Mali-Sénégal : Des opportunités à exploiter

Le nouveau président sénégalais partage la même vision que les autorités de la Transition sur le principe d’une coopération vertueuse, respectueuse et mutuellement avantageuse. En tout cas, le président du Conseil national de Transition (CNT), le colonel Malick Diaw, voit en lui un panafricaniste

Publié jeudi 04 avril 2024 à 07:25
Mali-Sénégal : Des opportunités à exploiter

Colonel Malick Diaw, président du CNT

 

 

La forte délégation dépêchée au Sénégal par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, pour assister à l’investiture du président Bassirou Diomaye Faye, désormais à la tête de ce pays frère, est la manifestation d’une volonté assumée de renforcer la coopération bilatérale. En la matière, plusieurs opportunités s’offrent aux deux pays, notamment au double plan sécuritaire et économique.

Le colonel Malick Diaw, chef de la délégation malienne, a regagné Bamako avec l’espoir que les liens entre le Mali et le Sénégal se raffermiront sous le magistère du président Bassirou Diomaye Faye. «Nos deux pays se doivent de renforcer la coopération bilatérale, surtout sur les plans économique et sécuritaire.

Nous avons une très large frontière à sécuriser dans un contexte de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent», a confié le colonel Malick Diaw à la presse. Il a insisté sur le souhait du président Goïta de voir les peuples malien et sénégalais renforcer les liens séculaires qui les unissent. Un souhait qu’il avait partagé, à la faveur de différentes rencontres tenues en marge de la cérémonie d’investiture, avec les nouvelles autorités sénégalaises.

De vive voix, le colonel Malick Diaw a transmis au président Bassirou Diomaye Faye, les «félicitations du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, au vaillant peuple sénégalais pour sa maturité et surtout pour l’organisation réussie de l’élection présidentielle». Le président du CNT a également remercié pour l’invitation adressée au Mali, qui témoigne de la «qualité des relations entre nos deux pays». Malick Diaw y croit : «Ce qui n’a pas pu marcher avant les indépendances, pourra bien être un succès dans un futur très proche.» Cet événement a été une belle opportunité de «rencontres et surtout pour ceux qui croyaient que le Mali était isolé», selon le président du Conseil national de Transition.

Malick Diaw est donc retourné à Bamako satisfait et rassuré par le message du président Bassirou Diomaye Faye. En effet, ce dernier, dans son discours d’investiture et lors de sa première apparition publique depuis l’élection, s’affiche en homme de «rupture», du rétablissement d’une «souveraineté» nationale bradée à l’étranger, et d’un «panafricanisme de gauche». Le Sénégal «restera le pays ami et l’allié sûr et fiable de tout partenaire qui s’engagera avec nous dans une coopération vertueuse, respectueuse et mutuellement productive», a dit son nouveau président.

Le président du CNT est convaincu que sur ce principe, il rejoint les autorités maliennes qui œuvrent à rendre leur pays véritablement souverain.

Bien avant l’élection, les leaders de Pastef ont défendu des idées telles que la création d’une monnaie nationale, le renforcement de la souveraineté nationale, et la lutte contre la corruption. Le sens de leur combat a séduit beaucoup de Sénégalais.


Preuve, Bassirou Diomaye Faye est le premier opposant à remporter, dès le premier tour, une élection présidentielle dans l’histoire du Sénégal indépendant. Il hérite d’un contexte politique exigeant, compte tenu des découvertes de pétrole et de gaz au Sénégal qui demandent une approche stratégique à la négociation des contrats pour rassurer que le peuple en tire les bénéfices. Il y a également un taux de chômage élevé des jeunes et des défis posés par le coût de la vie.

Envoyé spécial

Issa DEMBELE

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