Relance de l’Agence nationale de presse : Des propositions concrètes

Les dernières activités des Journée de relance de l’Agence nationale de presse du Mali, organisées par l’Agence malienne de presse et de publicité (Amap), se sont déroulées hier au CICB.

Publié jeudi 30 octobre 2025 à 07:41
Relance de l’Agence nationale de presse : Des propositions concrètes

Les objectifs scientifiques de l’atelier étaient d’identifier les leviers de transformation institutionnelle, éditoriale et économique


L’atelier qui a réuni les anciens et nouveaux directeurs généraux des Agences de presse du Mali et de la sous-région, et autres acteurs de médias, aura permis de co-construire une feuille de route réaliste et ambitieuse pour repositionner l’agence comme un acteur central de l’information publique au Mali.

Selon les organisateurs, cette relance nécessite une réflexion approfondie sur l’identité institutionnelle de l’Agence, son modèle économique, sa gouvernance et sa mission dans un environnement médiatique en constante mutation. Les objectifs scientifiques de l’atelier étaient d’identifier les leviers de transformation institutionnelle et éditoriale, de proposer un modèle de gouvernance adapté au contexte malien, et de définir les priorités stratégiques pour les cinq prochaines années.

Ainsi, plusieurs questions clés ont été soumises à la réflexion des participants : quel modèle économique et organisationnel pour une Agence de presse publique moderne ? Comment renforcer son autonomie, sa visibilité et sa crédibilité ? Quels partenariats et ressources à mobiliser pour soutenir sa relance ? Comment résoudre la confusion institutionnelle entre l’Amap et sa direction technique ? «C’est une journée consacrée à l’Agence et au modèle à bâtir pour mieux gérer son rôle à l’avenir», a précisé le directeur général de l’Amap, Alassane Souleymane.

La session a été modérée par Bréhima Touré, ancien directeur général de l’Amap. Lors des échanges, les professionnels et anciens responsables ont insisté sur la nécessité de moderniser et de transformer l’Amap. Seydou Cissouma, ancien conseiller à la communication à la Présidence de la République, a indiqué que l’Agence est «les yeux et les oreilles d’une rédaction» et qu’elle est d’une «utilité capitale en temps de crise».

Il a vivement encouragé la transformation de l’offre de l’Agence, en continuant «à faire du texte, mais avec un service audiovisuel», en musclant son offre pour la satisfaction du public, et en se dotant des ressources humaines nécessaires. Seydou Cissouma a aussi estimé que l’Agence, ayant une mission de service public, doit être rémunérée et aidée par l’État, et a suggéré de développer un accord avec le gouvernement pour la diffusion de l’information dans les ministères.

Pr Mamadou Koumé, ancien directeur de l’Agence de presse sénégalaise (APS), a partagé l’expérience sénégalaise insistant sur le fait qu’«une agence n’est pas figée, il faut s’adapter». L’APS a évolué en faisant du son, de l’image et du texte, en misant sur le contenu et le financement public. Il a conseillé de recruter des journalistes de qualité et d’utiliser les outils mis à disposition par les réseaux sociaux, car la dépêche classique, «ce n’est plus le produit».

Assana Diawara, conseiller juridique, a mis l’accent sur la performance et la qualité des hommes pour la réussite de l’Agence, en tenant compte des résultats et des réformes au niveau de l’agence. Il a affirmé que les gens «se battent pour venir à l’AGP», avant d’évoquer les projets de l’AGP : la Web TV, le site web, le bulletin électronique pour les abonnés et des dépêches physiques avec des abonnés et un grand réseau de correspondants dans les préfectures et dans toutes les régions. Il a insisté sur la nécessité de faire la revue de presse et que l’agence soit indépendante, comme l’ORTM. Il faut se réinventer et faire des choses que les autres ne font pas.

Quant à Gaoussou Traoré, ancien directeur de l’Agence nationale de presse du Mali, il est revenu pour suggérer de départager la radio de l’agence pour les correspondant, d’initier des formations et d’améliorer leurs conditions de vie et de travail. Il a conclu que la force de l’Amap, c’est l’intérieur. L’ancien directeur général de l’ORTM, Salif Sanogo, a souligné qu’on a besoin de l’agence vu l’immensité du pays. Pour avoir un personnel pleinement qualifié, il faut passer par des concours pour recruter des hommes de qualités, des tri-médias (radio, télé, écrit).

Il a appelé à un partenariat dynamique entre les ministères et l’Agence. 
Pour sa part, le directeur général adjoint de l’Agence guinéenne de presse, Mahmoud Barry, a fait savoir que leurs représentants, qui sont dans toutes les préfectures et les zones rurales, produisent des contenus locaux pour l’Agence, pour montrer les réalités locales en rapport avec la période. Ce qui fait qu’ils sont beaucoup sollicités en matière de l’information. Il a aussi mis l’accent sur la formation des agents correspondants.

