SIGRH : Le gouvernement et les syndicats trouvent un compromis

Le ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions, Bakary Traoré et son collègue du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Fassoun Coulibaly ont co-animé, jeudi dernier, un point de presse sur le Système intégré de gestion des ressources humaines des fonctions publiques de l’État et des collectivités territoriales (SIGRH).

Publié mardi 23 septembre 2025 à 07:27
SIGRH : Le gouvernement et les syndicats trouvent un compromis

Le ministre chargé du Dialogue social, Dr Fassoun Coulibaly et le 1er secrétaire général adjoint de l’Untm, Hamadoun Bah


C’était au sein du département de la Refondation, en présence des représentants des différents syndicats des travailleurs. Ensemble, ils sont revenus sur les principales conclusions de leur rencontre. Le ministre chargé de la Refondation a confié à la presse que la rencontre a été très sincère et cordiale. Bakary Traoré a affirmé qu’ils sont tombés d’accord sur un certain nombre de choses.


 Il a rappelé que l’une des recommandations phares du rapport était relative à la situation des salaires des personnes qui ne se sont pas fait identifier et qui devaient être suspendus. Le rapport du SIGRH a précisé qu’il y avait 158.317 personnes qui constituent l’essentiel des agents de la fonction publique de l’État et des collectivités territoriales. «Au bout du compte, on a constaté qu’il y avait une bonne part des agents de l’État qui n’étaient pas identifiés. Et ce nombre s’élevait à plus de 36.151, des gens qui ne se sont jamais présentés dont la situation n’est pas connue», a souligné le ministre. Selon lui, il y avait un aspect aussi qu’il fallait soulever parce qu’il se trouve que ce sont 122.166 agents qui ont été enrôlés et identifiés. Le chef du département de la Refondation a ajouté qu’en principe, les salaires de ceux-ci ne devaient souffrir d’aucune suspension.

 «Parmi ces 122.166 agents, il y a à peu près 6.000 qui ont été identifiés, enrôlés qui ont leurs reçus, mais dont l’identification n’a pas été validée», a-t-il expliqué. Bakary Traoré a relevé qu’il se trouve que les salaires des 6.000 doivent être aussi suspendus. D’où le tollé. Approché par les partenaires sociaux, le gouvernement a promis de décanter la situation de ces 6.000 agents identifiés ayant leurs reçus et qui ne devraient pas être assimilés au cas des 36.151 non identifiés. «Ils seront payés. C’est la décision qui a été prise après concertation avec les autorités de la Transition. Donc, les 6.000 auront leurs salaires peut-être avec un léger retard par rapport aux autres dont les salaires ont été déjà engagés», a rassuré le ministre Traoré.

S’agissant de l’enrôlement, il a annoncé l’envoi d’équipes mixtes dans les différentes régions pour recenser ceux qui n’ont pas été bien enrôlés et même ceux-là qui sont parmi les inconnus. Il a exhorté les travailleurs à venir aux lieux d’enrôlement, afin que tout le monde soit enrôlé dans le délai de grâce de 3 mois.  Abondant dans le même sens, le ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social a expliqué qu’à l’issue de cette discussion avec les partenaires sociaux, ils ont convenu que les salaires de septembre vont être payés. Fassoun Coulibaly a soutenu que les 6.000 ont l’obligation de se faire enrôler dans le délai de grâce.

«C’est pour les rassurer que les 6.000 vont avoir leurs salaires de septembre, mais c’est avec un petit retard par rapport aux 115.000 dont les salaires avaient déjà été engagés», a clarifié le ministre chargé du Travail. Concernant le deuxième point d’inquiétude qui était lié à l’enrôlement, le ministre Coulibaly a indiqué que les gouverneurs prendront les dispositions avec les équipes qui seront sur le terrain pour qu’au bout du délai de trois mois de grâce, tout le monde puisse être enrôlé. «Chaque fois qu’il y a des difficultés, nous allons effectivement nous entretenir pour les lever», a promis Fassoun Coulibaly.

De son côté le 1er secrétaire général adjoint de l’Union nationale des travailleurs du Mali (Untm), au nom des syndicats présents à la rencontre, a fait savoir qu’il y a des difficultés qui ont inquiété les partenaires sociaux. Hamadoun Bah dira qu’ils sont venus à l’appel du gouvernement pour être édifiés sur les décisions qui ont été prises. «Nous avons eu des informations clés et importantes, sur les 36.151 qui n’ont pas été enrôlés. Trois mois ont été donnés pour que les travailleurs puissent s’enrôler», a noté le porte-parole des syndicats, poursuivant que c’est un exercice important qui permettra d’identifier tous les travailleurs des fonctions publiques de l’État et des collectivités territoriales.

Se prononçant sur les 6.000 travailleurs dont les salaires ont été suspendus, le syndicaliste a salué la décision du gouvernement de payer ce mois. Avant d’ajouter que les 7.000 autres qui viennent d’être recrutés récemment vont être payés. Par ailleurs, Hamadoun Bah a évoqué la difficulté des régionaux à s’enrôler. À ce propos, il a confirmé que les capitales régionales accueilleront des techniciens pour les enrôlements. D’après lui, il y a des doublons. C’est pourquoi, il a demandé aux agents de venir clarifier leur situation au niveau du ministère pour que toutes les suspensions puissent être levées.

Namory KOUYATE

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