Jardin d’enfants : Les bases de l’apprentissage

Certains parents, faute de moyens ou par choix délibéré, n’inscrivent pas leurs enfants dans les jardins d’enfants. Pourtant, les centres de développement de la petite enfance comportent de nombreux avantages, notamment pour le développement de l’intelligence

Publié lundi 17 mars 2025 à 08:18
Jardin d’enfants : Les bases de l’apprentissage

Le jardin contribue beaucoup à l’épanouissement des enfants en termes d’éveil de conscience

 

La conviction est profondément ancrée que le Centre de développement de la petite enfance (CDPE) ou jardin d’enfants est essentiel dans l’épanouissement scolaire de l’enfant et dans le développement de la petite enfance. Ce qui explique peut-être la floraison de ces établissements qui s’occupent de la formation de l’esprit des jeunes enfants de moins de 5 ans. L’intérêt que nous portons à la question a valu à notre équipe de reportage de faire le tour de quelques jardins d’enfants de Bamako.

Au Centre de lecture et d’animation enfantine en Commune V du District de Bamako (Claec V), des fresques colorées à l’effigie des animaux, des lettres et des chiffres accueillent les visiteurs. Les enfants jouent, chantent et récitent des comptines en bambara et en français. Les activités pédagogiques varient entre jeux d’éveil, dessins et récitations. Dans la cour, un groupe d’enfants forme un cercle dans une case ronde. La cohorte écoute attentivement une histoire racontée par une monitrice.

Selon le directeur du Claec V, le jardin d’enfants joue un grand rôle dans le parcours scolaire d’un enfant en termes d’éveil de conscience, d’esprit collectif et d’intelligence. Moussa Samaké explique que les objectifs pédagogiques du jardin d’enfants portent sur le développement intellectuel, physique et éducatif. «Le jardin d’enfants prépare l’enfant à l’école primaire à travers plusieurs sections, notamment la petite, moyenne et grande. Celles-ci permettent à l’enfant d’apprendre le goût de l’école», déclare-t-il.

Pour le directeur du Claec V, l’enfant développe des compétences cognitives, sociales et émotionnelles au jardin d’enfants. «Les méthodes pédagogiques utilisées au jardin d’enfants pour favoriser l’apprentissage est la méthode pratique et théorique», dit-il. Poursuivant que l’apprentissage par le jeu est également efficace pour préparer l’enfant à l’enseignement formel.

Moussa Samaké estime qu’il existe une grande différence entre les enfants ayant fréquenté un jardin d’enfants et ceux qui ne l’ont pas fait, notamment en termes de compréhension, d’intelligence et d’éveil psychologique. «Les parents doivent jouer un grand rôle dans l’éducation des enfants en faisant preuve de compréhension envers leurs enfants et d’assumer leurs devoirs et leurs rôles», observe le directeur du Claec V. Et de souligner que son établissement respecte les programmes donnés par le Centre d’animation pédagogique (Cap).

Quant à la directrice du Centre de développement de la petite enfance (CDPE) du quartier- Mali, elle explique que ce genre de centre se multiplie de plus en plus à Bamako. Kadidia Traoré précise que l’âge pour la petite section varie entre 3 et 4 ans contre 4 à 5 ans pour la section moyenne et 5 à 6 ans pour les mômes de la grande section. Selon la pédagogue, la  différence est que les contenus du programme diffèrent en fonction des sections. Pour elle, le CDPE favorise l’éveil intellectuel à travers des exercices de motricité fine et des activités de langage.

Elle affirme que les expériences du CDPE stimulent la curiosité et posent les bases de l’apprentissage futur, notamment en lecture, en écriture et en calcul. La responsable du CDPE du quartier-Mali soutient que l’enfant développe des compétences sociales essentielles tels que le partage, la coopération, l’écoute et le respect des règles collectives; grâce à l’interaction avec les autres enfants et les enseignants. Et de résumer que les enfants qui fréquentent le CDPE sont généralement mieux préparés à affronter les exigences du primaire.