Fatoumata Mory SIDIBE

Lire aussi : Supposée libération de terroristes : La DIRPA dénonce une pure manipulation

Acculés par la pression militaire exercée par les Forces armées maliennes (FAMa), les groupes armés terroristes et leurs parrains se rabattent désormais sur le terrain médiatique pour tenter de déstabiliser notre pays. Cette dénonciation a été faite par le patron de la Direction de l’inf.

Lire aussi : Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme: Le rapport annuel d’activités 2025 remis au Garde des Sceaux

Les deux tomes du rapportLe rapport annuel d’activités 2025 constitue un document monumental de 1.087 pages, structuré en deux volumes distincts avec un premier tome de 381 pages consacré aux services centraux et un second tome de 706 pages dédié aux juridictions nationales..

Lire aussi : Un choc exogène lié aux tensions géopolitiques

La hausse des prix du carburant au Mali, observée il y a quelques jours, suscite de nombreuses interrogations et inquiétudes au sein de la population..

Lire aussi : À l’heure du Mali : La résilience malienne, face au choc pétrolier venu d’Ormuz

Dans une de nos tribunes, au tout début de la guerre au Moyen Orient, nous avions souligné la proximité temporelle de ce conflit, même s’il se déroule à des milliers de kilomètres de chez nous. Le monde d’aujourd’hui est devenu un petit village où l’on entend le moindre coup de pilon.

Lire aussi : Il y a 30 ans, la Flamme de la Paix à Tombouctou

Par décision N° 96-06 /PM du 26 Février 1996, il a été crée une Commission nationale d’organisation de la cérémonie «Flamme de la Paix» présidée par SEM Dioncounda Traoré, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration afri.

Lire aussi : 35 ans de démocratie au Mali : Entre héritage des martyrs de 1991 et refondation de l’Etat

Trente-cinq ans après les évènements historiques de mars 1991, le Mali ne se contente plus de commémorer. Il s'interroge. À l'heure où la Transition place la souveraineté au cœur de l'action publique, la question de l'héritage des martyrs de la démocratie revêt une dimension nouvelle.

Les articles de l'auteur

Chambre des mines : Vers un nouveau cadre organisationnel

Le gouvernement de la Transition a dissous en janvier 2025 les organes de la Chambre des Mines du Mali marquant ainsi une volonté claire de refondation et de dynamisation de cette institution vitale pour l’économie nationale..

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié mercredi 18 mars 2026 à 08:21

Uemoa : Ouverture de la 11ème session de la revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires

La 11ème session de la revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) au Mali se tient depuis hier dans un hôtel de Bamako..

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié jeudi 26 février 2026 à 08:42

Pafeem : Des formateurs formés aux nouvelles techniques

La session de formation des formateurs consacrée aux techniques de facilitation de l’apprentissage organisée par le Projet de promotion de l’accès au financement, de l’entreprenariat et de l’emploi au Mali (Pafeem), sous l’égide du ministère de l’Économie et des Finances et en partenariat avec la Société financière internationale (SFI), a été clôturée, lundi dernier, dans les locaux du projet..

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié vendredi 20 février 2026 à 08:38

Information géospatiale : Les acteurs se concertent sur le plan d’actions

Le Forum national d’appropriation du plan d’actions national pour une gestion intégrée de l’information géospatiale (Plan GIIG) se tient, depuis hier, dans un hôtel de Bamako. Objectif : renforcer l’adhésion de l’ensemble des parties prenantes (administration, secteur privé et société civile) au document..

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié mercredi 11 février 2026 à 08:48

Vocation d’enseigner : À l’épreuve des défis

Pour transmettre le goût d’enseigner, il est nécessaire de s’appesantir sur la formation rigoureuse des pédagogues et l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Mais la reprise en main par l’État de la souveraineté éducative est aussi une exigence.

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié lundi 05 janvier 2026 à 08:44

Billets de banque neufs : Un marché au rythme des cérémonies

Dans ce business, les cambistes n’ont pas d’état d’âme. Les commissions prélevées dans les échanges de vieux billets en précieux «craquants» peuvent aller de 10 à 20 %. Par exemple pour échanger 100.000 Fcfa, le client peut perdre jusqu’à 20.000 Fcfa.

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié mercredi 31 décembre 2025 à 08:52

Secteur semencier : L’Assema lance un plan pour fédérer les énergies

L’Association semencière du Mali (Assema) a officiellement lancé, hier à la Maison de la femme (rive droite), son Plan stratégique de plaidoyer 2026-2030. L’événement a rassemblé les parties prenantes pour favoriser le réseautage et les informer sur cette stratégie afin qu’elles s’en approprient..

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié mardi 23 décembre 2025 à 08:20

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner