#Mali : Dr Choguel Kokalla Maïga à propos des élections : «Aussi longtemps qu’on n’aura pas réglé la question de l’insécurité, aller aux élections, c’est juste un discours»

Le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga a rencontré des représentants de partis politiques à sa demande, lundi dernier à la Primature.

Publié mercredi 27 mars 2024 à 06:00
#Mali : Dr Choguel Kokalla Maïga à propos des élections : «Aussi longtemps qu’on n’aura pas réglé la question de l’insécurité, aller aux élections, c’est juste un discours»

Objectif : expliquer les raisons de certains choix et de certaines orientations prises par la Transition depuis sa rectification, tout en réitérant la main tendue du gouvernement à l’ensemble de la classe politique conformément à la volonté du chef de l’État. C’était en présence du ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions, Ibrahim Ikassa Maïga et de la ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée des Réformes politiques et institutionnelles, Mme Fatoumata Sékou Dicko. Y étaient également des représentants de plusieurs formations politiques. 

Le chef du gouvernement a, d’entrée de jeu, placé les choses dans leur contexte. «Quand nous venions après la rectification de la Transition, le 7 juin 2021, la situation était très claire pour nous. Si jamais on élisait un président tout de suite, dans quelques mois, il allait tomber», a-t-il rappelé. Pour lui, jamais dans l’histoire, une nation ne s’est reconstituée à partir des élections. Ce sont des gens déterminés qui assurent la sécurité et après, l’ensemble du peuple fait des élections. Il a expliqué que les élections sont un élément de la démocratie. Et d’admettre que la démocratie ne peut aussi marcher sans les élections. «Aussi longtemps qu’on n’aura pas réglé la question de l’insécurité, aller aux élections, c’est juste un discours», a-t-il martelé.

Pour Dr Choguel Kokalla Maïga, c’est pourquoi il y avait une incompréhension entre une partie de la classe politique et l’élite dirigeante. «Nous avons analysé la situation, on est arrivé à deux conclusions», a fait remarquer le chef du gouvernement. La première, c’est d’imposer la force de l’État malien. Sans cela on va continuer à changer de régime. La deuxième, c’est que l’ensemble des forces internationales constitue une camisole de force qu’on a mise sur le Mali. Il faisait sans doute référence à la Minusma, à Barkhane, au G5 Sahel… Et depuis leur départ, selon le chef du gouvernement, la grande offensive militaire déclenchée par les Forces armées maliennes (FAMa) a permis d’aller dans les sanctuaires des terroristes.

 «Avant, ils venaient attaquer les villages. Cette fois-ci on va dans leurs bases, là où ils ont leur logistique pour les détruire», s’est-il réjoui. Toutes choses qui ont rendu possible la reprise par l’Armée malienne de localités aussi stratégiques comme Ber, Annefis, Tessalit, Aguelhoc et Kidal. Preuve du manque de sincérité de certains partenaires, le Premier ministre a regretté que lorsque le bateau «Tombouctou» a été attaqué, la Cedeao et l’Onu n’en ont pas parlé encore moins adressé une simple lettre de condoléances au président de la Transition.

Qu’à cela ne tienne, le chef du gouvernement a souhaité qu’on ramène la majorité des Maliens qui n’était pas dans la bataille pour faire la paix. Car, a-t-il insisté, gagner la paix, c’est encore plus difficile que gagner la guerre. Avant d’indiquer que si on veut changer le pays, il faut revoir  la façon de faire et tirer les leçons du passé. D’où le bien-fondé du Dialogue inter-Maliens initié par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. 

Aussi, le chef de l’Administration malienne a-t-il déploré le complot engendré par la signature du caduc Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Sans oublier l’accord de défense entre la France et le Mali. Il a toutefois salué l’organisation des Assises nationales de la refondation (ANR) ainsi que les importantes réformes telles que l’opérationnalisation de l’Autorité indépendante de gestion des élections (Aige), l’adoption de la nouvelle Constitution. Mais aussi les prouesses enregistrées au niveau du pacte social, de la sécurité et de la justice. Il est également revenu sur la formation de l’architecture du gouvernement notamment les ministres proposés par le M5-RFP. Cela, pour dire qu’il n’y a eu nulle part de la tricherie.

Le locataire de la Primature n’a pas manqué de préciser que l’Alliance des États du Sahel (AES) est un processus irréversible dont les retombées seront «très bénéfiques» pour les populations du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Pour leur part, les représentants des partis politiques ont salué cette initiative prise par le Premier ministre. Ils ont félicité cette volonté de rassembler tous les fils du Mali afin de bâtir notre pays et de sortir de cette difficulté de manière honorable.

Soutenant que la Transition est mal comprise par certains acteurs de la classe politique, ils ont réitéré leur soutien aux efforts consentis par l’ensemble du gouvernement.  En réponse, le Premier ministre a fait savoir que tout ce qui a été dit n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Il a promis de les analyser avec beaucoup d’attention, certifiant que cette rencontre ne sera pas la dernière.

Souleymane SIDIBE

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