Un magasin de stockage d’engrais
Derrière cette décision, se dessine une ambition plus large : réduire les charges des exploitants, stimuler la production et faire de l’agriculture l’un des piliers de la souveraineté alimentaire du Mali.
Au champ, chaque sac d’engrais compte. Pour le producteur, son prix peut faire la différence entre une parcelle correctement fertilisée et une récolte compromise. C’est justement sur ce levier que l’État entend agir pour la campagne agricole 2026.
Une décision du ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, fixe les prix repères et les prix de cession des intrants agricoles bénéficiant de la subvention publique. Le choix est clair : maintenir l’engrais à un niveau accessible pour les producteurs, malgré le coût réel de ces intrants. Ainsi, l’urée et le NPK affichent chacun un prix repère de 27.000 Fcfa le sac de 50 kg, tandis que celui du DAP est fixé à 32.000 Fcfa.
Mais grâce à la subvention, ces trois engrais sont cédés au producteur à seulement 15.000 Fcfa le sac. La différence entre le prix repère et le prix payé par l’agriculteur illustre l’effort consenti par les pouvoirs publics. L’objectif est de contenir le poids des intrants dans les charges d’exploitation et de permettre au plus grand nombre de producteurs d’accéder aux fertilisants nécessaires à l’amélioration des rendements.
L’État n’oublie pas les producteurs des zones où l’acheminement des intrants coûte plus cher. À Kéniéba, Nioro, Ténenkou, Youwarou ainsi que dans les Régions de Tombouctou et de Gao, les prix repères sont majorés de 1.500 Fcfa par sac pour prendre en compte les frais d’approche. Là encore, le prix de cession des engrais minéraux subventionnés reste fixé à 15.000 Fcfa pour le producteur. La mesure s’étend également aux engrais organiques, cédés à 3.000 Fcfa le sac de 50 kg.
Les semences et autres intrants bénéficient eux aussi de prix encadrés : le kilogramme d’Ovalis est fixé à 17.500 Fcfa et celui du maïs hybride à 1.500 Fcfa. Au-delà de la simple question des prix, cette politique porte un message : la souveraineté alimentaire commence dans les champs. En facilitant l’accès aux intrants, l’État cherche à créer les conditions d’une production plus importante et plus régulière. L’enjeu est considérable. Une agriculture capable de produire suffisamment pour nourrir la population contribue à réduire la dépendance aux importations, à stabiliser l’approvisionnement des marchés et à renforcer les revenus du monde rural.
La subvention apparaît donc comme un investissement autant économique que social. Elle protège le producteur contre une partie des coûts de production, mais elle vise également le consommateur, puisque l’augmentation de la production peut contribuer à améliorer l’offre alimentaire nationale. Pour le Mali, le défi est désormais de transformer cet effort public en rendements plus élevés, en revenus améliorés pour les exploitants et en disponibilité accrue des produits agricoles. Le sac d’engrais à 15.000 Fcfa n’est ainsi pas seulement un prix : il constitue l’un des instruments d’une politique visant à faire de l’agriculture un véritable moteur de la souveraineté.
Mariam A. TRAORÉ
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