L’insécurité et l’état de l’axe Gao-Sévaré
compliquent l’acheminement des produits locaux vers les régions, dans le Nord
de notre pays. En effet, c’est à partir de la Région de Gao que les autres (Ménaka
et Kidal) se ravitaillent en produits locaux venant des régions du Sud du Mali,
pour ensuite fournir les autres localités de leurs circonscriptions. Dès que la
Région de Gao n’est pas approvisionnée, les autres régions en subissent les
contrecoups.
Le marché à bétail de Wabaria, qui accueille
des forains de 13 villages, en plus de ceux de la Commune urbaine de Gao et ses
communes rurales, se tient chaque mardi. C’est une foire à bétail distante de
15 km de la ville de Gao. Elle est fréquentée par les acheteurs et les vendeurs
de bestiaux de toutes les autres communes de la région ainsi que ceux de
Bamako, du Niger, du Burkina Faso et d’Algérie. «Même si ce marché hebdomadaire
n’a jamais été la cible d’attaques terroristes, l’insécurité et l’état de la
route de Gao-Sévaré découragent les acheteurs potentiels à s’y rendre, par peur
d’être spoliés ou enlevés par des bandits armés qui sévissent dans la zone»,
affirme le maire de la Commune rurale de Gounzourèye, Abdoul Kader Maïga.
La Commune rurale d’Inchawadji, à 70 km de la
Commune urbaine de Gao, a deux foires hebdomadaires : celles des villages
d’Emnagul et de Djebock. Ces marchés se «tiennent régulièrement malgré l’insécurité»,
selon le maire de la Commune d’Inchawadji, Rhissa Ag Mohamed. Il précise qu’ils
sont toujours approvisionnés par les forains de la Commune urbaine de Gao.
Ceux-ci viennent écouler divers produits comme l’huile, le lait et les
condiments venant des Régions dans le Sud du Mali. «Mais, ajoute le maire,
certains fréquentent aussi ces foires pour acheter les petits ruminants, du
charbon de bois et du beurre de lait de vache qu’ils revendent sur les marchés
de Gao, de l’Algérie et du Niger».
Les villages d’Emnagul et de Djebock ne sont pas épargnés par l’insécurité. Souvent, des hommes armés font irruption sur les sites des foires soit pour collecter la zakat soit pour enlever des personnes. «Ces actes barbares ont beaucoup effrayé certains commerçants, surtout ceux en possession de fortes sommes d’argent», déplore Rhissa Ag Mohamed qui souligne que ces actes ont fortement réduit la fréquentation des foires de la Commune. Il regrette l’absence de l’État dans ces localités, ce qui ne permet pas aux autorités communales de collecter les taxes.
PRODUITS POURRIS- Samedi, jour de foire de la
Commune rurale de Sonni Ali Ber. Ce marché est fréquenté par les commerçants
des Cercles de Gao et de Bourem. Le maire Abdoul Razack Maïga témoigne de la
baisse de sa fréquentation à cause de l’insécurité. «Tous ces commerçants
viennent à la foire pour acheter du paddy ou des animaux. évidemment, certains
aussi approvisionnent le marché en condiments et légumes», dit M. Maïga. «Depuis
la crise de 2012, l’incivisme a gagné du terrain. Aujourd’hui, dans nos
communes, les citoyens ne paient plus les impôts. Et ceux qui avaient
l’habitude de payer leurs taxes ont épousé le comportement des récalcitrants.
Pratiquement, aucun Groupement d’intérêt économique (GIE) de la commune n’est à
jour», révèle Abdoul Razack Maïga.
Une autre paire de manches pour les commerçants
est de réussir à acheminer leurs produits à destination. Avec la dégradation de
l’axe Gao-Sévaré et l’insécurité, quasiment tous les produits qui quittent les
régions dans le Sud du pays pourrissent avant même d’arriver à Gao. Il s’agit
particulièrement des légumes et des tubercules (pomme terre, igname, oignon,
gingembre, tomate, choux, banane plantain). «Avec l’état actuel de la route
Gao-Sévaré, nous nous sommes rabattus sur les produits qui viennent de l’Algérie
et du Niger. Et, c’est la raison pour laquelle tous les produits sont chers sur
le marché», commente Boubacar Traoré, ressortissant de Sikasso et vendeur de
condiments sur le marché de Gao.
«Tous les produits qui partent de Sikasso pour
Gao se décomposent avant même d’arriver à destination. Cela constitue une
grande perte pour nous les revendeurs. Tant que la route Gao-Sévaré n’est pas réparée,
aucun produit en provenance des régions du Sud, ne pourra arriver à Gao dans un
état propre à la consommation», se plaint notre interlocuteur. Il ajoute
qu’avec l’insécurité, certains transporteurs ont tout simplement cessé de fréquenter
cet axe.
«Cinq camions-remorques de ma belle-sœur ont été calcinés sur l’axe
Gao-Douentza», confie Boubacar Traoré. Hamidou Traoré, revendeur de beurre de
karité à la Place de Sikasso à Gao, déplore lui aussi l’état de la route et
l’insécurité qui défavorisent le ravitaillement du marché de la Cité des Askia
en produits locaux originaires des régions du Sud. Seul point de satisfaction
pour le commerçant, en période de froid, son beurre de karité «arrive sans
fondre».
Abdrahamane TOURE / AMAP - Gao
Acculés par la pression militaire exercée par les Forces armées maliennes (FAMa), les groupes armés terroristes et leurs parrains se rabattent désormais sur le terrain médiatique pour tenter de déstabiliser notre pays. Cette dénonciation a été faite par le patron de la Direction de l’inf.
Les deux tomes du rapportLe rapport annuel d’activités 2025 constitue un document monumental de 1.087 pages, structuré en deux volumes distincts avec un premier tome de 381 pages consacré aux services centraux et un second tome de 706 pages dédié aux juridictions nationales..
La hausse des prix du carburant au Mali, observée il y a quelques jours, suscite de nombreuses interrogations et inquiétudes au sein de la population..
Dans une de nos tribunes, au tout début de la guerre au Moyen Orient, nous avions souligné la proximité temporelle de ce conflit, même s’il se déroule à des milliers de kilomètres de chez nous. Le monde d’aujourd’hui est devenu un petit village où l’on entend le moindre coup de pilon.
Par décision N° 96-06 /PM du 26 Février 1996, il a été crée une Commission nationale d’organisation de la cérémonie «Flamme de la Paix» présidée par SEM Dioncounda Traoré, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration afri.
Trente-cinq ans après les évènements historiques de mars 1991, le Mali ne se contente plus de commémorer. Il s'interroge. À l'heure où la Transition place la souveraineté au cœur de l'action publique, la question de l'héritage des martyrs de la démocratie revêt une dimension nouvelle.