 

SOCIALISATION- Ibrahim Sidibé, parent d’élève, fait savoir que chaque enfant est doté d’une sorte d’intelligence innée qu’il développe au cours de son enfance jusqu’à l’âge adulte. «Néanmoins, il faut un encadrement ou un accompagnement pour aider certains enfants à mieux appréhender cette intelligence. Il estime que de nombreux parents sollicitent les jardins d’enfants pour mettre leurs enfants dans de meilleures conditions d’épanouissement au cours de la petite enfance. Et globalement le résultat se fait toujours sentir», dit-il. 

Par ailleurs, Ibrahim Sidibé explique qu’il y a des enfants qui n’ont pas la chance de fréquenter les jardins d’enfants souvent par faute de moyens pour les parents ou par leur choix. Ce lot d’enfants, estime-t-il, n’aura pas accès aux mêmes avantages et bienfaits de se faire encadrer dans un milieu propice au développement de leur intelligence. «Même s’ils y arrivent, c’est très souvent difficile. Ces enfants reçoivent plutôt un encadrement de leur milieu immédiat, les parents ou autre fréquentation extérieure. Bien sûr le résultat n’est pas aussi potable comme celui d’un enfant qui a fréquenté le jardin d’enfants», pense ce parent d’enfant.


Le psychologue Youssouf Karembé met en lumière les bénéfices considérables de l’éducation maternelle pour l’enfant, la famille et même la société. Selon lui, les avantages de l’aspect académique résident dans la protection qu’elle offre à l’enfant. Bien que la famille soit censée être un environnement sécuritaire, elle peut aussi exposer l’enfant à de nombreux dangers : feu, eau, objets tranchants, ou encore des chutes d’objets. «Il existe des risques divers dans la maison, notamment lorsque les parents sont occupés par leur travail.

En ville, où les parents peuvent être pris par leurs obligations professionnelles, l’école maternelle joue un rôle crucial en offrant une surveillance continue et des précautions que les parents ne peuvent toujours assurer», souligne le psychologue. Il a aussi insisté sur l’importance de la socialisation dès les premières années. «L’école maternelle est le premier lieu de socialisation après la famille. C’est là que l’enfant apprend les premières règles de vie en société : respecter les autres, apprendre à saluer, à dire merci et à gérer les conflits», affirme-t-il.


Cependant, malgré ces avantages, plusieurs défis demeurent. Le psychologue cite le cas d’une école maternelle de qualité. «Les écoles doivent être accessibles dans tous les quartiers, mais les coûts doivent aussi être abordables pour toutes les familles, afin que chaque enfant puisse en bénéficier», précise-t-il. Et d’ajouter la nécessité d’une formation adéquate des éducateurs. «Le développement de nouveaux outils éducatifs, notamment grâce aux technologies, offre des opportunités pour améliorer la qualité de l’enseignement. Mais ces outils doivent être bien maîtrisés et intégrés», estime-t-il.

Youssouf Karembé insiste sur le rôle fondamental des mères dans la préparation des enfants. «Les mères doivent d’abord nourrir et protéger leurs enfants, mais aussi leur inculquer les règles fondamentales de la socialisation. Ce socle est essentiel pour l’intégration future dans la société», déclare Youssouf Karembé. Il met également en garde contre la surprotection des enfants qui peut nuire à leurs capacités à s’adapter à un environnement plus rigide comme l’école.


Gaoussou TANGARA

Rédaction Lessor

Lire aussi : Efficacité énergétique à Bamako : 20 bâtiments seront audités

Réduire la consommation d’électricité des bâtiments publics et privés tout en améliorant leur performance énergétique, tel est l’objectif du Projet de renforcement des capacités de dix Entreprises de services écoénergétiques (Esco)..

Lire aussi : Facilité du transport sur le corridor Bamako-San Pedro : Le projet réalisé à 82,58%

Le ministère des Transports et des Infrastructures a abrité, hier, la cérémonie d’ouverture des travaux de la 4è session du Comité de pilotage du Projet d’aménagement routier et de facilitation du transport sur le corridor Bamako - Zantièbougou - Boundiali - San Pedro (PR 8)..

