L’établissement d’enseignement des textes religieux accueillera des enfants de Tafasirga, mais aussi ceux d’autres pays
La réalisation d’un Institut pour l’apprentissage et la mémorisation du Saint Coran à Tafasirga Gadiaga, dont l’ancien ambassadeur Bakary Djana Dramé avait commencé les travaux avant son rappel à Dieu le 15 avril dernier, vient d’être achevée par son épouse et ses enfants. Désormais, 386 étudiants, venus de la Mauritanie, du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée, du Mali et de la France, sauront mieux lire et dispenser les textes du Livre saint.
En plus de sa famille et des amis de Bamako, des arabophones, des maîtres coraniques et disciples venus des villages environnants ainsi que de la Mauritanie ont donné un éclat à la cérémonie d’inauguration du centre dénommé : «Institut ambassadeur Bakary Djana Dramé pour l’apprentissage et la mémorisation du Saint Coran». C’était vendredi dernier au village Tafasirga Gadiaga dans la Région de Kayes.
L’évènement, marqué par de la lecture de versets religieux, de lecture de sourates coraniques, était parrainé par l’ancien ministre Tiébilé Dramé, ami du défunt. De nombreux talibés de la Medersa du village et l’actuel patriarche de la famille Dramé et directeur de l’Institut, Mohamed Cheichné Dramé, ont fait montre d’une facette de la légendaire l’hospitalité malienne en réservant un accueil chaleureux aux hôtes de marque.
En effet, les Dramé qui résident à Tafasirga sont des savants, chargés de l’enseignement islamique dans le village depuis de nombreuses générations. Des enfants des villages environnants y sont inscrits tout comme d’autres gosses des pays voisins, notamment du Sénégal, de la Mauritanie, voire de la Gambie.
La famille Dramé a toujours abrité en son sein une école coranique traditionnelle et a été détentrice des secrets maraboutiques depuis des générations. C’est ici que l’ambassadeur Bakary Djana a grandi et reçu une éducation islamique tout en apprenant le Coran auprès du patriarche El Hadj Khaoussou Dramé.
Homme pieux et excellent ambassadeur de son vivant, le défunt avait entamé la construction de cet institut pour pérenniser et valoriser davantage la pratique de ses ancêtres, avant que la mort l’arrache à l’affection des siens.
Cet immense rêve a été accompli par son épouse, Assia Soumaré et sa progéniture. Tous ont assisté à l’inauguration du centre à l’exception du benjamin résidant aux États-Unis. Il y a eu une pluie d’éloges à l’endroit du défunt dont les qualités humaines ont été magnifiées. Selon le témoignage du directeur de l’Institut, l’ancien ambassadeur tenait à cœur cette réalisation afin de contribuer davantage à purifier toute l’âme des disparues de leur lignée.
Le parrain appuiera que le caractère poignant de cet Institut conçu par Bakary Djana Dramé est le fait que l’œuvre a été terminée par ses enfants et son épouse. «Nous inaugurons cette action collective d’un homme, de son épouse et ses enfants, un centre pour l’apprentissage et la mémorisation du Saint Coran», a soutenu Tiébilé Dramé.
La symbolique de l’inauguration de cet institut à quelques jours du ramadan a été rappelé car, chacun connait l’importance du Coran dans la vie, la foi et la pratique du musulman. Ami de l’ancien diplomate, l’ancien ministre Dramé vantera les qualités humaines et professionnelles de Bakary Djana Dramé. Pour lui, il fut un homme pieux et excellent ambassadeur, ses œuvres présentes, tout comme sa générosité et son engagement pour le pays parlent pour lui.
D’autres ont témoigné aussi des qualités de l’ambassadeur Dramé qui a été, durant sa vie, au service de l’islam. L’envoi au pèlerinage à La Mecque par ses soins d’une centaine de personnes sur la période 1995-2010 en atteste. Mieux, la plupart des ressortissants de Tafasirga ont bénéficié de ses largesses.
Parlant du caractère de son regretté père, Mme Konaré Fatou Dramé a confié que les mots clés de l’ancien diplomate étaient consacrés sur des valeurs morales mais aussi la sagesse, la recherche du savoir, la solidarité, l’entraide, la sensibilité et également l’unité.
«L’objectif de ce centre est d’aider les enfants à apprendre le Saint Coran, mais la valeur fiduciaire n’a pas vraiment de sens…», a indiqué l’unique fille de l’ambassadeur, confirmant que la réalisation de l’Institut a coûté des millions de Fcfa. Mme Konaré ajoutera que la famille envisage la création d’une fondation au nom de l’ambassadeur Dramé, afin de venir en aide aux plus diminues.
«Parce que c’était le crédo de notre père et il ne vivait que pour les autres», a-t-elle justifié. Quant au fils aîné, Harouna Dramé, il a rappelé ce qu’il a retenu du vivant de son papa le Coran. Selon lui, apprendre le Saint Livre c’est marcher avec la baraka d’Allah sur les pas de notre prophète Mohamed (paix et salut sur luit) et avoir un objectif ultime dans la vie. «Apprendre le Coran multiplie les récompenses. Car rien sur terre ne vaut son apprentissage», a-t-il conclu.
Envoyé spécial
Oumar DIAKITÉ
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