La Stratégie de sécurité nationale détermine la répartition des rôles et responsabilités des acteurs principaux de la sécurité nationale
Le Mali a fait le choix d’élaborer une Politique de sécurité nationale qui s’inspire de l’histoire et du riche patrimoine culturel qui font la spécificité de la Nation. Depuis hier à Koulouba, des spécialistes, des personnes ressources, des représentants de la société civile et des acteurs politiques valident les documents de Politique et de Stratégie de sécurité nationale. Le secrétaire permanent du Conseil de sécurité nationale, le Général à la retraite Yamoussa Camara, a présidé l’ouverture des travaux.
Durant trois jours, les participants examineront en profondeur, entre autres, l’avant-projet de Politique de sécurité nationale et ses documents connexes, la Stratégie nationale de sécurité et le Guide d’élaboration. Selon le Général à la retraite Yamoussa Camara, chacun devra s’assumer pleinement, sans aucune contrainte.
Car, il s’agit de documents qui impacteront pour longtemps la vie de l’État et de la Nation. Pour cette raison, a-t-il expliqué, nous avons voulu une démarche qui soit la plus inclusive et participative. Les résultats qui en sortiront, porteront la marque de tous les acteurs de la sécurité nationale. Il ne devrait donc y avoir aucun malentendu lorsqu’il s’agira de les mettre en œuvre.
Les fondements qu’ont tous les États sont les bonnes lois et les bonnes armes. «Aucun pays ne peut jouir de sa pleine souveraineté et d’une réelle autonomie de décision, s’il ne dispose de réelles capacités de dissuasion et de coercition», rappellera le secrétaire permanent du Conseil de sécurité nationale. Et d’insister que seules les Nations constamment préparées à défendre leur indépendance, les épées à la main, jouissent d’une véritable sécurité.
Le Général à la retraire a lié des années d’insécurité ayant perduré dans notre pays à un manque de vision, doublée d’une absence de textes fondateurs essentiels. «À ce jour, le pays n’a ni de politique formalisée de défense, ni de stratégie cohérente de développement des forces. Des querelles de chapelle ont souvent plombé des initiatives qui auraient pu être salutaires», a-t-il déploré.
Le Conseil de sécurité nationale est né de ce constat. II regroupe autour du Président de la République, le Premier ministre et plusieurs départements ministériels et est chargé d’assurer la veille et l’anticipation. C’est à ce seul niveau que les initiatives et l’action des différentes administrations seront mises en cohérence pour l’atteinte d’objectifs communs.
Mais, selon le Général à la retraite Yamoussa Camara, il ne s’agit pas de préparer la guerre, ni même de conjurer les crises et les catastrophes. Il s’agit d’être proactif en prenant et en gardant l’initiative, en assurant la coordination des efforts des différentes structures en vue d’une meilleure gestion des problèmes susceptibles d’affecter la sécurité nationale.
Si la Politique de sécurité nationale est initiée pour vaincre l’incertitude, détaillera-t-il, son opérationnalisation nécessite l’élaboration d’une Stratégie nationale qui en est le continuum et reste le seul document de référence pour la mise en cohérence des stratégies sectorielles et spécifiques.
La Stratégie de sécurité nationale détermine la répartition des rôles et responsabilités des acteurs principaux de la sécurité nationale pour l’atteinte des objectifs. Elle permet d’organiser au niveau national des réponses pour faire face aux menaces et risques intérieurs et extérieurs, en mobilisant tous les moyens de l’État (Forces armées et de sécurité, sécurité civile, moyens des collectivités).
Faut-il noter que des experts maison et de la Minusma ont œuvré inlassablement sur ces documents ainsi soumis à la validation.
Oumar DIAKITE
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