#Mali : Sikasso : 1.066 cas d’accidents enregistrés en 2023

L’incivisme et le non respect du code de la route en sont les principales causes, selon certains acteurs

Publié jeudi 04 janvier 2024 à 07:32
#Mali : Sikasso : 1.066 cas d’accidents enregistrés en 2023

Du 1er janvier au 27 décembre 2023, la direction régionale de la protection civile de Sikasso a enregistré 1.066 cas d’accidents de la circulation routière, 1.943 victimes, 1.902 blessés et 32 décès. Ces chiffres révélateurs touchent la sensibilité de tout un chacun. Dans la Cité verte du Kénédougou, il est plus ou moins rare de passer trois jours sans assister ou entendre les échos d’une scène d’accident dramatique. Notre équipe de reportage s’est intéressée au sujet.

«En réalité, les usagers ne respectent pas le code de la route à Sikasso. En moto, même si tu clignotes pour virer, certains te dépassent et ne cherchent même pas à comprendre. Quand on veut virer, on est obligé de brandir son bras dans la direction où on veut aller. Vraiment, c’est le sauve, qui peut», confie Adama Diamouténé, motocycliste.

La conductrice de la voiture, Aïchata Sika Diabaté, manque de mot pour s’exprimer sur le desordre dans la circulation à Sikasso. «Il y a trois mois, quand j’étais arrêtée pour bien observer la circulation, un jeune adolescent conduisant sa moto de marque Jakarta est venu me cogner. Il a endommagé tout mon pare-choc», raconte-elle. D’après notre interlocutrice, il faut être très prudent dans la circulation à Sikasso pour se tirer d’affaire. 

C’est la traversée du goudron qui pose problème à Oumou Bengaly. «Avec la réalisation des nouvelles infrastructures routières, la circulation est devenue très compliquée à Sikasso. On a l’impression que les usagers de la route veulent s’envoler. Ils roulent à toute allure sans se préoccuper du passage des piétons», se plaint-elle.  

Le directeur régional de la protection civile de Sikasso, le colonel Tioukouri Dao, estime que la circulation routière de Sikasso est pareille à celle des autres régions. «L’incivisme des usagers et le non respect du code de la route demeurent les causes principales des accidents de la route dans notre pays», fait-il savoir. Il ajoutera qu’actuellement, la section de son service chargée de donner des informations sur la prévention pour amoindrir les accidents de la circulation, est de sensibiliser les populations dans les langues les plus parlées de la région, à savoir le bambara, le sénoufo et le minianka.

La direction régionale de la protection civile est également en train de faire une formation de masse sur «les premiers gestes qui sauvent lors des accidents» dans les établissements publics et privés et les auto-gares. Cette formation cible spécifiquement les élèves, les transporteurs et les chauffeurs. Lors des fêtes de fin d’année, des agents ont été déployés dans les carrefours accidentogènes de la ville afin de secourir à temps les éventuels blessés des accidents de la circulation. Le colonel Tioukouri Dao invite la jeunesse de Sikasso à rouler avec prudence et à respecter le code de la route à tout moment et dans toutes les circonstances.   

 

2è VILLE LA PLUS PEUPLÉE- Selon le chef de l’antenne régional de l’Agence nationale de sécurité routière (Anaser), Ibrahima Sidibé, Sikasso est la 2ème ville la plus peuplée et la plus dotée en infrastructures routières après la capitale Bamako. D’après lui, ce bond  démographique explique aussi tout le désordre qu’on voit dans la circulation. «La principale cause des accidents de la route de Sikasso demeure l’excès de vitesse. À cela, s’ajoutent la non maîtrise des véhicule et le non respect du code de la route», dit-il. Et de rappeler qu’en 2022, son Agence a enregistré 528 cas d’accidents à Sikasso dont 698 blessés et 80 tués.

La tranche d’âge la plus impliquée, selon lui, est de 26 à 40 ans. Cette tranche est suivie de celle de 16 à 25 ans. S’exprimant sur les actions menées par l’Anaser au cours de l’année 2023, le chef de l’antenne régional évoqué, notamment le contrôle de la visite technique des véhicules, l’organisation mensuelle du contrôle routier avec la police et la gendarmerie en vue de vérifier si les véhicules sont en bon état ainsi que la sensibilisation de 40 établissements scolaires et 20 structures de travail sur le bon comportement dans la circulation routière. «La sécurité routière est l’affaire de tous.


Nous devons tout faire pour sauver nos vies et celles des autres», insiste-t-il. Sur le registre des difficultés auxquelles l’Anaser/Sikasso est confrontée, Ibrahim Sidibé met l’accent surtout sur la méconnaissance des règles de la conduite routière des usagers conduisant au non-respect des codes de la route. À cet effet, il soutient qu’au niveau des intersections équipés en feux tricolores, les usagers ont du mal à comprendre la signalisation et cela crée très souvent des accidents dans la ville. Tout comme, le non port des casques par les motocyclistes et la manque de courtoisie.

«Traumatismes crâniens dû au non port des casques, bosses au niveau de la tête, déchirures, hémorragie interne ou écorchures sont des maux dont souffrent de nombreuses victimes d’accidents à leur arrivée à l’urgence du Centre de santé et de référence de Sikasso (CSref) de Sikasso», explique le chef du service des urgences du CSref de Sikasso, Dr Oumar Kampo.

 Il ajoute que cette année, le service urgence du CSref a enregistré de janvier à novembre 2023, 214 cas d’accidents et 3 décès. Sur les 214 cas d’accidents enregistrés, 73 sont des adolescents. Dr Kampo saisit l’occasion pour inviter les nouveaux propriétaires des engins à deux roues motorisés à passer le permis de conduire et à respecter le code de la route pour réduire le taux d’accident.

Les experts du domaine de la prévention routière étaient en conclave à Bamako en décembre dernier (Voir la parution n°20034 du 8 décembre 2023 de L’Essor). Ils ont échangé de long en large sur les aspects de la prévention routière.  Lors de cette rencontre, la ministre des Transports et des infrastructures du Mali, Mme Dembélé Madina Sissoko, avait rappelé que notre pays a élaboré en 2021 la Stratégie nationale de sécurité routière, assortie d’un plan d’action. Cette stratégie est faite en concordance avec le contexte de la 3ème Conférence ministérielle mondiale sur la sécurité routière. Cette rencontre a invité les États membres à s’efforcer de réduire de 50% le nombre de blessés graves et de décès consécutifs à des accidents de la circulation entre 2021 et 2030.    

Tout compte fait, les acteurs du secteur de la circulation routière de Sikasso sont engagés à réduire les décès liés aux accidents de la circulation. Le reste est lié au changement de comportement des usagers de la circulation routière.


Amap-Sikasso

Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso

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