l’opportunité pour inviter l’ensemble de la diaspora malienne et les acteurs institutionnels à se mobiliser autour de ce grand événement qui a pour thème : «enjeux et défis d’une diaspora au cœur du développement économique national»
L’Essor : Quels sont les enjeux d’une telle rencontre consacrée à la diaspora malienne ?
Mossa Ag Attaher : Merci de me donner l’occasion de m’exprimer sur cette initiative majeure. Le Forum international de la diaspora (FID 2025) représente bien plus qu’un simple évènement. Il s’agit d’un rendez-vous de la refondation au cœur des priorités nationales. Le FID 2025 s’inscrit dans une dynamique de valorisation du rôle stratégique de notre diaspora dans la transformation structurelle de l’économie malienne. Il s’agit d’un espace d’échanges, de concertation et de co-construction de solutions concrètes autour du thème : «enjeux et défis d’une diaspora au cœur du développement économique national».
De même, il s’inscrit dans la continuité des initiatives du gouvernement pour favoriser l’implication de la diaspora dans le développement national, notamment les états généraux de la migration (2023). Les enjeux sont multiples : consolider le lien civique et affectif entre le Mali et ses ressortissants établis à l’extérieur, mieux structurer les initiatives de nos compatriotes pour les inscrire dans des projets nationaux de développement durable, offrir un cadre de dialogue direct entre la diaspora, l’État, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers afin de lever les obstacles à l’investissement productif. C’est un moment historique pour faire de la diaspora un véritable levier de souveraineté économique et de résilience collective.
L’Essor : Quel est l’apport de nos compatriotes établis à l’extérieur pour le développement de notre pays ?
Mossa Ag Attaher : La diaspora malienne joue un rôle significatif dans le développement national à travers des contributions économiques, sociales, culturelles et politiques. Elle réalise des infrastructures de base dans divers secteurs tels que l’hydraulique villageoise, les pistes rurales, la construction d’écoles, de centres de santé et le développement de projets agricoles. En 2022, les transferts de fonds de la diaspora ont atteint 793 milliards de Fcfa. Cependant, seulement 5% de ces fonds sont orientés vers des investissements productifs, ce qui montre un potentiel inexploité pour le développement économique du pays.
La diaspora malienne est une richesse inestimable. Elle incarne l’énergie, la diversité, la résilience et l’innovation qui font la fierté de notre nation, bien au-delà de ses frontières. Ses contributions économiques, sociales et culturelles sont non seulement remarquables, mais aussi essentielles. Les Maliens établis à l’extérieur sont les ambassadeurs du Mali dans le monde, porteurs de valeurs de solidarité, de compétence et d’engagement citoyen.
L’Essor : Est-ce que ce Forum se tient pour encourager le retour des compétences et renforcer les liens économiques, culturels et politiques entre le Mali et sa diaspora ?
Mossa Ag Attaher : Absolument ! L’un des objectifs fondamentaux du FID est de faciliter la mobilisation des compétences de la diaspora, qu’elles soient en Afrique, en Europe, en Amérique ou en Asie. Nous avons conçu plusieurs panels sur le retour des compétences dans le système éducatif, sanitaire, agricole, industriel ; les opportunités de collaboration avec les institutions nationales ; l’insertion des jeunes issus de la diaspora dans le tissu économique local.
Ce forum ambitionne de bâtir une relation nouvelle, équilibrée et réciproque entre le Mali et ses ressortissants de l’extérieur. Il ne s’agit pas de leur demander de revenir, mais de leur proposer un cadre structuré d’engagement à distance ou sur le terrain.
L’Essor : Comment le partenariat entre la diaspora, l’État, le secteur privé ainsi que les institutions financières peut stimuler les investissements ?
Mossa Ag Attaher : Nous sommes convaincus que le triptyque État-diaspora-secteur privé, avec l’accompagnement des banques, institutions de garantie et partenaires internationaux, peut produire un effet d’entraînement considérable pour l’économie nationale.
Le Forum est structuré pour mettre en relation les porteurs de projets de la diaspora avec les acteurs économiques du Mali ; présenter des dispositifs de financement (crédits, garanties, exonérations, guichets spéciaux) ; favoriser l’émergence de pôles d’investissement, notamment dans l’agriculture, les TIC, les énergies renouvelables et la santé. Ce partenariat doit se construire dans la confiance, la transparence et la simplification des démarches.
L’Essor : Quelles sont vos attentes du FID ?
Mossa Ag Attaher : Nos attentes sont claires et ambitieuses. Il s’agit de créer une feuille de route partagée entre l’État, la diaspora, les collectivités et les partenaires, pour l’investissement productif ; lancer un guide d’investissement de la diaspora pratique et actualisé pour orienter les décisions ; identifier des projets concrets à fort impact qui pourront bénéficier d’un accompagnement technique et financier ; faire du FID une plateforme institutionnelle permanente avec des éditions régulières, des missions sectorielles et un mécanisme de suivi. Nous voulons montrer que la diaspora est au cœur du projet national de refondation, dans l’esprit du Mali Kura.
L’Essor : Avez-vous des suggestions et des recommandations à faire pour la réussite de l’évènement ?
Mossa Ag Attaher : Pour la réussite du FID, nous invitons les acteurs institutionnels à assurer une mobilisation totale autour des panels et des expositions ; la presse à jouer pleinement son rôle de relai positif pour amplifier les messages du forum ; les collectivités territoriales à identifier des projets bancables dans leurs territoires ; la diaspora à participer activement, physiquement ou en ligne et à faire entendre ses attentes, ses idées ainsi que ses propositions.
Je tiens à saluer le soutien constant du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, pour faire de ce forum un jalon fondateur d’une nouvelle diplomatie de la diaspora malienne. Je salue aussi le travail de la commission nationale d’organisation et l’engagement de nos partenaires techniques comme l’Organisation internationale pour la migration (OIM).
Propos recueillis par
Namory KOUYATE
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