la Poste a pâti de certains choix politiques faits dans notre pays à la fin des années 1980, sous l’injonction des institutions de Bretton Woods qui ont abouti à la séparation des postes des télécoms qui apportaient suffisamment de ressources au secteur.

Au même moment, les services financiers, partie essentielle permettant à la Poste de vivre économiquement, ont été retirés de l’activité postale, notamment les chèques et comptes postaux. Conséquence : ce grand service public déployé sur l’ensemble du territoire avec une administration lourde, n’avait pas suffisamment de ressources pour se maintenir en état afin d’innover et de créer de nouveaux produits.

Aussi, le secteur postal a été ouvert à la concurrence. Les opérateurs privés se sont positionnés essentiellement dans les activités rentables comme le courrier express et les colis. «Cet environnement n’a pas favorisé le service des postes qui a connu des problèmes internes et qui doit aussi se reformer pour être dans la posture d’accompagner le processus du changement, en même temps l’ère du numérique a sonné», explique Idrissa Ly, ajoutant que la Poste doit nécessairement se moderniser, en investissant dans les infrastructures, la logistique et les ressources humaines.

Selon Idrissa Ly, le postier d’hier qui s’occupait des courriers, n’est pas forcément celui qui est dans la digitalisation. Puisque c’est la concurrence avec d’autres acteurs. Le postier, de son point de vue, doit avoir des compétences en matière de marketing et pouvoir rendre l’activité postale plus lucrative. Il ajoute que les acteurs privés ont des difficultés aussi, compte tenu du poids important de l’informel dans le secteur. «Beaucoup sont dans l’informel sans le savoir et d’autres le savent mais, profitent de certaines positions pour rafler la partie importante qui rapporte de l’argent dans l’activité postale», souligne notre interlocuteur, précisant qu’à ce jour,  seuls 11 opérateurs privés sont enregistrés auprès du régulateur. Le reste évolue dans l’informel.

 INNOVATIONS- Pour Idrissa Ly, l’incomplétude des textes réglementaires pénalise la régulation qui est aujourd’hui un impératif. En effet, selon la loi, les acteurs du marché postal doivent passer par la contractualisation. Les acteurs postaux de notre pays ont l’obligation de signer des licences. Il y a deux types de licences. La licence globale pour tous les opérateurs qui veulent travailler sur le marché national et international et la licence simple réservée seulement aux opérateurs qui sont sur le marché malien. «Nous veillons à ce que les gens signent ces cahiers de charge et de les respecter», explique le directeur.

Idrissa Ly pense tout de même que les postes sont dans la numérisation aujourd’hui comme les courriers hybrides qui sont faits sur la base du numérique. La Poste se positionne sur le service administratif postal. En tant qu’opérateur véritablement reconnu par l’État et agissant à ce titre,  la Poste, selon notre interlocuteur, peut servir de centre de commande d’actes administratifs ou tout autre document qui peut aider les citoyens à gagner du temps et à économiser sur ses  ressources.

À ces innovations, s’ajoute le commerce électronique. À partir des plateformes qui sont en train d’être mises en place, le service peut aider à ce que les citoyens fassent des commandes à l’extérieur. Le processus d’acheminement et de distribution jusqu’à domicile est assuré par la Poste. Mieux, la Poste est en train de se renforcer dans les services financiers postaux. À travers les cartes, les postiers sont dotés de codes USSD pour offrir des services à valeur ajoutée.

Pour Idrissa Ly, il y a besoin d’avoir un document de politique nationale, où on définit une vision claire, et qui arrête des axes prioritaires, les stratégies et les moyens qu’il faut. Ce document est indispensable pour le développement du secteur. 

Babba COULIBALY

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