Après son adoption par le Conseil des ministres du 05 octobre 2022, le projet de loi, initié par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile a été soumis à la Commission de la défense nationale, de la sécurité et de la protection civile du CNT.
Pour motif : « Au regard de la situation sécuritaire et des défis multiples auxquels les Forces de défense font face, il a été souverainement recommandé lors des Assises nationales de la refondation (ANR), tenues du 27 au 30 décembre 2021, de militariser la Police nationale ».
Pour la Commission de la défense nationale, la direction générale de la Protection civile constitue le deuxième segment du ministère de la Sécurité et de la Protection civile avec la Police nationale.
« Les deux services ont presque les mêmes statuts et relèvent de la même chaine de commandement. Donc, militariser la Police nationale sans la Protection civile, reviendrait à créer un commandement à deux vitesses au niveau du département, l’un militaire et l’autre paramilitaire », a énoncé la même source à travers son rapport présenté au CNT.
En somme, cette militarisation de la Police nationale et de la Protection civile concoure à la réalisation des objectifs de la refondation de l’État telle qu’indiquée dans les recommandations pertinentes des ANR et confirmée dans le " Plan d'Action stratégique de la Refondation" à travers les actions prioritaires du gouvernement.
La synergie des syndicats de la Police nationale a réagi à l’initiative du projet de loi dans un communiqué publié le 05 octobre 2022. Les syndicats ont indiqué que la Police « est prête à apporter sa pierre à la refondation de l’État, si cela passe obligatoirement par sa militarisation », tout en soulignant être « dubitative sur beaucoup de zones d’ombre qui émaillent les contours liés à ce projet ».
Souleymane SIDIBE
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