Étudiants et réseaux sociaux : Le divertissement empêche les opportunités de s’instruire

Les jeunes filles sont le plus attirées par ces applications

Publié mercredi 02 février 2022 à 07:34
Étudiants et réseaux sociaux : Le divertissement empêche les opportunités de s’instruire

Les jeunes apprenants passent plus de temps à se divertir sur les réseaux sociaux qu’à saisir la formidable opportunité qu’ils leur offrent pour se former et s’informer utilement

 

Les réseaux sociaux (Facebook, WhatsApp, Instagram, Twitter, Tik Tok…) occupent, désormais, une place prépondérante dans notre quotidien. Ces plateformes digitales permettent à des centaines de millions d’internautes, aux quatre coins du monde, non seulement de communiquer mais aussi de se partager du contenu (photo, vidéo ou document) tout en interagissant.

Ces outils offrent une ouverture sur le monde, le savoir, la culture. Ils peuvent être essentiels dans l’éducation, dans la mesure où les étudiants ont la possibilité de se former dans divers domaines. Ils peuvent partager des documents PDF, discuter d’un sujet donné, s’informer sur le monde, entre autres. Cependant, force est de constater que les réseaux sociaux sont utilisés à d’autres fins.


Gâtés par les innovations technologiques, certains jeunes, notamment les étudiants de l’Université de Ségou, passent le plus clair de leur temps à réaliser des vidéos de challenges Tik-Tok au détriment de leurs cahiers de leçons enfermés dans les sacs et tiroirs.

Les réseaux sociaux ont conquis les cœurs et les esprits de la jeunesse estudiantine de la Cité des «Balanzans». Scotchés, les yeux rivés sur l’écran de leur Smartphone, beaucoup passent l’essentiel de leur passe temps sur les réseaux sociaux, dont Facebook, WhatsApp ou Tik-Tok. Quels usages font-ils de ces outils ? L’équipe de reportage de l’Amap à Ségou a décidé d’explorer le sujet.

Assitan Touré est étudiante de l’Institut universitaire de formation professionnelle (IUFP) de l’Université de Ségou. Elle avoue passer 12 heures par jour sur son Smartphone en surfant sur les plateformes comme WhatsApp et Facebook, deux applications de messagerie parmi les plus populaires au monde. Pour quels usages? Assitan Touré reconnait clairement utiliser ces applications pour poster des annonces de vente en ligne afin d’attirer d’éventuels clients. En effet, celle qui vit au campus universitaire vend des articles féminins, en marge de ses cours pour subvenir à ses besoins.

Au-delà de cet usage, elle nous avoue utiliser ces outils pour s’informer sur son emploi du temps, à travers un groupe, dont elle est membre. Elle communique également avec sa famille à travers les appels vidéo. Cet autre étudiant, Mohamed Traoré, est en licence 1 de communication des organisations à l’Université de Ségou. Il trouve que ces plateformes constituent des moyens d’apprentissage et, en même temps, de divertissement. «J’utilise WhatsApp pour connaître l’emploi du temps, les résultats des examens et pour partager les contenus des cours. Mais pendant les vacances, j’utilise Tik-Tok pour me divertir», avoue Mohamed Traoré.

Fatoumata Coulibaly, étudiante à la Faculté d’agronomie et de médecine animale (FAMA), elle aussi, surfe sur les réseaux sociaux. Elle témoigne qu’elle se connecte trois fois, au moins, par jour pour s’informer sur divers sujets. «C’est WhatsApp mon réseau favori. J’ai adhéré à plusieurs groupes. Au-delà des informations concernant l’Université, je m’informe sur l’actualité. Je participe à des débats sur les groupes», nous détaille-t-elle.

Pourtant, Amadou Barry, professeur de communication affirme sans ambages que ces outils «volent l’attention des étudiants». à son avis, ils créent une absence de concentration. «Les étudiants, qui utilisent les réseaux sociaux, ont plus de difficultés de compréhension que ceux qui ne les utilisent pas», explique-t-il, avant d’ajouter que certains étudiants disent qu’ils n’ont rien compris à la fin du cours pendant lesquels ils sont concentrés sur ces plateformes. Ces mauvaises pratiques ne sont pas sans conséquence sur leur réussite scolaire. C’est la raison pour laquelle, Amadou Barry exhorte les jeunes qui représentent l’avenir du pays à faire une pause avec les réseaux sociaux. 

Le sociologue Amadou Traoré est du même avis. Il soutient que les réseaux sociaux constituent une fenêtre d’opportunité et renforcent la communication chez les utilisateurs et la sociabilité. «Ce n’est pas tout, les étudiants ont la possibilité d’avoir des supports pédagogiques nécessaires pour développer de nouvelles compétences», estime-t-il.

Cependant, comme toute chose, le réseau social a aussi son revers de médaille. Selon le sociologue, il peut influencer négativement les relations humaines. Amadou Traoré signale que le fait d’y passer trop de temps, en imitant et en partageant les choses obscènes vues sur le web, les jeunes friands de réseaux sociaux s’éloignent de la société et s’enfoncent inexorablement dans le chemin de la délinquance.

Pour notre interlocuteur, les réseaux sociaux peuvent être d’un apport appréciable. D’où la nécessité de sensibiliser les étudiants et de créer des cadres d’échanges entre parents, enseignants et jeunes sur l’utilisation responsable et appropriée des réseaux sociaux afin de ne pas tomber sous le coup de la loi.

Gaoussou Diarra, un chef de famille résidant au quartier «Darsalam» de Ségou déplore le fait que les jeunes utilisent plus ces outils pour se distraire qu’à des fins éducatives. «L’utilisation de ces sites Internet par les étudiants posent d’énormes soucis. Beaucoup ne se concentrent plus sur les cours. Une fois à la maison, ils oublient leurs cahiers. Ils ne s’informent pas et ne lisent pas. Pis, les réseaux sociaux les poussent à adopter certaines valeurs étrangères contraires à nos valeurs sociétales», déplore-t-il.

Chahame DJIRÉ

Amap-Ségou

 

Rédaction Lessor

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