Les 16 dragues saisies sont gardées au gouvernorat de la 3è région
La mission initiée à cet effet par la gouverneure de la région comprenait les représentants des directions régionales de l’assainissement, de la géologie et des mines, de l’environnement, des eaux et forêts et de l’hydraulique. La Commune rurale de Fourou, particulièrement le village de Alhamdoulilaye, est une zone aurifère où le dragage est couramment pratiqué. «Le phénomène nous a causés énormément d’ennuis. Nos animaux sont confrontés à un problème d’abreuvement et de nourriture, l’eau du cours d’eau est devenue inconsommable pour les êtres humains.
Nous craignons de consommer l’eau de nos puits, car ces derniers peuvent être contaminés par l’eau souillée de ce cours d’eau», a expliqué le chef de village de Alhamdoulilaye, Hamidou Coulibaly. Sur place, l’équipe de démantèlement a pu saisir 16 dragues. «Mais il y reste une centaine», a affirmé la gouverneure de la région, Mme Kanté Marie Claire Dembélé, précisant que la mission n’avait pas les moyens adéquats pour mettre la main sur le reste des dragues. La cheffe de l’exécutif régional a salué la CMDT et les autres partenaires qui ont facilité la réalisation de l’opération de démantèlement.
Les 16 dragues récupérées sont gardées au gouvernorat de la 3è région. La gouverneure de la région a sollicité le soutien de toutes les populations, car les autorités régionales seules ne peuvent pas mener cette lutte. «Il faut une conjugaison d’efforts de différents départements ministériels, dont celui de l’Environnement et de la Sécurité», a-t-elle insisté. Et de préciser que ceci appuiera l’équipe régionale quant à l’extraction et la sécurisation des dragues. «Nous allons poursuivre l’opération dans d’autres localités et instruire à tous les préfets de prendre des dispositions pour éviter la réinstallation des dragues extraites», a-t-elle affirmé.
Au final, la cheffe de l’exécutif régional a indiqué que des mesures seront prises contre ceux qui s’adonnent à la pratique. Elle a remercié le Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation et le ministre de l’Économie et des Finances qui n’ont ménagé aucun effort pour soutenir la mission de démantèlement. Pour sa part, le directeur régional de l’assainissement, du contrôle des pollutions et des nuisances (DRACPN-Sikasso), Moussa Ballo, a mis un accent particulier sur l’impact du dragage sur le fleuve et sur la qualité de l’eau.
La pratique impacte négativement les berges du fleuve, la consommation de l’eau, le mouvement des pirogues et la vie des animaux aquatiques. À cet effet, il a souligné l’importance de préserver les cours d’eau. Moussa Ballo dira que les services techniques ont besoin d’équipements adaptés pour la réussite de cette activité. Il a insisté sur la sensibilisation des communautés. De son point de vue, il faut donner le pouvoir aux autorités locales pour qu’elles puissent saisir toutes les dragues.
«Nous sommes sérieusement engagés à combattre le dragage», a-t-il affirmé, avant d’appeler toutes les régions où les cours d’eaux sont utilisés pour la recherche de l’or à imiter l’initiative des autorités régionales de Sikasso. «S’il y a une synergie d’action, entre les régions, on pourra belle et bien circonscrire ce fléau», a-t-il indiqué. Le code minier, selon lui, condamne formellement la pratique. Le conseiller à la sécurité et à la protection civile de la gouverneure, le Contrôleur général-major de police Tiantio Diarra, a fait savoir que la pollution et la dégradation de la nature au Mali sont devenues des dangers pour la vie de la population et celle des animaux aquatiques.
C’est la raison pour laquelle, la mission a été initiée par la gouverneure de la région. Il a indiqué que la première mission a été effectuée en février passé pour identifier les points qui ont le maximum de dragues. C’est à la suite de cela que le site de Kadiolo a été détecté. «Cette opération doit être dissuasive pour tous ceux qui ont des dragues. Ils doivent comprendre que l’activité est illicite et qu’il faut l’abandonner…», a expliqué le Contrôleur général-major de police avant de souligner que l’opération se poursuivra car le fleuve Bagoé constitue une ressource naturelle qui doit être préservée. En outre, Tiantio Diarra dira que cette initiative est une détermination des autorités du Mali pour le bien-être des populations.
Il faut retenir que le dragage consiste à extraire des matériaux qui se trouvent en profondeur de l’eau. Le fleuve Bagoé est envahi par des chercheurs d’or.
Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso
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