Vendredi dernier à Kita, le Premier ministre a rassuré les Maliens quant à la détermination des autorités de la Transition à sécuriser le territoire national et à aller aux élections. À la communauté internationale, le chef du gouvernement rappellera que le Mali est un pays souverain, libre mais qui reste ouvert au dialogue
Pour le Premier ministre, l’objectif du président de la Transition et du gouvernement, c’est que dans quelques mois, l’écrasante majorité de notre territoire soit pacifiée pour pouvoir aller aux élections.
À ce propos, il a affirmé que depuis un peu plus d’un mois, les résultats spectaculaires enregistrés par notre armée, qui est à l’offensive, qui a changé de stratégie, ont fait qu’aujourd’hui dans toutes les régions du Mali, les citoyens sentent le retour de la paix petit à petit.
Ainsi, grâce au travail des Forces armées et de sécurité maliennes, sur 350.000 réfugiés intérieurs et extérieurs, en peu de temps, il y a 50.000 qui sont à ce jour retournés chez eux.
Selon le Premier ministre, malgré les sanctions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), le gouvernement s’est dit ouvert.
Si à l’issue des discussions avec « les frères de la Cedeao », les autorités arrivent à un chronogramme, elles expliqueront au peuple malien pourquoi il y a eu telles ou telles concessions. Mais la seule chose sur laquelle on ne peut pas faire de concessions, a rassuré le chef du gouvernement, c’est la sécurité des personnes et des biens.
«Rien ne nous fera reculer sur la recherche de la sécurité des Maliens avant toute chose», insistera-t-il. Aussi, Dr Choguel Kokalla Maïga a tenu, de façon particulière, à saluer la démarche de l’Union africaine (UA) et du président de sa Commission, Moussa Faki Mahamat, qui s’est investi pour renouer le fil du dialogue entre le Mali et l’organisation sous-régionale. «Je voudrais aussi dire à la Cedeao la disponibilité du gouvernement malien à discuter», a-t-il clarifié.
Avant d’expliquer que ce qui se passe entre le Mali et la Cedeao, c’est comme une dispute entre des frères qui, de toutes les façons, doit finir par se résoudre, parce qu’ils sont de la même famille. Et le Premier ministre d’espérer qu’avec l’intervention de l’UA, dans les jours à venir, «nous allons renouer le dialogue avec nos frères de la Cedeao et la communauté internationale».
Il soutient que le Mali est un État indépendant et souverain qu’il faut aider à exercer la plénitude de sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire.
SOUVERAINETÉ NON NÉGOCIABLE- Par ailleurs, le Premier ministre a répondu aux récentes déclarations des dirigeants français et nigérien contre notre pays en leur exigeant le respect. Selon lui, la France ne peut pas faire venir au Mali un pays dans le cadre de Takuba sans notre autorisation. Il faisait ainsi allusion à l’épisode du contingent danois, indiquant qu’il ne s’agit pas d’une position d’affrontement.
Aussi, Dr Choguel Kokalla Maïga a rappelé que notre pays respecte la mémoire des militaires français tombés dans la crise qui sévit chez au Mali. «Nous leur serons reconnaissants éternellement», a-t-il concédé.
Toutefois, selon le Premier ministre, le gouvernement français ne doit pas utiliser la mémoire de ces militaires pour faire du chantage. «Ce que nous disons, il ne faut pas utiliser cette situation pour intimider et humilier notre peuple. Il faut nous respecter», a-t-il insisté. Car, soulignera le chef du gouvernement, la dignité, la souveraineté ainsi que l’indépendance du Mali ne sont pas négociables.
Mieux, il a rappelé aux dirigeants français que les Maliens et les Africains sont tombés pour la libération de la France entre 1940 et 1945. «Pourtant, nous ne passons pas notre temps à dire que la France nous doit quelque chose.
Les Américains ont libéré la France, mais lorsque les Français ont estimé que ce n’était plus nécessaire ils leur ont dit de quitter leur territoire», a-t-il rappelé.
Le chef du gouvernement a déclaré qu’il faut que les dirigeants français se disent que le monde a changé. Et qu’on n’a plus à la tête du Mali des dirigeants auxquels les autorités françaises sont habituées. «Ce ne sont pas les antifrançais qui sont à la tête du Mali, seulement nous ne sommes pas manipulables», a-t-il martelé. Selon le Premier ministre, la France méprise les dirigeants maliens parce qu’ils affirment le sentiment général de nos compatriotes.
«Je voudrais dire au gouvernement français, à la communauté internationale, aux Africains que le gouvernement du Mali est attaché aux intérêts supérieurs du peuple malien, rien d’autre», a-t-il indiqué avant d’ajouter que ce gouvernement analyse, regarde, observe et tire les conclusions de ce qui se passe dans le monde.
À cet effet, il a évoqué qu’après neuf ans de présence des militaires français, l’État n’est pas présent partout sur le territoire. «On doit tirer les leçons et se poser des questions», a-t-il lancé.
UNE VIEILLE NATION- Toujours parlant de la France, Dr Choguel Kokalla Maïga a signalé que notre pays n’a pas besoin d’insulter ni le présent, ni l’avenir. Car, a-t-il estimé, après cette surchauffe, la finalité est que nous sommes liés par l’histoire. «Les gouvernements passent, les peuples restent.
Vous avez des écarts de langage contre nous, contre notre peuple. Je pense qu’il est temps que les dirigeants français comprennent qu’on n’est plus au temps du colonialisme, ni du néocolonialisme», a-t-il martelé.
Pour lui, il faut traiter les partenaires comme des partenaires. Parce que, continuera le chef du gouvernement, dans un partenariat respectable chaque pays trouvera son intérêt. Et d’insister qu’on ne peut pas transformer le Mali en un État vassal où les dirigeants sont là pour recevoir des injonctions de la France. «Ceux qui dirigent le Mali aujourd’hui ont un coefficient intellectuel largement au-dessus de la moyenne contrairement à ce que le gouvernement français croit», a-t-il déclaré.
Sur un autre registre, le chef du gouvernement a informé qu’il a été interdit à la Minusma d’effectuer des vols, en dehors des couloirs ouverts, sans demander l’autorisation des autorités maliennes. L’occasion était également opportune pour le Premier ministre de rendre la monnaie au ministre des Affaires étrangères du Niger qui a tenu des propos «malsains» à l’encontre de notre pays.
«Il a fait quelle école de diplomatie ?», s’est demandé le chef du gouvernement tout en exigeant plus de retenue et de réserve. «Je dois dire qu’heureusement nous sommes convaincus que le peuple nigérien, dans sa grande majorité, ne partage pas cette opinion», a tempéré Dr Choguel Kokalla Maïga.
Et de conclure : «Il faut que la France, la communauté internationale, nos amis africains mettent balle à terre. Il faut respecter notre peuple, c’est lui qui sait de quoi il a besoin. C’est une vieille nation avec un peuple mature».
Envoyé spécial
Oumar DIAKITÉ
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