Une vue de la salle lors de la rencontre
Le rendez-vous hebdomadaire consacré à la situation des hydrocarbures s’est tenu, hier dans la salle de conférence du département en charge du Commerce. Présidée par le ministre du Commerce et de l’Industrie, Moussa Alassane Diallo, la rencontre a réuni les principaux acteurs de la chaîne d’approvisionnement, afin d’évaluer l’état des stocks, les difficultés rencontrées et les solutions à mettre en œuvre en vue de garantir un approvisionnement régulier du pays en produits pétroliers.
Une préoccupation majeure portait sur les éventuelles conséquences de la fermeture du détroit d’Ormuz, dans un contexte marqué par la recrudescence des tensions entre l’Iran d’un côté, les États-Unis et Israël de l’autre. Même si le Mali n’est pas directement connecté à cette voie maritime stratégique, certains s’inquiètent des répercussions sur les marchés mondiaux et des possibles perturbations sur les chaînes d’approvisionnement.
Faut-il alors craindre une nouvelle flambée des prix à la pompe ? Le pays dispose-t-il de suffisamment de réserves pour faire face à une éventuelle crise mondiale du pétrole ? Les autorités se veulent rassurantes. Selon le directeur général de la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC), Zedion Dembélé, les stocks disponibles sont globalement rassurants. Du 1er au 7 juin, le Mali a enregistré un volume de plus de 31 millions de litres de carburant, représentant un taux de couverture de 15 %.
À la date du 9 juin, les stocks atteignaient près de 32,9 millions de litres. Concernant l’approvisionnement de l’intérieur du pays, la Région de Mopti a reçu 26 citernes réparties entre Mopti, Bandiagara et Douentza. 18 autres citernes ont été mises à la disposition de la Région de Ségou. Toutefois, il y avait des appréhensions diffuses pour certaines localités, notamment à Nara et Dioïla.
Il est bon de préciser qu’à la date du 10 juin dernier, 622 citernes étaient recensées sur les différents corridors d’approvisionnement du pays. À ce propos, le ministre Moussa Alassane Diallo a appelé à une meilleure anticipation, afin d’éviter toute rupture dans l’approvisionnement correct et régulier du pays. Face à la psychose des rumeurs et la fraude, les autorités ont décidé de sanctionner. Selon le ministre Diallo, l’heure n’est plus à la sensibilisation mais à la répression. «Nous n’hésiterons pas à durcir les sanctions pour mettre fin définitivement à ce casse-tête qu’est la fraude», a-t-il averti.
Et d’évoquer quelques mesures applicables telles la fermeture de stations-service en infraction, les poursuites judiciaires, voire l’emprisonnement des fraudeurs. Une autre inquiétude avait trait à une éventuelle tension sur le Super. Les professionnels du secteur parlent d’une forte demande de ce produit dont le stock disponible est actuellement de 30% dans le pays contre 70% pour le gasoil. La question de la diversification des corridors d’approvisionnement a été largement partagée.
Autre dossier sensible : la fixation des prix. Face aux divergences persistantes entre les différents acteurs, le ministre a demandé la tenue urgente d’une réunion de concertation afin de dégager des propositions consensuelles et préserver la stabilité du marché. Enfin sur la fermeture du détroit d’Ormuz, Moussa Alassane Diallo a apaisé les esprits.
Il a estimé que le Mali dispose encore d’une marge de manœuvre suffisante pour anticiper sur d’éventuelles perturbations. In fine, les autorités rassurent que le pays n’est pas menacé par une pénurie immédiate.
Mariam A. TRAORÉ
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