Modibo Danion : «Aujourd’hui, nous avons 10.869 assurés volontaires»

Dans les lignes qui suivent, le chef de service de l’Assurance volontaire (AV) à l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) aborde notamment les avantages de ce régime de protection sociale, les critères d’adhésion et fait le bilan de l’année 2025

Publié mercredi 31 décembre 2025 à 08:40
Modibo Danion : «Aujourd’hui, nous avons 10.869 assurés volontaires»

L’Essor: En 1999, l'AV a été mise à la disposition de l'INPS. Quels sont les avantages de ce régime de protection sociale?

Modibo Danion : Je félicite d’abord les autorités du pays qui ont eu l'initiative de mettre ce régime en place au profit du secteur informel. Aujourd'hui, ce secteur regorge plus de 96% de la population malienne. Je commencerai par dire que l’AV est en train de combattre l'exclusion. Qui parle de protection sociale, parle d'une équité sociale entre les enfants du pays. Le secteur informel se voyait exclu de toute protection à savoir le bénéfice de la pension, de l'allocation familiale et de la carte d’Assurance maladie obligatoire (Amo). Donc, ce secteur se voit encore revivre parce qu’un nouveau souffle lui a été donné.

L’Essor: Quels sont les critères d’accessibilité au paiement des allocations?

Modibo Danion : Le premier critère exige que l’adhérent exerce un métier à son propre compte. Pour cela, il doit soumettre à notre service un document délivré par une mairie justifiant l’activité exercée. Il faut être également de nationalité malienne, posséder l’acte de naissance, celui de mariage si l’assuré est marié.

Dès l'instant que tu décides d'être adhérent à ce régime, il faut régulièrement t'acquitter de tes cotisations surtout que le paiement est trimestriel pour un adhérent du secteur informel, selon sa capacité financière allant de 29.450 à 235.600 Fcfa. Dès l'instant que tu commences à jouir de tes avantages, quand tu deviens un mauvais payeur, systématiquement les droits sont fermés. En termes clairs, il faut observer une période d'essai de 6 mois au niveau de l’INPS contre 9 pour la Caisse nationale d’assurance maladie (Canam). Ce sont les retards qui jouent sur la carrière parce que pour prétendre à la retraite, il faut 15 années de cotisation.

L’Essor: Plus de 20 ans après sa mise en place, l'AV a-t-elle conquis les cœurs de nos compatriotes? Quels sont les résultats obtenus en 2025?

Modibo Danion : La population ne croyait plus à l’Assurance volontaire. Nous sommes en train d’instaurer, depuis janvier 2025, cette confiance entre les acteurs du secteur informel et l'État à travers l'INPS. C'est leur faire savoir qu'ils ont le même droit que leurs compatriotes qui travaillent dans les administrations publique et privée. Ça commence à porter fruit.

Dans les années à venir, ça va encore donner plus de résultats. J’ai pris les rênes de ce service le 27 janvier dernier. Notre objectif, au départ, était de boucler 9.000 à 10.000 assurés. Aujourd'hui, nous avons atteint 10.869 assurés. C'est une grande satisfaction pour mes collègues et moi. Ils sont allés dans les coins et recoins de Bamako avec nos partenaires que représentent des faitières pour faire la promotion de l’AV et sensibiliser nos cibles. C'est ce que l'État nous a demandé de faire. En ce qui concerne les pensionnés, ils sont au nombre de 40.

Aujourd'hui, l'Assurance volontaire n'accuse pas de retard de paiement de leurs pensions ni de leurs allocations familiales. Quant aux Maliens de l'extérieur, ils ont compris qu'ils ont les mêmes droits que ceux qui résident au Mali. À travers la sollicitation du ministre chargé des Maliens établis à l'Extérieur,  j’ai eu l’opportunité de communiquer avec la diaspora lors d’une conférence virtuelle initiée par le même département.

La diaspora réclame vivement l’AV. Par ailleurs, je félicite le ministre chargé de la Culture, Mamou Daffé, qui a compris, à travers la signature d'une convention entre son département et le ministère en charge de la Santé, que cette opportunité qu’offre ce régime sociale ne devrait jamais échapper aux opérateurs culturels. Ça a été une bouffée d'oxygène pour nos artisans et autres hommes de culture. Plus de 340 assurés au niveau du ministère en charge de la Culture jouissent de ses avantages. 

L’Essor: Quelles sont les actions déployées par votre service pour susciter un regain d’intérêt pour l’AV?

Modibo Danion : Nous avons amené une campagne de sensibilisation dans les communes de Bamako et à travers les grandes foires et les festivals. Cela, à travers le concours des faitières qui sont au niveau de ces communes à savoir le Conseil national de la jeunesse (CNJ), la coordination des associations et ONG féminines du Mali (Cafo), la Fédération malienne des artisans du Mali et les autorités coutumières. Ces partenaires nous ont accompagné le service de l’AV pour atteindre les cibles. C’est l’opportunité de les remercier pour ce devoir patriotique.


L’Essor: Quelles sont vos ambitions pour l'année 2026?

Modibo Danion : Nous voulons atteindre 20.000 adhérents. Les collègues sont décidés. Toutes les dispositions sont prises pour qu’au cours de l'année qui se profile à l’horizon, on dépasse de loin l'effectif enrôlé en 2025. En termes de logistiques, nous sommes en train d'innover à travers le paiement des cotisations par digitalisation parce qu’aujourd'hui, l'enrôlement et le paiement sont programmés par la digitalisation. C’est une réalité incontournable. Donc, cette diversité de paiement va encore augmenter l'effectif des adhérents.

Propos recueillis

Mohamed DIAWARA

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