La ministre chargée de l’Environnement, Mme Doumbia Mariam Tangara (d) et la présidente du Refamp, Maïga Sina Damba
Placée sous le thème «Les services multiples du fleuve Niger : quelles perspectives face à la pollution plastique», cette conférence était animée par la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mme Doumbia Mariam Tangara. C’était en présence de la présidente du Refamp, Maïga Sina Damba et de plusieurs anciennes ministres et parlementaires.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, la ministre chargée de l’Environnement a indiqué que les cérémonies officielles de la Quinzaine de l’environnement de cette année se tiendront à San, du 12 au 17 juin, avec pour thèmes : «Mettre fin à la pollution plastique mondiale» et «Restaurer les terres, exploiter les opportunités». Ces thèmes, a-t-elle souligné, reflètent une volonté commune d’agir pour la préservation de la planète et la construction d’un avenir durable.
Mme Doumbia Mariam Tangara a insisté sur l’importance de cette rencontre pour aborder le défi crucial de la pollution plastique dans le fleuve Niger et envisager des solutions pour préserver ce patrimoine vital. Elle a rappelé que le fleuve Niger, également connu sous le nom de Joliba, est le troisième fleuve d’Afrique, traversant cinq pays sur plus de 4.200 kilomètres dont 1.700 au Mali. Ce fleuve, a-t-elle indiqué, est l’épine dorsale de la vie économique, sociale et culturelle du pays, soutenant l’agriculture, la pêche et l’industrie, et alimentant plus de 22 millions de citoyens. Cependant, il est aujourd’hui gravement menacé par la pollution plastique, visible à l’œil nu à travers les sachets et bouteilles abandonnés.
La ministre a révélé que cette pollution est le reflet d’une détérioration silencieuse, mais profonde de notre relation à l’environnement. «Les déchets plastiques, les rejets industriels non traités, les résidus agricoles et l’insuffisance des systèmes de collecte et de traitement des déchets contribuent à la dégradation continue de l’écosystème fluvial, contaminant l’eau, détruisant les habitats aquatiques et fragilisant la biodiversité», a déclaré Mme Doumbia Mariam Tangara.
Elle a salué le Refamp pour avoir initié cette conférence, contribuant ainsi à la sensibilisation et à la promotion du changement et a appelé à une mobilisation totale, à des réponses coordonnées et à la traduction des engagements en actions concrètes pour protéger le fleuve Niger pour les générations présentes et futures.
De son côté, la présidente du Refamp dira qu’en tant que pays sahélien avec plus de 60% de terres désertiques, le Mali ne peut rester en marge des débats environnementaux et de la recherche de solutions durables et locales. Mme Maïga Sina Damba a noté que son réseau, ayant fait de la protection de l’environnement une de ses priorités, ne peut ignorer la situation du fleuve Niger, agressé par les effets combinés de la désertification, du changement climatique et des activités humaines.
L’ancienne ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a décrit la crise du fleuve Niger comme une crise silencieuse liée aux activités économiques. Elle a appelé à une action urgente contre le fléau moderne qu’est le plastique, omniprésent et insidieux, dérivé de l’industrie pétrochimique et contaminant l’air, les rues, les animaux et les arbres.
La présidente du réseau a rappelé qu’une loi interdisant la production, l’importation et la commercialisation de sachets plastiques non biodégradables (loi n°2014-024 du 3 juillet 2014) a été adoptée en 2014. Pour elle, l’application stricte de cette loi est essentielle pour combattre vigoureusement la prolifération du plastique dans les villes et villages du Mali et du Sahel.
Fatoumata Mory SIDIBE
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