Lire aussi : Œuvres sociales du Président de la Transition : 800 kits alimentaires offerts au camp de Kati et au Génie militaire

Chaque kit alimentaire est composé de 50 kg de mil, 50 kg de riz, 50 kg de sucre et d’un bidon d’huile de 20 litres. Ces dons qui arrivent à quelques jours du début du Ramadan et du Carême, sont un véritable soulagement pour les bénéficiaires.

Lire aussi : Santé : ChildFund International harmonise ses actions avec le ministère de la santé et du développement social

La ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel-major Assa Badiallo Touré, a accordé une audience, le mardi 10 février, au nouveau directeur pays de ChildFund International au Mali..

Lire aussi : Programme Tokten : Des résultats satisfaisants

Le ministre Mossa Ag Attaher (c) préside la rencontreLe ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine Mossa Ag Attaher a présidé, mardi 10 février dans les locaux de son département, la cérémonie d’ouverture de la session ordinaire du comité de pilotage .

Lire aussi : Journée des diplomates russes : L’axe Bamako-Moscou se consolide

Le Mali et la Russie sont résolument déterminés à approfondir leur dialogue politique et à coordonner leurs positions de principe sur les questions actuelles de l’agenda mondial et régional à l’ONU et dans d’autres formats multilatéraux. Ces assurances ont été données par l’ambass.

Les articles de l'auteur

Familles fondatrices de Bamako : Le petit-fils le plus âgé de «jamanatigi» s’appelle Samba Niaré

Dans l’article intitulé «Familles fondatrices de Bamako : Titi Niaré intronisé 11è Jamanatigi», une erreur nous a fait dire que le contrôleur général de police à la retraite Mamadou Niaré dit Gari est le petit-fils le plus âgé de Titi Niaré qui a été intronisé, le samedi 7 février à Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 février 2026 à 08:50

Communiqué du conseil des ministres du 07 janvier 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 7 janvier 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État..

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 08 janvier 2026 à 08:53

ESPGMP : la 7ᵉ promotion sur le marché de l’emploi

L’École supérieure de passation et de gestion des marchés publics (ESPGMP) a procédé ce mardi, à la remise des diplômes de Master aux auditeurs de sa 7è promotion. La promotion a été parrainée par le président de l'Autorité de régulation des marchés publics et des délégations de service public, Alassane Ba.

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 07 janvier 2026 à 08:10

«Tourbillon dans un canari» : le nouvel ouvrage de Taki Kanté ElKalil

«Le nouvel ouvrage de l’écrivaine Taki Kanté Elkhalil intitulé: «Tourbillon dans un canari» vient renforcer le patrimoine littéraire. Le livre a été lancé, le samedi 27 décembre 2025, dans la bibliothèque de la Fondation Amadou Toumani Touré pour l’enfance sise à Hamdallaye ACI en Commune IV du District de Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 07 janvier 2026 à 08:09

L’ISFMI : La promotion Harouna Niang versée sur le marché de l’emploi

L’Institut Simon finance et management international (ISFMI) a organisé, jeudi dernier dans un hôtel de la place, une cérémonie de remise de diplômes aux 211 étudiants en Licence et Master de la promotion baptisée Harouna Niang, économiste et ancien ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des Investissements..

Par Rédaction Lessor


Publié lundi 29 décembre 2025 à 09:04

Vaccination des enfants indigents : L’Anam s’engage à améliorer le taux national

L’Agence nationale d’assistance médicale (Anam), en collaboration avec le Centre national d’immunisation (CNI), a mis en place un programme d’identification et d’immunisation des enfants dits «zéro dose»..

Par Rédaction Lessor


Publié lundi 29 décembre 2025 à 09:03

Rémunération liée à la performance dans l’administration publique : Le commissariat au développement institutionnel engage la réflexion

Le secrétaire général du ministère de la Refondation de l’État, Ibrahim Simpara, a présidé, la semaine dernière dans un hôtel de la place, la cérémonie d’ouverture de l’atelier sur la rémunération liée à la performance dans l’administration publique..

Par Rédaction Lessor


Publié lundi 29 décembre 2025 à 09:02

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner