Diéma : La saison du concombre

À côté d’autres cultures, celle du concombre prospère de plus en plus à Diéma. Une filière porteuse qui commence à faire son petit trou

Publié mercredi 10 septembre 2025 à 12:53
Diéma : La saison du concombre

50 kg de concombre coûtent 12.000 Fcfa alors que l’unité est vendue à 50 ou 100 Fcfa


Membre de la famille des cucurbitacées comme le melon, la pastèque ou encore la courge, le concombre est une plante potagère qui produit des fruits allongés. Cette année, l’on constate que sa culture prospère de plus en plus dans le Cercle de Diéma. Une remarque confortée par la disponibilité de ce fruit inondant actuellement les marchés locaux. En plus de la culture de la pastèque, de nombreux producteurs agricoles s’intéressent aujourd’hui au concombre en raison, notamment, de sa rentabilité. 

En effet, depuis quelques temps, de nombreuses commerçantes n’ont plus besoin de parcourir, souvent dans des conditions minables, des dizaines de kilomètres pour se rendre jusqu’à Nonsombougou (Cercle de Kolokani) pour s’approvisionner en concombres, et venir revendre leurs marchandises à Diéma. Moyennant parfois de modiques sommes qu’elles obtiennent, compte tenu du coût du transport et des moyens inappropriés de conservation. 

 

UNE FILIÈRE PORTEUSE- Selon les constats, quasiment, tous les acteurs impliqués dans la production et la commercialisation du concombre, apprécient les retombées positives de leurs activités. Actuellement, 50 kg de concombre coûtent 12.000 Fcfa, voire moins si l’achat s’effectue dans un champ. Par contre, l’unité est vendue à 50 ou 100 Fcfa par endroits. À en croire le président de la Chambre d’agriculture de Diéma, Boubou Traoré, producteur agricole de son état et disposant d’un demi-hectare de concombres, cette plante rampante n’aime pas beaucoup d’eau. L’année où il pleut abondamment, rapporte celui qui se dit ami de la terre, les plantes de concombre produisent des fruits maigres et de mauvaises qualités.

Il soutient que les plantes ont besoin d’être régulièrement traitées avec des produits phytosanitaires biologiques, pour les mettre à l’abri des nuisibles. Le cultivateur souligne que ces derniers temps, les clients affluent quotidiennement vers son champ de concombres, qui lui rapporte assez d’argent. Si Horiyé Coulibaly entretient des planches de concombre dans un coin de sa cour, c’est pour la consommation familiale. «C’est une manière pour moi de contribuer à réduire les frais de condiments», explique-t-elle tout en épluchant deux gros concombres luisants, réservés pour le dîner de son mari, qui s’abstient de manger des aliments lourds pendant la nuit. 

En raison de ses vertus médicinales, Makan Coulibaly, domicilié à Fangouné Massassi, mange le concombre à l’état cru, sans l’éplucher, croyant qu’il permet de normaliser la pression artérielle. Il explique aussi qu’il a passé deux ans à Ambideidi, dans la Région de Kayes où sa principale activité reposait sur la culture du concombre.

«Quand je suis rentré au village, j’ai aménagé une partie de mon jardin de manguiers pour la culture du concombre. La majeure partie de ma clientèle est composée de femmes. Je leur cède souvent mes fruits à bas coût pour leur permettre de réaliser de petits bénéfices. Ma brave épouse aussi m’aide à écouler mes produits. Avec les revenus générés, je parviens à entretenir correctement ma famille, sans être contraint de m’endetter auprès de qui que ce soit», renchérit Makan Coulibaly.

Néanmoins, la culture du concombre demande beaucoup d’attention. Certains cultivateurs l’apprennent des fois à leurs dépens. Quelle ne fut pas la stupéfaction de cette femme en découvrant un jour que tous ses concombres sont avariés. «Quand on laisse les fruits du concombre en contact direct avec le sol jusqu’à ce qu’ils mûrissent, ils risquent de pourrir. De plus, cette plante réussit surtout pendant la saison froide. Au moment venu, je ferai du concombre Inch’Allah», rapporte Amorou Fofana, à la recherche d’un manœuvre, pour l’aider dans le désherbage de son champ de mil, suite au départ en catimini de son fils à l’aventure. 

Sans la vente de concombres, la veuve Binta Aba, allait souffrir. Cette vendeuse ambulante, du haut de ses 30 ans, qui fréquente quotidiennement le Razel, peut gagner entre 7.500 et 10.000 Fcfa par jour. Suivie de son garçon, poussant brinquebalant la brouette chargée de concombres, elle sillonne les jours de foire, le poumon économique de la ville, pour proposer ses produits aux gens. 

 

UN LÉGUME À CROQUER- Le conservateur Siaka Doumbia, sirotant son rituel thé, croit savoir ce qui fait que le goût du concombre devienne amer. «Selon une croyance populaire, cela dépend de la main qui sème les graines. Si votre main est mauvaise, comme on le dit, vos concombres seront forcément amers. De même, en matière de cuisine, cette croyance compte beaucoup. La ménagère à beau utiliser tous les ingrédients du monde, si elle n’a pas une bonne main, ses repas seront toujours désappréciés», argue-t-il. Son ami assis à côté de lui, ajoute sans ambages, que ce sont surtout les enfants qui en sont friands.

 Il ajoute : «Certains gamins le croquent en entier. C’est difficile à faire passer par la gorge. Mais lorsque j’étais à l’étranger, j’ai travaillé avec un Asiatique qui mangeait ce fruit cru, convaincu que si l’on l’épluche, il perd tous ses apports nutritifs.»

On utilise ce légume dans plusieurs plats, notamment pour la préparation de la laitue, des hors-d’œuvre, du riz au gras, du «gnougoubala yelen», de la pomme de terre, des grillades de viande ou de poisson. D’après certains spécialistes, les étuves de concombre constituent des remèdes efficaces contre certaines maladies comme l’hypertension artérielle, les dermatoses....

 

SOUTENIR LES PRODUCTEURS- Les producteurs de concombres (ils sont légion), ont besoin actuellement de soutiens, pour une meilleure promotion de leurs activités. Ce qui permettra de contribuer à renforcer l’autosuffisance alimentaire dans le Cercle de Diéma. Et par ricochet, créer des emplois pour de nombreux jeunes, tout en réduisant le flux migratoire. Pour y parvenir, le président de la Chambre locale d’agriculture, Boubou Traoré, intervient pour proposer aux producteurs de concombres, de se regrouper en association, afin de pouvoir bénéficier de certains avantages.

 Interrogé sur le sujet, le chef du secteur de l’agriculture de Diéma, Mamadou Sy, exprime son soutien inconditionnel à l’endroit des producteurs agricoles, et les invite à diversifier les espèces de culture pour accroître davantage leurs productions, et en tirer le meilleur profit. Comme pour leur dire : «L’union fait la force.»

Ouka BA/Amap-Dièma

Lire aussi : Familles fondatrices de Bamako : Le petit-fils le plus âgé de «jamanatigi» s’appelle Samba Niaré

Dans l’article intitulé «Familles fondatrices de Bamako : Titi Niaré intronisé 11è Jamanatigi», une erreur nous a fait dire que le contrôleur général de police à la retraite Mamadou Niaré dit Gari est le petit-fils le plus âgé de Titi Niaré qui a été intronisé, le samedi 7 févrie.

Lire aussi : Information géospatiale : Les acteurs se concertent sur le plan d’actions

Le Forum national d’appropriation du plan d’actions national pour une gestion intégrée de l’information géospatiale (Plan GIIG) se tient, depuis hier, dans un hôtel de Bamako. Objectif : renforcer l’adhésion de l’ensemble des parties prenantes (administration, secteur privé et socié.

Lire aussi : Mines : Le Mali se vend à mining Indaba à Cape Town

Après deux ans d’absence, le Mali, pays minier par excellence, signe son grand retour à Mining Indaba par la présence d’une forte délégation conduite par le secrétaire général du ministère des Mines, Soussourou Dembélé..

Lire aussi : Réhabilitation de la route Bamako-Kayes : La diaspora malienne de France apporte une contribution de plus de 14 millions de FCFA

Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, a présidé hier la cérémonie de remise d’un chèque de 14.704.500 de Fcfa, offert par les ressortissants de la Région de Kayes établis en France, en contribution à la réhabilitation de la .

Lire aussi : Vœux du corps diplomatique à Koulouba : Le Chef de l’État plaide pour une coopération sincère et respectueuse

Le Président de la Transition a saisi l’occasion pour évoquer la situation globale du Mali et de la Confédération des États du Sahel (AES). En s’adressant à ses invités, le Général d’armée Assimi Goïta dira que le Mali est l’ami de tous ceux qui le souhaitent dans le respect de se.

Lire aussi : Semaine de l’Ispric : DANS LA BONNE TRADITION

L’Institut des sciences politiques relations internationales et communications (Ispric) organise, depuis hier dans ses locaux, la 9è édition de sa Semaine scientifique, culturelle et sportive, intitulée «Hard week». Cet événement qui durera trois jours a pour thème «Intelligence artificie.

Les articles de l'auteur

Diéma : Le correspondant de l’AMAP honoré parmi une centaine d’acteurs locaux

Le Conseil communal de la jeunesse de Diéma a remis, samedi dernier, des attestations de reconnaissance à une centaine de personnes, issues des secteurs public et privé, parmi lesquelles le correspondant local de l’Agence malienne de presse et de publicité (Amap), Ouka Ba..

Par Ouka BA/Amap-Dièma


Publié mardi 10 février 2026 à 08:45

Diéma : La commune récompensée pour ses performances

La Commune rurale de Diéma a été classée 3è dans la compétition initiée dans le cadre du Programme d’appui conditionnel des performances des collectivités territoriales, appelé PCPC composante 2..

Par Ouka BA/Amap-Dièma


Publié mardi 25 novembre 2025 à 08:40

Diéma : Des personnes âgées honorées dans le cadre du mois d’octobre

Les trois personnes les plus âgées de la ville de Diéma sont le chef de village Gabougou Sissoko, âgé de 105 ans, Sokona Sissako, 103 ans, et Diambou Magassa, ayant soufflé ses 91 bougies..

Par Ouka BA/Amap-Dièma


Publié vendredi 24 octobre 2025 à 08:36

Diéma : Des consignes claires pour éviter une pénurie de carburant

Le 2è adjoint au préfet de Diéma, Attayoub Ould Mohamed, à la tête d’une délégation restreinte, comprenant le 2è adjoint au maire de la Commune rurale de Diéma, Nakounté Sissoko, le chef du service subrégional du commerce et de la concurrence, Mamby Kamissoko, et des éléments des Forces de défense et de sécurité, a effectué, le mercredi 8 octobre, une visite de prospection dans les différentes stations de services dans la ville..

Par Ouka BA/Amap-Dièma


Publié mercredi 15 octobre 2025 à 08:13

Diéma : Les deux caïlcedrats survivants de l’époque coloniale

Afin de mieux protéger les deux géants arbres contre les extractions d’écorces ou de racines, le 2è adjoint au maire a pris l’initiative de les clôturer.

Par Ouka BA/Amap-Dièma


Publié vendredi 26 septembre 2025 à 07:38

Diéma : Un acte citoyen de la jeunesse

Le Conseil communal de la jeunesse de Diéma vient de poser un nouvel acte citoyen qui marque les esprits. En collaboration avec des personnes de bonne volonté, le conseil a initié une activité de curage des caniveaux en vue d’un drainage facile des eaux de pluie. Ces caniveaux étaient remplis de déchets solides..

Par Ouka BA/Amap-Dièma


Publié mercredi 13 août 2025 à 09:03

Campagne agricole à Diéma : Les cultures présentent une bonne physionomie

Les producteurs agricoles de la localité espèrent sur de bonnes récoltes. Mais certains restent réservés, parce qu’ils estiment que pour réussir la campagne, il faut qu’il continue de pleuvoir au moins jusqu’en septembre.

Par Ouka BA/Amap-Dièma


Publié jeudi 07 août 2025 à 09:05

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner